SELS
s e'ls
secs.
cristallisés.
gr.
gr.
Carbonate de soude .
— de chaux .
— de magnésie. . .
Chlorure de sodium .
Sulfate de soude .
Peroxide de fer .
TABLEAU des substances contenues dans les sept sources de Vichy ^ diaprés t* analyse de M. LONGCHAMP.
EAUX MINERALES
ACIDULES THERMALES.
Barégine, La source de T Hôpital présente à sa surface une matière verte qui a été recueillie par M. d’Arcet et analysée par M. Vauquelin. Cette matière est en partie liquide et en partie solide. La partie liquide présente un phénomène sin~ gulier : sa couleur est verte par transmission, et rouge pourpre par réflexion. Ce savant chimiste a reconnu dans cette matière du soufre et des acétates de chaux et de soude ; il pense que ces sels n’existent pas tout formés dans l’eau de Vichy , et qu’ils sont produits par une altération de la matière : la substance solide a donné par l’analyse une matière organique , du carbonate de chaux, de l’alumine et de l’oxide de fer.
Propriétés médicales. Les eaux de Vichy méritent à juste titre une des premières places parmi les eaux salutaires de la France. La grande quantité de bi-carbonate de soude qu’elles contiennent les rend aptes à guérir beaucoup de maladies en modifiant nos humeurs, en imprimant assez promptement à celles-ci un caractère alcalin. M. d’Arcet a expérimenté sur les lieux et sur lui-même qu’en prenant à jeun deux verres d’eau de Vichy, contenant environ deux grammes de bi-carbonate de soude, l’urine devient promptement alcaline, et qu’elle ne redevient acide que neuf heures après qu’on abu le liquide minéral. Il a remarqué que les buveurs d’eau qui prennent chaque matin cinq verres d’eau minérale, et qui se baignent en outre tous les jours dans l’eau thermale, sont assurés d’avoir les urines alcalines (1) pendant tout le temps qu’ils font usage des eaux; du reste, la quantité de l’urine n’est pas sensiblement augmentée. Cette alcalisation ne se borne pas à l’urine ; on l’observe
(1) L’urine alcaline se putréfie rapidement et exhale une odeur infecte; pour détruire cette odeur, il suffit de placer dans la table de nuit une petite soucoupe dans laquelle on met une demi-once de chlorure de chaux. ( M, Chevallier. )
aussi dans la sueur, qui dans l’état de santé est toujours acide. Les eaux de Vicliy accélèrent la circulation, et sous leur influence, les plaies que peuvent porter les malades deviennent douloureuses et saignantes. Plusieurs médecins prétendent qu’elles sont purgatives , mais l’observation clinique démontre qu’elles ne le deviennent que lorsque prises à haute dose , elles excitent trop vivement les intestins ; hors cette circonstance, elles tendent plutôt à constiper.
Les eaux minérales de Vichy , jouissant du précieux privilège de modifier nos humeurs, réussissent dans un grand nombre de maladies, pourvu qiiü n’existe aucun signe d’inflammation^ et que le malade ne soit pas d’un tempérament mdtable , précepte important qu’ôn né doit jamais négliger dans l’administration de ces eaux énergiques. Depuis longtemps, elles sont considérées comme fondantes et apéritives par les gens de l’art qui les ont administrées à la source ; leur principale vertu se déploie dans les maladies chroniques dont le siège est dans les viscères
du bas-ventre, et particulièrement dans les engorgements du * ^
foie, dela rate, et dans les coliques hépatiques occasionnées par des calculs ou par toute autre cause. Les alfections chroniques des voies digestives désignées sous les noms de gastrite , gastroentérite, gastralgie, etc. , pourvu qu’elles ne soient pas accompagnées d’irritation et qu’il n’y ait point de lésion organique ; les coliques hémorroïdales ; les obstructions, quel que soit leur siège dans l’intérieur du bas-ventre ; les pâles couleurs,,les fleurs blanches, les irrégularités de la menstruation et la plupart des maladies qui se développent à l’époque critique , trouvent leur guérison ou au moins un soulagement sensible dans l’usage plus ou moins continué des eaux de Vichy. M. Petit a constaté aussi leur utilité dans les engorgements de la matrice , c’està-dire dans l’inflammation chronique avec tuméfaction du col ou du corps de cet organe ; mais si ce dernier présente quelques symptômes d’inflammation aigtie, d’ulcérations ou de dégénérescence cancéreuse, les eaux de Vichy, loin d’être sa-
ACIDULES THERMALES.
lulaires , peuvent aggraver la maladie ; elles paraissent aussi modifier d’une manière très-heureuse toutes les inflammations chroniques de nature scrofuleuse.
Depuis que M. d’Arcet a démontré que les eaux de Vichy possèdent au plus haut degré la faculté de rendre l’urine alcaline, on les emploie avec succès pour dissoudre des graviers et même des calculs; d’après les expériences faites par M. Chevallier (1) et par M. Petit (2) , les calculs d’acide urique et de phosphate ammoniaco-magnésien soumis à l’action de l’eau minérale sont dissous enpeu de temps, résultats qui confirment des remarques publiées en 1679 et 1696 par Claude Fouet, ancien intendant des eaux de Vichy. M. Petit a constaté, par d’assez nombreuses observations cliniques , que sous l’in-
(1) Essai sur la dissolution de la gravelle et des calculs de la vessie, par A. Chevallier, 1 837 .
(2) Nouvelles observations de guérisons de calculs urinaires, etc. ; par Ch.
Petit, 1 837 . Ce médecin a plongé un certain nombre de calculs urinaires dans l’eau de la Grande Grille , après les avoir toutefois pesés avec la plus grande exactitude. Il résulte de ces épreuves : 1° que des calculs d’acide urique, qui pesaient ensemble 118 grammes 15 centigrammes, et qui sont restés terme moyen 27 jours dans l’eau , ont perdu pendant cet espace de temps 63 grammes 95 centigrammes, ce qui fait environ *53 2° que les calculs
de phosphate ammoniaco-magnésien , qui pesoient ensemble 97 grammes 55 centigrammes , et qui sont restés , terme moyen , seulement un peu plus de 23 jours dans l’eau, ont perdu 58 grammes 75 centigrammes, ce qui fait environ 60 d’où il résulterait que , contrairement à l'opinion généralement reçue, les calculs de phosphate ammoniaco-magnésien seraient un peu plus faciles à détruire que ceux d’acide urique. Ces expériences , convaincantes pour quelques médecins , n’ont pas pour nous autant de valeur que les observations cliniques. En effet, les eaux de Gontrexeville , Bussang , ont, de même que les eaux de Vichy, la propriété de désagréger ou de dissoudre les calculs qui sont soumis à leur contact prolongé dans un vase clos , et cependant l’observation apprend que ces eaux ne dissolvent pas les calculs dans la vessie , et sont plus nuisibles qu’utiles lorsque les pierres sont un peu volumineuses, oyez page 30 et l’article Gontrexeville.
fluence de ces eaux la gravelle disparaît avec la plus grande promptitude^ que Ton peut dissoudre par ce moyen des calculs d’un assez gros volume, particulièrement ceux d’acide urique, et qu’il ne faut, pour obtenir ce résultat, qu’un peu plus ou moins de temps , suivant que ces calculs sont plus ou moins gros. « Si j’avais la pierre , dit M. d’Arcet, mon premier moU" vement serait certainement d’en être affecté, mais je crois que je me consolerais facilement; je tâcherais, par les moyens indiqués en pareil cas, d’en connaître la nature, et j’examinerais si je ne pourrais pas en découvrir la cause dans mon régime , afin de le changer s’il était mauvais. J’irais ensuite à Vichy , où je ferais usage des eaux en boisson et en bains ; je commencerais par desdoses légères que j’augmenterais ensuite graduellement jusqu’à ce que mon urine fût constamment alcaline ; j’en observerais avec soin tous les effets, et mon urine surtout serait l’objet de mon attention particulière. J’augmenterais ou je diminuerais la dose de ces eaux, ou même j’en suspendrais momentanément l’usage suivant leurs effets, et j’aurais bientôt, je n’en doute pas, la satisfaction de me guérir. Si cependant je ne réussissais pas, je ferais prendre un échantillon de ma pierre, au moyen d’un des instruments imaginés pour les broyer, et plus certain de sa nature , je recommencerais un traitement par les moyens chimiques. Enfin, si je n’obtenais pas un heureux résultat, je me ferais opérer par la lithotritie ou par la taille. » M. Longchamp croit d’après ses essais que les eaux de Vichy peuvent dissoudre même les calculs d’oxalate de chaux. Depuis environ cinquante ans , on emploie en Angleterre une eau minérale artificielle appelée soda water (eau de soude) , qui est une dissolution légère de bi-carbonate de soude dans de l’eau chargée de gaz acide carbonique. Le soda w ater, analogue aux eaux de Vichy , rend les urines promptement alcalines, produit des effets admirables dans le traitement de la gravelle, et peut dissoudre dans la vessie des calculs d’acide urique.
ACIDULES THERMALES.
Frappé des rapports qui existent entre la goutte et la gravelle d’acide urique, et très-porté à croire que ces deux maladies tiennent à la même cause , quoique ayant leur siège dans des organes différents , M. Petit a pensé que Ton pourrait également tirer parti de Faction chimique que ces eaux exercent sur toute l’économie pour attaquer et détruire la goutte; les résultats que ce médecin a obtenus jusqu’il présent démontrent que, dans la plupart des cas, les eaux de Vichy doivent être employées comme le remède le plus puissant qu’il soit possible d’opposer à cette cruelle maladie.
« Les sept sources de Vichy, dit M. Lucas, présentent dans leur emploi médical des différences bien plus importantes qu’on ne pourrait le croire d’après l’analyse chimique; et bien qu’il soit difficile d’établir à priori la raison de ces différences , des observations nombreuses renouvelées depuis vingt-trois ans ne me laissent aucun doute à cet égard. Dans cet état d’incertitude, il faut interroger la susceptibilité des organes, la mobilité nerveuse des malades ; il faut tâtonner, et pendant tout le cours du traitement cette circonspection est nécessaire , surtout suivant les changements de l’atmosphère. » L’expérience avait démontré à cet habile praticien que chaque source a des propriétés spéciales ; nous lui avons souvent entendu dire que les eaux des Célestins, qui sont froides, avaient quelque analogie avec les eaux de Seltz, et qu’elles pouvaient être prises comme préparatoires aux autres sources. L’analyse chimique, qui nous apprend que cette source est une des plus chargées en bi-carbonate de soude, ne confirme pas cette opinion. Quoi qu’il en soit , la réputation de la fontaine des Célestins est depuis longtemps établie pour le traitement de la gravelle et des calculs. Depuis des siècles, la Grande Grille est renommée pour la guérison des engorgements des viscères abdominaux, qu’elle parvient en effet à résoudre lorsqu’ils sont récents et que l’organe affecté n’est point atteint d’une
affection cancéreuse, tuberculeuse. Les personnes dont les digestions sont difficiles, qui éprouvent des rapports acides, se trouvent très-bien d’aller boire après leur repas un ou deux verres d’eau de la fontaine de l’Hôpital; cette source n’est pas moins salutaire, d’après M. Lucas, dans les maladies suites de couches, telles que la métrite, la péritonite puerpérale chronique , les dépôts dits laiteux, et dans ce qu’on appelle vulgairement laits répandus. Elle est également efficace dans les rhumatismes articulaires , les crampes d’estomac , les coliques nerveuses, les cas de goutte indéterminée qui troublent les fonctions du système digestif. Le mucilage qu’elle contient la rend très-favorable aux personnes d’une extrême sensibilité. Les eaux de la fontaine des Acacias sont employées avec succès dans les engorgements des ganglions du mésentère, les tumeurs scrofuleuses ; celles de la fontaine Chomel, dans les catarrhes pulmonaires qui dépendent d’une affection sympathique de l’estomac et dans les toux consécutives aux pieu résies bilieuses : dans ces cas, on mêle l’eau minérale avec de l’eau de gomme. Cependant les propriétés particulières à chaque source que nous venons d’énoncer sont loin d’être constantes, parce qu’il se manifeste quelquefois des répugnances invincibles et inexplicables pour l’eau de l’une des fontaines , tandis que l’estomac supporte parfaitement celle d’une autre. Vichy est heureusement riche en sources minérales , ce qui donne la facilité de les varier suivant le goût des malades et les caprices de l’estomac.
Les eaux minérales de Vichy ne guérissent point les maladies de la peau , à moins que ces dernières ne dépendent d’une altération des systèmes digestif et hépatique; elles sont nuisibles aux tempéraments secs et aux personnes qui ont le genre nerveux très-mobile, la poitrine délicate. On doit les interdire dans les maladies du cœur, dans les catarrhes pulmonaires accompagnés d’éréthisme , dans la phthisie et l’hémoptysie.
ACIDULES THERMALES.
Mode d’administration. Les eaux de Vichy sont administrées en boisson, bains, douches et en pastilles. En boisson, qw prend les eaux depuis deux verres jusqu’à un litre dans le cours de la matinée ; cette dose varie suivant beaucoup de circonstances que le médecin inspecteur peut seul apprécier. On a remarqué que les goutteux et les calculeux digèrent facilement une grande quantité d’eau , circonstance favorable pour alcaliser plus fortement leurs humeurs et faciliter leur guérison. Il est très-important de boire les eaux à la source pour que les gaz ne s’évaporent pas. On les boit pures , ou mêlées avec du petit-lait ou quelque autre liquide adoucissant , lorsque l’on veut tempérer l’activité des eaux, les accommoder à la maladie et surtout au tempérament du malade. On doit en diminuer la dose dans les temps d’orage , car alors , suivant la remarque de M. Lucas , elles sont d’une digestion pénible et déterminent parfois des ballonnements fort incommodes. Na-», guère, on ne buvait jamais ces eaux aux repas; M,. Petit les fait prendre avec succès , pures ou coupées avec une certaine quantité d’eau douce, toutes les fois que la susceptibilité de l’estomac ne s’y oppose pas.
Pour que le service des ne souffre aucune interruption , on a créé deux grands réservoirs d’eau minérale et quatre réservoirs d’eau douce. Ces réservoirs peuvent fournir à plus de 400 bains par jour ; un réservoir d’eau thermale refroidie est indis-’ pensable pour quel’on puisseà volonté charger l’eau des bains d’une plus ou moins grande quantité de principes alcalins. Les malades prennent rarement des bains d’eau minérale pure, parce que celle-ci ne manquerait pas de produire une irritation vive à lapeauetdes accidents inflammatoires. On tempère l’action du liquide minéral en y ajoutant soit moitié, soit un tiers, soit un quart d’eau douce. La température du bain ne doit pas excéder 32'’,5 à 33%7 cent. ; à une température plus élevée, le bain devient très-excitant; pendant les chaleurs de l’été , il faut toujours en diminuer la température. La durée du bain
varie d’une demi -heure à une heure et même davantage. On prend quelquefois deux bains par jour ; le second est le plus souvent d’eau douce ; on le recommande pour tempérer l’action du bain minéral. Quand le malade a été trop excité, souvent en sortant du bain il prend un pédiluve dans l’eau thermale , principalement lorsqu’on craint une congestion vers le cerveau ; il le prend le plus ordinairement près de la source , afin que l’eau conserve sa chaleur native.
A Vichy , les douches ont à peu près huit pieds de chute ; elles ont été beaucoup recommandées dans les engorgements abdominaux , soit comme moyen révulsif , soit pour exciter un peu la vitalité de l’organe malade : M. Petit ne leur accorde pas une grande confiance. On fait rarement usage de la douche ascendante.
Quand les malades ne peuvent pas digérer facilement l’eau de Vichy , on la remplace avec avantage par les 'pastilles de d’Arcet, dont la composition est due à ce chimiste, et qui contiennent le principe actif des eaux, c’est-à-dire le bi-carbonate de soude. On en prend une ou deux avant et après les repas.
Pendant les premiers jours du traitement minéral , on ne remarque pas en général d’elfets bien sensibles. Quelquefois seulement les malades se plaignent de pesanteur de tête , et disent éprouver pendant le jour du penchant au sommeil. Au bout de très-peu de jours, lorsque les organes digestifs ne sont pas trop fortement affectés, l’appétit augmente, devient quelquefois si vif qu’il est fort difficile d’empêcher les malades de le satisfaire complètement ; mais il se calme après un certain temps , et se perd même tout à fait lorsqu’on en abuse. A une époque plus avancée du traitement , quelques malades se plaignent d’agitation pendant le sommeil , de démangeaisons à la peau , d’un malaise général et d’une sensibilité plus grande des organes malades. Cette légère excitation peu inquiétante est nécessaire pour amener la résolution des affections chroniques; mais si l’appétit se perd , si la boisson des eaux
A.C1DDLES THEUMALES.
répugne ^ il faut alors suspendre le traitement, donner quelqùes bains d’eau douce, et le calme ne tarde pas à se rétablir. Ces accidents sont rares chez le plus grand nombre des malades,..
La durée du traitement doit varier suivant la nature de la maladie. Ainsi l’on conçoit sans peine que des engorgements abdominaux qui mettent souvent des années à se développer ne peuvent pas guérir en une saison ; l’amélioration ne peut s’opérer que lentement, et c’est en passant plusieurs mois à Vichy , en buvant les eaux transportées lorsqu’ils sont rentrés chez eux, et en revenant à la source l’année suivante, que les malades atteints d’obstructions peuvent obtenir leur guérison. Le succès du traitement dépend beaucoup du régime ; la plupart des malades mangent trop ; ils doivent particulièrement éviter les acides, les fruits rouges, cerises, groseilles, etc., supprimer le vin aux repas, ou bien le mêler avec une grande quantité d’eau.
Quoique les eaux de Vichy améliorent ordinairement l’état des malades pendant qu’ils en usent , il n’est pas rare cependant qu’ils n’en ressentent le bienfait que quelques mois après. L’un de nous a eu occasion de vérifier ce fait (d’ailleurs commun à toutes les eaux minérales) chez une de ses parentes qui était atteinte d’un engorgement considérable au foie et qu’il accompagna à Vichy. Elle but les eaux pendant un mois ; au moment où elle rentra dans ses foyers , l’engorgement hépatique avait déjà sensiblement diminué , mais les coliques continuaient , l’appétit n’était pas revenu : ces symptômes se dissipèrent peu à peu en buvant les eaux transportées , et au bout de quatre à cinq mois , elle recouvra la santé.
Le transport altère peu les eaux de Vichy ; chaque année , on exporte une grande quantité des eaux de la Grande Grille , de la fontaine de l’Hôpital et de celle des Gélestins.
Les sources de Vichy appartiennent à l’État; elles sont en régie et rapportent net 25 à 26,000 fr. par an, dont 1.0,000
sont abandonnés à Thospice civil. Il vient annuellement à Vichy 1,000 à 1,200 malades, outre 400 à 500 parents ou amis qui les accompagnent. On estime qu’ils laissent dans le pays cinq à six cent mille francs.
Physiologie des eaux minérales de Vichy , par Claude Maréchal ; 1636 , iri-8.
Le secret des bains et des eaux minérales de Vichy découvert par Claude Fouet; 1679, 1696 ,in-12.
Examen des eaux de Vichy, par M. Burlet. (Mémoires de V Académie royale des Sciences, 1707. ) L’auteur rapporte un petit nombre d’observations qui prouvent combien il faut être circonspect à prescrire les eaux de Vichy.
Traité des eaux minérales , bains et douches de Vichy, par Jacques-François Chomel ; 1734, in-12. Cet ouvrage renferme plusieurs observations pratiques.
Observations physiques sur les eaux thermales de par M. de
Lassone [Mémoires de V Académie royale des Sciences) , 1753.
Dissertation sur le transport des eaux de Vichy, par Tardy; 1755 , in-12.
Traité des eaux minérales de Chateldon, de Vichy, par M. Desbret ; 1778 , in-12.
Observations sur les eaux thermales de Vichy, etc. , par M. de Brieude; 1788 , in-8.
Analyse des eaux de Vichy, par MM. Berthier et Puvis [Annales de chimie et de physique , tome XVI, page 439).
IVote sur le bi-carbonate de soude des eaux de Vichy, par M. d’Arcet [Journal de phaimacie , tome XVI, page 329).
Examen chimique d’une matière verte qui se forme a la surface des eaux de Vichy, par M. Vauquelin ( Annales de chimieet de physique , tome XXVIII, page 98).
Analyse des eaux minérales et thermales de Vichy, faite par ordre du gouvernement , par M. Longchamp ; Paris , in-8, 1825.
I^ettres topographiques et médicales sur Tdchy, ses eaux minérales, etc. , par M. Victor Noyer ; 1833 , in-8, 208 pages.
De la dissolution des calculs urinaires par les eaux de Vichy ; Paris, 1834, 58 pages. — Quelques considérations sur la goutte et sur son traitement par les eaux thermales de Vidiy; Paris, 1835, 35 pages. — De l’efficacité et particulièi ement du mode d’action des eaux thei-
ACIDULES THERMALES.
ns
males de f^ichj; 1836, 50 pages. — JYouuelles obsctvalions de guérisons des calculs urinaires au moyen des eaux thermales de f^ichy, suivies d’autres observations sur l’efficacité de ces mêmes eaux employées contre la goutte; Paris, 1837 , in-8, 102 pages, par Charles Petit.
BOÜRBON-L’ARCHAMBAULT ( département de l’Ailier).
Petite ville de 2,900 habitants, à 270 mètres au-dessus du niveau de la mer, à 78 lieues de Paris, 45 de Lyon, 19 de Nevers, 24 de Clermont, 18 de Vichy, 6 de Moulins. Une belle route royale conduit de cette dernière ville à Bourbon l’Archambault; des voitures publiques et des relais de poste font chaque jour ce service , et établissent des communications faciles entre ces deux villes. Bourbon est situé dans un vallon salubre , entouré de quatre collines ; les eaux thermales qui y jaillissent sont connues depuis très-longtemps, et ont été fréquentées par la plupart des illustrations de la France. La douceur du climat, la beauté de l’établissement, l’abondance des eaux minérales, un hôpital bien administré, une belle promenade , un salon de réunion , de bons logements et des moyens de vivre peu dispendieux, attirent à Bourbon, chaque année, un assez grand nombre de malades, depuis le 15 mai jusqu’à la fin de septembre. Médecin inspecteur, M. Faye.
Sources. On en remarque deux : la source thermale et la source froide de Jonas.
La première provient de la colline de la paroisse , et vient sourdre en bouillonnant sur la place des bains dans un vaste réservoir découvert, divisé par trois cercles de pierre qui semblent indiquer trois puits , et qui ne sont que des séparations superficielles. De ce réservoir partent des canaux qui conduisent l’eau nécessaire aux bains et aux douches de l’édifice thermal et à ceux de l’hôpital.
Le bâtiment thermal a trois étages; au rez-de-chaussée se trouvent des douches descendantes, ascendantes , et des dou-
EAUX MINERALES
elles de vapeur; plus huit piscines, qui sont alimentées par de l’eau thermale, à une température variée de 28 à 54" cent. , que l’on peut vider, remplir en trois minutes , et dans lesquelles on peut établir un cours d’eau continuel, comme celui d’une rivière. Au premier étage on voit plusieurs cabinets de bains commodes, avec des baignoires qui , au moyen de trois robinets, reçoivent l’eau thermale , l’eau thermale refroidie et l’eau douce.
La source minérale froide de Jonas surgit au pied de la montagne traversée par la source précédente ; ses eaux sont reçues dans un petit réservoir couvert.
Propriétés physiques. La source thermale , fort abondante , fournit 2,400 mètres cubes d’eau en 24 heures, ce qui permettrait de donner cinq à six mille bains ou douches par jour. Les eaux pétillent dans leurs réservoirs et dégagent une si grande quantité de gaz, qu’on les croirait dans un état d’ébullition ; leur couleur verdâtre est due au reflet de la lumière sur les conferves qui tapissent les murs des bassins; presque sans odeur tant qu’elles sont chaudes , elles prennent , par le refroidissement , celle du gaz hydrogène sulfuré; leur saveur, légèrement saline lorsqu’on les boit chaudes, devient alcaline par le refroidissement; leur température à la source est de 60" cent. ; la surface des eaux est couverte d’une grande quantité de conferves qui donnent à l’eau thermale un caractère onctueux.
La source de Jonas fournit cent vingt litres par heure ; l’eau est froide, a une saveur ferrugineuse, et laisse dans la bouche un goût atramentaire ; elle pétille continuellement.
Analyse chimique. Boulduc et Bayen ont examiné l’eau thermale de Bourbon - l’Archambault. Elle contient, d’après M. Longehamp, de l’acide carbonique libre, du bi-carbonate de soude, du sulfate de soude, du sel marin, un peu de silice, des carbonates de chaux, de magnésie et de fer. On doit noter, ajoute ce chimiste , comme un fait géologique assez important, que l’eau de Bourbon contient une petite quantité d’un
ACIDULES THERMALES.
sel à base de potasse, alcali qui ne se trouve que dans quelques sources en France. En attendant F analyse quantitative de M. Longchamp , voici celle queM. Faye a publiée en 1834 :