‹ Manuel des eaux minérales naturellesChapitre 5 sur 104 · COUP D’OEIL SUR L’HISTOIRE · texte numérisé non relu

COUP D’OEIL SUR L’HISTOIRE

tienne, qu’il se mêle avec les eaux des sources minérales des vapeurs de différente nature qui font leur principale vertu. Strabon décrit une source miraculeuse h laquelle il attribue la propriété de diviser la pierre dans la vessie, et d’en évacuer les graviers. Théopompe (1) en indique une qui guérit les blessures. Archigènes (2) conseille les eaux minérales en boisson dans les maladies de vessie , depuis une livre jusqu’à douze ou quinze. Plusieurs médecins grecs employaient encore ce remède contre l’éléphantiasis, la colique, les paralysies, les affections nerveuses; déjà on parlait des eaux soufrées, alumineuses, bitumineuses, nitreuses, ferrugineuses. Galien (S) fait l’éloge d’une eau bitumineuse et martiale dont se servaient ceux qui étaient sujets à la gravelle ; il défend la boisson des eaux minérales à ceux qui ont quelque astrictiouy acerbitè , aridité , acrimonie dans les humeurs.

Les eaux étaient un remède familier aux Romains , qui faisaient un usage habituel de celles d’Italie. Le golfe de Baies , où la nature avait prodigué des sources thermales, était un lieu de délices , où se rendaient les premiers personnages de la république. C’est aux sources de Baies que l’empereur Auguste dut la guérison d’un catarrhe pulmonaire compliqué d’anasarque. Horace (4) a vanté les bains de Saint-Gasciano dans ces vers ;

Qui caput et stomachum supponere fontibus audent

Clusinis .

Vitruve (5) , qui étudia également l’histoire naturelle et l’architecture, dit que les eaux nitreuses sont purgatives. Sé-

(1) Pline, liv. 3,chap. 2.

(2) Aétius , liv. 2 , chap. 30.

(3) De facull. simpl . , lib. 10.

(4) Epist. 16 , lib. 1.

(6) Lib. 8.

îièque le philosophe (1) s’explique davantage : il est , suivant lui , des eaux célèbres par leur saveur, ou l’usage avantageux qu’on en fait ; les unes sont bonnes pour les yeux, les autres ont la vertu de guérir les maladies invétérées et même désespérées ; il en est qui conviennent aux ulcères ; la boisson de quelques-unes est utile aux poumons et aux viscères ; on en trouve qui arrêtent les hémorrhagies : leurs vertus sont aussi variées que leur saveur. Pline , dans son Histoire naturelle , traite des eaux acidulés, sulfureuses, salées, nitreuses, alumineuses , martiales et bitumineuses , etc. Il dit que l’eau sulfureuse est très-bonne pour les nerfs ; que celle qui est alumineuse convient aux paralytiques , et que celle de mer enlève les tumeurs , surtout les 'parotides. Il décrit ainsi la source de Tongres: Timgri , civitas Gallice^ fonte'tn habet insigne7n , multis bullis stillantein f ferrugûiei saporis , quod ipsum non nisi in fine potûs intelligitur: purgat corpora , tertianas fe lires discutit, ealculorumquc vitia. Eademaqua, igné admoto, turbida fit, adpostremum rubescit. Oribase, qui vivait sous l’empereur Julien, parle beaucoup des eauxminérales naturelles; il conseille les eaux ferrugineuses dans les affections de l’estomac et du foie, développe quelques aperçus sur les eaux spiritueuses qu’on nomme aujourd’hui acidulés, et les juge salutaires dans les maladies des sens. Aétius, né en 455^ paraît s’être beaucoup occupé des eaux minérales ; il prescrit les eaux alumineuses , sulfureuses , contre les maladies nerveuses et rhumatismales, et surtout contre la lèpre , la gale , les dartres ; il vante les eaux ferrugineuses dans les maladies chroniques du foie et de l’estomac.

Dans tous les pays où les Romains portèrent leurs armes triomphantes, ils recherchaient les eaux minérales, et s’arrêtaient de préférence aux sources d’eaux chaudes , sans doute parce qu’ils avaient remarqué qu’elles étaient propres

(1) Dénaturai., lib. 3, cap. 1.

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