‹ Manuel des eaux minérales naturellesChapitre 50 sur 104 · ANALYSE DE M. VAUQUELIN · texte numérisé non relu

ANALYSE DE M. VAUQUELIN

lit.

Acide carbonique libre. . 0,205

gr-

Carbonate de chaux. . . 1,089

— de magnésie. 0,358

de soude. . . 0,711

Oxide de fer . 0,027

Sulfate de soude et matière bitumineuse . traces

lit.

Acide carbonique libre. . 0,710

gf.

Carbonate de chaux. . . 1,6342

— de magnésie. 0,3856

— de soude. . . 0,4886

— de fer. . . . 0,1410

Sulfate de soude . 0,2895

Chlorure de sodium. . . 1,2519

Silice . 0,3900

Matière ^organique non

azotée. 0,0130

Phosph. de manganèse. \ Carbonate de potasse. . f ^

Crénate et apocrénate de ( fer. .......... y

yinaljse de la fontaine pétrifiante de Clermont en Auvergne , par Lémery [Histoire de l’Académie royale des Sciences, 1700, page 58),

Observations d’histoire naturelle faites en 1739 , par Lemonnier ; Paris, 1744, a la suite de la méridienne de V Observatoire royal de Paris, par M. Cassini de Thury.

Analyse chimique des eaux minérales de S ainte-Allyre , etc. , par M. Girardin ; Rouen, 1836.

USSAT ( département de l’Ariége ).

Village à une clemi-lieue de Tarascon et à S lieues d’Ax. Les bains d’eau minérale sont situés au pied d’une montagne dans un lieu champêtre et agréable, sur le bord de l’Ariége. L’é-

208 EAUX mNÉRALES

tablissement thermal offre des bains dont Feaii se renouvelle à chaqne instant, des logements commodes, et tout ce qui est nécessaire aux besoins de la vie ; il est fréquenté par les habitants des départements méridionaux , et même par des malades qui viennent de Paris, depuis le mois de juin jusqu’au mois d’octobre. Il y a un médecin inspecteur.

Source, 11 semble n’y avoir qu’une source à Ussat; les baignoires, établies sur les griffons mêmes, consistent en des espèces de cuves creusées dans la terre , dont les côtés sont formés avec des plaques d’ardoise. L’eau sourd continuellement de divers endroits du sol , qui forme le fond des cuves ; celles-ci communiquent entre elles par des issues souterraines, car, lorsqu’on les a vidées toutes à la fois, on observe que l’eau n’y revient pas en même quantité. Ces baignoires sont placées immédiatement à la suite les unes des autres, au pied méridional de la montagne, qui est distante de 20 à 25 mètres de la rive droite de l’Ariége. Sur ces trente-deux baignoires, il n’y en a que vingt-quatre dont on se sert; dans les huit autres, la température est diminuée par un mélange d’eau froide. Pour conserver à l’eau thermale toute sa pureté, il est essentiel de bâtir profondément dans la terre un mur en béton imperméable. Une source particulière d’eau thermale sert à la buvette.

Propriétés phijsicjues. Les eaux d’Ussat sont limpides, ont peu de saveur et point d’odeur; elles sont douces, onctueuses au toucher, et laissent dégager de temps en temps des bulles qui viennent éclater à leur surface. La température, variable dans chaque baignoire, est de 28 à SS*’ cent., celle de l’atmosphère étant de 12 à 30“. Le produit de la source est de 500 mètres-cubes par vingt-quatre heures.

On trouve au fond des baignoires un sédiment et une matière gluante disposée en flocons demi-transparents ; cette matière se dépose à mesure que les eaux se refroidissent.

ACIDULES THERMALES.

Analijse chimicjuc. Il résulte des expériences faites par M. Figuier, pharmacien à Montpellier , que l’eau des bains d’üssat

contient :

Eau ( 1 litre ).

litre

Acide carboîiique .

quant, indét.

gr.

Chlorure de magnésium. . .

Sulfate de magnésie .

— de chaux .

Carbonate de chaux .

— de magnésie. . .

Perte .

L’eau de la buvette fut de même analysée ; on obtînt une moins forte proportion d’acide carbonique et les sels suivants :

Chlorure de magnésium. . .

Sulfate de magnésie. ....

— de chaux .

Carbonate de chaux .

— de magnésie. . .

Perte .

Cent parties du sédiment contenu dans les cuves ont

fourni :

Alumine .

Carbonate de chaux .

Sulfate de soude .

Fer oxydé ou carbonaté. . . .

Silice .

Propriétés médicales. Les bains d’Ussat sont très-doux, tempérés, et fortifient sans irriter; aussi sont-ils considérés parles

médecins les plus célèbres du midi comme un puissant calmant du système nerveux. C’est sur l’appareil cutané qu’ils agissent d’une manière spéciale, directe, et c’est en ramenant les fonctions essentielles de la peau à leur état normal qu’ils réagissent sur les organes internes , dont ils dissipent l’éréthisme. Cet effet sédatif est si généralement apprécié que les bains d’Ussat sont très-recherchés par les femmes, qui sont en grande majorité dans l’établissement. Ces eaux sont particulièrement recommandées aux personnes fatiguées par les chagrins, les veilles, les contentions d’esprit, à celles qui ressentent des douleurs vagues sans maladie bien caractérisée. Elles sont d’une grande efficacité contre les affections hypocondriaques, hystériques, les spasmes, le tic facial, la lanse de Saint-Cuy , les gastralgies , les coliques , les douleurs rhumatismales névralgiques , les fleurs blanches et les ménorrhagies dépendant d’un excès de sensibilité de l’utérus.

Tous les malades atteints d’affections cutanées ou d’ulcères sont dirigés sur Ax.

Mode d’ administration. Les eaux d’Ussat sont rarement prises en boisson ; c’est le plus souvent sans le conseil d’un médecin que les malades en font usage sous cette forme; mais en bains, elles jouissent d’une propriété médicamenteuse vraiment remarquable dans les diverses affections nerveuses. L’égalité constante de la température du bain , quelle que soit sa durée, sans la moindre variation (résultat difficile à obtenir dans les établissements thermaux où l’eau est conservée dans des réservoirs et transvasée dans des baignoires) , doit être considérée comme un des moyens qui contribuent le plus à son efficacité {Rapport de M. Guerguy, 1834). La plupart des malades prennent deux bains par jour, un le matin , l’autre le soir, pendant quinze à dix-huit jours, au bout desquels ils partent ou se reposent. Les premiers bains produisent un peu de fatigue, augmentent parfois les douleurs nerveuses; mais au bout de quelques jours il survient du calme, un sentiment de

ACIDULES THEIEMALES.

bien-être ; la digestion se fait mieux, le sommeil est meilleur. On ne reçoit point de douches à Ussat; on avait cherché à en établir il y a vingt-cinq ans, mais le service des bains en souffrait, et Ton y a renoncé.

Six cents malades se rendent annuellement à Ussat et laissent dans le pays 60 à 80,000 francs. Il y a de plus cent cinquante indigents qui prennent les bains gratuitement. Les bains appartiennent à l’hôpital de Pamiers (1) ; les bénéfices des fermiers (les impôts et les réparations payés) peuvent s’élever à 5 à 6,000 francs.

Mémoire sur les eaux d’ Ussat , par Becane ; iil-12.

Journal des hauts d’ Ussat ; 1810.

Traité analytique des eaux thermales d’ Ax etd’ Ussat, parM. Pilhes ; 1787. Cet auteur discrédite les eaux d’Ussat.

LAMALOÜ (département de l’Hérault).

Hameau de la commune de Mourcairol, canton de Saint- Gervais, arrondissement de Béziers, situé dans un petit vallon agreste et entouré de montagnes assez élevées. On y arrive par la grande route de Béziers, qui est en bon état. On y voit un établissement thermal qui jouit de quelque vogue et qui présente deux piscines , une pour chaque sexe. Les malades y trouvent des appartements commodes , des galeries spacieuses et couvertes , une nourriture saine , un air salubre et des promenades agréables. Les bains sont fréquentés dans les mois de juin, juillet, août et septembre. Il y a un médecin inspecteur.

(1) En acceptant le don des bains d’Ussat, don qui lui fut fait par un honorable citoyen, l’hôpital consentit à la condition imposée par le bienfaiteur d’y loger, nourrir et baigner gratuitement tous les ans un certain nombre de pauvres. Le nombre en est fixé à seize, qui sont logés dans une salle particulière. Ce service a besoin d’améliorations qu’on ne peut exécuter qu’à la fin du bail.

Sources. La source thermale appelée ta Matou est unique ; elle naît au pied d’un coteau nommé Usclade. Deux autres sources voisines, quoique n’appartenant pas à l’établissement, méritent cependant d’être étudiées, à cause de l’usage avantageux qu’en font les malades durant la saison des bains.^On les nomme source (Ï^ Capus et source de ta Vergniere ; la première est à 600 mètres de l’établissement , la seconde en est éloignée d’un quart de lieue , sur les bords de la rivière d’Orbe.

Propriétés physiques. La source de la Malou présente un phénomène singulier qui se fait apercevoir plusieurs fois dans l’année et à diverses époques ; il s’annonce par un dégagement de gaz non respirable qui oblige les malades à sortir des bassins , et auquel succède un flux abondant d’eau thermale plus élevée en température que dans l’état ordinaire, et circulant avec la rapidité d’un torrent : ce phénomène dure environ dix à douze minutes ; après quoi tout rentre dans l’ordre habituel.

L’eau thermale n’est pas colorée dans son état naturel ; elle se trouble seulement aux époques du phénomène et se colore fortement alors en jaune; l’odeur en est fade, la saveur légèrement acide. Sa température est de 35° cent, dans l’état ordinaire, et de 45° lorsque la révolution dont nous venons de parler se manifeste.

L’eau de la source Gapus est claire , limpide ; son goût est légèrement piquant, acidulé et métallique ; elle laisse dégager une grande quantité de bulles d’acide carbonique et charrie une substance ocreuse fort abondante ; sa température est de 25° cent. L’eau de la source de la Vergnière est froide, limpide , d’un goût piquant et métallique , charriant une matière ocracée moins abondante que dans la précédente.

Ànatyse chimique. M. Saint-Pierre a analysé les sources de la Malou et de Capus. Voici les résultats c{u’il a obtenus :

ACIDULES THERMALES.

Eau ( 1 litre).

SOURCE LA MALOÜ.

Acide carbonique. ... q. ind.

Chlorure de sodium. . .

Carbonate de soude. . .

— de chaux . . .

de magnésie. .

— de fer .

gr-

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