‹ Manuel des eaux minérales naturellesChapitre 51 sur 104 · SOURCE CAPUS · texte numérisé non relu

SOURCE CAPUS

Sulfate de soude .

Chlorure de sodium. . .

Carbonate de soude. . .

— de chaux. . .

— de magnésie.

— de fer. . . .

Matière colorante et per te.*

Cent parties du dépôt qui s’accumule dans le bassin de la source Capus ont donné :

Oxyde de fer . 60

Carbonate de chaux. .... 9

Carbonate de magnésie. . . 1

Acide carbonique. ...... 30

Les principes minéralisateurs de la source Vergnière sont les mêmes que ceux de la source Capus.

Propriétés médicales. Les eaux de La Malou augmentent tantôt la transpiration , tantôt la sécrétion urinaire ; elles excitent l’appétit et sont rarement purgatives. Elles ont acquis une certaine réputation dans les diverses espèces de rhumatismes, les engorgements articulaires, les maladies nerveuses et les affections légères de la peau. M. Saisset les a employées aussi avec succès dans la suppression menstruelle, les fleurs blanches , la débilité des organes digestifs , les coliques néphrétiques , les embarras des viscères , etc. C’est surtout dans ces dernières maladies que réussissent les eaux des sources de

Capus et de la Vergnière. Les habitants de la contrée ont Thaïs

bitudede boire tous les ans, après Notre -Dame d’août, pendant une ou deux semaines, les eaux de ces sources ferrugineuses acidulés ; mais beaucoup d’entre eux en abusent et provoquent des inflammations de l’estomac et des intestins.

Mode d’administration. C’est en bains principalement que les eaux de La Malou sont utilisées ; les eaux des sources ferrugineuses servent à la boisson. Les bains de La Malou appartiennent à une compagnie; leur produit est d’environ 6,000 francs; ils sont fréquentés annuellement par 400 malades qui laissent dans le pays environ 30,000 francs.

Lettre sur les bains üe La Malou ( Nature considérée , etc. , 1771 ^ tome VII, page 223 ).

Mémoire sur les eaux de La Malou ^ par M. Saisset; Montpellier, in-8, 92 pages.

Essai sur les eaux minérales , etc. , par M. Saint-Pierre ( thèse, Montpellier, 1809 ). On trouve page 48 l’analyse des eaux de La Malou et de Capus.

AUDINAC ( département de l’Ariége ).

Hameau qui fait partie de la commune de Montjoie , à une demi-lieue de Saint-Girons et une de Saint-Lizier. L’établissement thermal se compose de seize baignoires , quatre douches, et de quelques chambres pour les baigneurs. Un bel et vaste hôtel offre des appartements commodes pour loger les malades. Les eaux d’Audinac sont assez fréquentées depuis le mois de juin jusqu’au mois de septembre ; il y a un médecin inspecteur.

Sources, Il y en a deux situées au pied d’un coteau : l’une , appelée^owrcc des Robinets, sert à la boisson ; l’autre, plus abondante , alimente les baignoires.

Propriétés physiques. L’eau des deux sources est claire, limpide , exhale l’odeur d’hydrogène sulfuré qui se dissipe promptement; exposée à l’air, elle présente à sa surface une pellicule

ACIDULES THERMALES.

blanchâtre qui , après quelques heures , passe au rouge irisé , le reste du liquide conservant sa transparence. On voit dans les bassins beaucoup de bulles qui viennent crever à la surface de l’eau, dont la température est de 21 à 22” cent. M. Fontan a recueilli dans les bassins d’Audinac une anabaine verte qui offre des espèces de poches comparables à celles du bonnet des ruminants ; quand nous l’avons examinée, elle était devenue noire.

Analyse chimique. Elle a été faite par MM. Magnes etLafont.

Eau ( 1 litre ).

Acide hydro-sulfurique. . . . quantité inappréciable Acide carbonique . quantité indéterminée.

0,7tl0 0,6380 0,3490 0,5230 0,0710 0,0360 0,0630

Propriétés médicales. En boisson , les eaux d’Audinac produisent chez quelques individus des vertiges et un état d’ivresse passagère ; elles sont laxatives et sont employées avec succès dans les affections de l’estomac et des intestins caractérisées par l’absence de l’appétit, un goût d’amertume à la bouche, un enduit jaunâtre à la langue , la dyspepsie , les coliques . les nausées et la constipation ; elles réussissent encore dans les engorgements des viscères du bas-ventre, la jaunisse , les fièvres quartes , la chlorose , les fleurs blanches, les catarrhes vésicaux et les affections scrofuleuses.

Mode d' administration. On boit les eaux d’Audinac à la dose

Sulfate de chaux .

— de magnésie .

Chlorure de magnésium. . .

Carbonate de chaux .

— de fer .

Bitume .

Perte. . . .

de trois ou quatre verres; on les mêle parfois avec de Peau de gomme ^ lorsque l’estomac ne peut pas les supporter pures.

Pour les bains et les douches, on fait chauffer dans une grande cuve de cuivre l’eau minérale , qui est ensuite dirigée dans les baignoires ; on lui donne le degré de température convenable en la mêlant avec de l’eau minérale de la source. On conçoit que le chauffage doit enlever promptement à l’eau son gaz acide carbonique.

On a remarqué que les chevaux boivent avec avidité l’eau des sources minérales et qu’ils en sont purgés.

Le fermage des eaux est d’environ 7,000 francs; trois cent cinquante à quatre cents personnes se rendent à cet établissement chaque année; leur séjour est d’environ quinze jours, terme moyen; on estime qu’elles laissent dans le pays 11,000 francs.

Obseri^alions médico-chimiques sur les eaux minérales d’ ududinac , par M. Campmartin [Nature considérée, 1772 , tome I, page 189).

Analyse de l’eau minérale d’ Audinac , par MM. Lafont et Magnes ( Bulletin de pharmacie).

ENCAUSSE (département de la Haute-Garonne ).

Village à une lieue de Saint-Gaudens , 4 de Saint-Bertrand de Gomminges. On y trouve un bâtiment thermal pourvu de dix-huit baignoires en marbre. Il y a un médecin inspecteur.

Sources, On en distingue deux désignées sous le nom de Grande et Petite Sources ; elles sont enfermées dans le bâtiment thermal; elles sont abondantes, et l’eau est reçue dans deux bassins.

Propriétés physiques. L’eau de la Grande Source , qui est la plus usitée , est limpide , sans odeur ; sa saveur est un peu âpre et salée; sa température est de 23% 7 , celle de l’atmosphère étant à 26% 2 cent.

ACIDULES THERMALES.

Sulfate de chaux

— de soude et de magnésie.

Chlorure de magnésium. . .

Carbonate de chaux .

de magnésie. . .

Propriétés médicales. L’eau minérale d’Encausse est légèrement laxative ; on l’emploie dans les engorgements des viscères du bas-ventre, l’ictère, la chlorose, l’aménorrhée, les fièvres intermittentes prolongées, la langueur des fonctions digestives, etc. ; on s’en sert avec avantage en bains dans les rhumatismes, la sciatique, la paralysie.

On boit les eaux à la dose de quatre à cinq verres tous les matins ; on y ajoute un peu de sulfate de soude pour favoriser leur propriété laxative.

Les sources appartiennent à la commune ; elles étaient affermées 900 francs en 1820, et ont été fréquentées cette annéelà par deux cent dix personnes.

Discours des deux fontaines médicinales d' Encausse y par Louis Guyon; 1595, in-8. Cet ouvrage contient soixante-douze observations de guérisons opérées par les eaux d’Encausse.

Analyse des eaux minérales d’Encausse , par M. Save ( Bulletin de pharmacie, 1809).

BÜXTON ( Angleterre ).

Village à 10 lieues de Derby. Ses eaux minérales étaient connues des Romains. Elles sont limpides, sans goût, sans

couleur, sans odeur, mais dégagent à leur surface beaucoup de bulles. Elles sont plus légères que les eaux des fontaines ordinaires; leur température est de 27“,5 cent. — D’après M. George Pearson, ces eaux tiennent en dissolution trois sortes de fluides élastiques : du gaz acide carbonique , du gaz oxygène et du gaz azote. Elles contiennent de plus du carbonate de chaux , du sulfate de chaux et du chlorure de sodium.

Propriétés médicales. C’est particulièrement en boisson qu’on emploie l’eau de Buxton ; on en boit le matin à jeun un litre ou deux , spécialement dans la gastralgie , les atfections nerveuses, les maladies des voies urinaires, les irrégularités de la menstruation et l’asthme convulsif. — On s’en sert rarement à l’extérieur. Cependant M. Pearson assure que les bains de Buxton sont les plus agréables de la nature et sont très-efficaces comme toniques dans plusieurs maladies à marche lente.

Observations et expériences pour servir a l’histoire chimique des fontaines tiedes de Buxton , par M. George Pearson ; 1784 , 2 vol. in-8.

SAINT-ALBAN ( département de la Loire ).

Hameau dépendant de la commune de Saint- André-d’Apchon , sur la rive gauche de la Loire, à 2 lieues de Roanne. Le chemin qui part de cette ville est en bon état. Les eaux minérales qui jaillissent dans ce lieu sont connues depuis longtemps; mais elles ne sont fréquentées que depuis qu’ony a construit plusieurs hôtels qui offrent des logements commodes, agréables , et des tables d’hôte bien servies , à des prix modérés. On les prend depuis le mois de juin jusqu’au mois de septembre. Il y a un médecin inspecteur.

Sources. Il y en a trois situées dans un vallon étroit et renfermées dans une petite enceinte carrée. Le Puits Rond fournit l’eau pour la boisson ; le Puits des Galeux sert à faire des lotions ; le Grand Puits, dont le réservoir est le plus grand et le plus profond, alimente les bains.

ACIDULES THERMALES.

Propriétés physiques. L’eau des trois sources est abondante , couverte à sa surface d’une grande quantité de bulles; elle est claire, limpide, dépose un sédiment rougeâtre sur les parois du bassin; sa saveur piquante laisse un arrière-goût un peu austère. Sa température est constamment de 18%7 cent.

Analyse chimique. Elle est due au docteur Cartier et a M. Barbe , pharmacien à Roanne.

Eau (1 litre).

Acide carbonique .

lit.

Carbonate de sonde. . . .

gr-

— de chaux. . . .

Sulfate de chaux .

Nitrate de chaux .

Oxyde de fer . *

Terre argileuse .

Propriétés médicales. Les eaux de Saint-Alban augmentent la sécrétion de l’urine, provoquent des sueurs abondantes, et leur emploi est souvent accompagné d’exanthème, de prurit à la peau. M. Bouquet en a retiré beaucoup de succès dans les maladies cutanées, telles que dartres, gale invétérée ; dans les engorgements scrofuleux , l’atonie de l’estomac, la jaunisse, la chlorose , la suppression des règles, les fleurs blanches, les diarrhées anciennes , les blennorrhées , et surtout dans les maladies qui surviennent à l’époque critique. — Elles sont nuisibles dans les névralgies, la plupart des maladies nerveuses, et dans les affections de la poitrine.

Mode d’ administration. On boit les eaux à la dose de cinq à six verres chaque matin ; on prend en même temps des bains formés d’eau commune et d’eau minérale. — La durée du traitement est de vingt à vingt-cinq Jours.

Les sources de Saint-Alban sont une propriété particulière dont le produit annuel s’élève à environ 1,200 francs; on ex-

porte tous les ans de quinze cents à deux mille bouteilles d’eau. Il Tient chaque année à Saint-Alban environ sept cents malades dont le plus grand nombre se compose de cultivateurs ou bien d’ouvriers en coton. Aussi n’évalue-t-on qu’à 25 au 30,000 francs l’argent laissé dans le pays.

Analyse des eaux minérales de Saint-Alban , par Richard delaPrade (^Journal de médecine, août 1774, page 132).

Traité analytique des eaux minérales , par Raulin ; 1774,ill-12. Le chapitre 13 du second volume traite des eaux de Saint-Alban.

Notice et analyse des eaux minérales de Saint-Alban , par M. Cartier 3 1816.

Source de FONT-GAOUADA ou FONCAUDE (département de l’Hérault).

La source de ce nom est située à trois quarts de lieue de Montpellier, près de Caunelles , dans un vallon solitaire trèsagréable , que traverse la rivière de la Mosson ; les eaux sont reçues dans un bassin.

Propriétés physiques. Les eaux sont claires, limpides; leur goût est un peu fade ; elles offrent une couleur irisée et sont onctueuses au toucher; leur surface est couverte de bulles. Leur température est de 23%7 cent., celle de l’atmosphère étant à O’’. Elles sont fort abondantes et déposent un limon dans le bassin.

Analyse chimique. L’eau de la source de Foncaude a été successivement examinée parMontet,MM. Virenque et Joyeuse de Montpellier, et enfin par M. Saint-Pierre. Voici l’analyse de ce dernier.

Eau (1 litre).

Acide carbonique libre . quantité indéterminée.

Carbonate de chaux Chlorure de sodium Carbonate de fer. .

Matière extractive. .

gr.

quantité impondérable.

ACIDULES FROIDES.

Propriétés médicales. Les eaux de Foncaude jouissent d’une certaine réputation. Les médecins de Montpellier les recommandent dans les maladies de la peau, les sciatiques et les douleurs rhumatismales.

On prend ces eaux en boisson et en bains. Il faut dans ce dernier cas les chauffer.

Essai sur l’analyse des eaux minérales , par M. Saint-Pierre ( Thèse y août, 1809). On trouve, page 70, un article sur la source de Foncaude.

JYotice sur les eaux de Foncaude ( Jlecueil des hullelius de la So~ ciété libre des sciences de Montpellier, tome II, page 169). C’est à M, Vigaroux qu’on doit cette notice.

Mpercu sur la nature des eaux de la fontaine de Font-Caouada , par M. Joyeuse [Journal de médecine de Montpellier, tome I, page 153).

GABIAN ( département de l’Hérault ).

Village à 3 lieues de Pézenas et 4 de Béziers. On y trouve trois sources minérales : 1° la source de L’Huile de Pétrole; 2“ deux autres sources appelées fontaines de Santé ou d’Ouillot. La source dite de l’Huile de Pétrole est à un demi- quart de lieue de Gabian, sur le bord d’une petite rivière: l’eau, assez abondante, entraîne avec elle le bitume liquide qu’on appelle dans le pays huile de Gabian; il se ramasse à la surface de l’eau, d’où on l’enlève assez imparfaitement pour qu’il y en ait beaucoup d’entraîné par l’eau et de perdu. On en récolte environ six quintaux tous les ans ; Rivière de Montpellier dit que de son temps on en retirait plus de trente -six quintaux. L’huile de pétrole est un bitume d’une consistance supérieure à celle de l’huile d’olive , d’une couleur d’un jaune foncé , d’une odeur très-forte et très-tenace. — L’eau est limpide, exhale une odeur fade, qu’on dirait métallique, dépose un sédiment jaunâtre ; le goût en est fortement acidulé et piquant. Sa température est celle de l’atmosphère. Cette eau contient de l’acide carbonique en excès , des carbonates de chaux , de soude et de fer. M. Saint-Pierre ne met point le bitume liquide au nombre

de ses matériaux; il dit ignorer jusqu’à quel point ce bitume peut être retenu par Teau.

Les sources de Santé ou d’Ouülot se distinguent en source forte et source faible. Elles sont acidulés , et les habitants des environs en boivent pendant Tété pour se préserver des fièvres bilieuses.

Méinoire sur quelques singularités du terroir de Qabian ^ par M. Rivière; 1717.

Mémoire sur l'huile de pétrole en gériéral ^ et particulièrement sur celle de Gahiaiiy par M. Bouillet; 1762.

Essai sur l’analyse des eaux minérales , par Mi Saint-Pierre ( Thèse , Montpellier, août 1809).

CONTREXEVILLE (département des Vosges).

Village composé de cent cinquante maisons , à 4 lieues de Mirecourt, 6 de Bourbonne-les-Bains , 75 de Paris, situé dans un vallon entouré de montagnes. Les eaux minérales que Ton y trouve ne paraissent pas avoir été connues des anciens; c’est à Bagard, ancien président du collège de médecine de Nancy, qu’est due (1760) la découverte de leurs propriétés. Ces eaux sont aujourd’hui très-fréquentées, et l’établissement, autrefois si imparfait , a pris depuis quelques années une grande extension, et a été beaucoup amélioré. L’époque la plus favorable pour boire les eaux à la source est du 15 juin au 15 septembre ; l’air froid et humide de Gontrexeville dans le reste de l’année pourrait être nuisible. La saison est de vingt et un jours; souvent on est obligé, pour obtenir la guérison, de faire plusieurs saisons, en mettant quelques jours de repos entre chacune d’elles. Il y a un médecin inspecteur. M. Mamelet a publié sur ces eaux une notice intéressante.

Sciirces. Il y en a deux : la fontaine du Pavillon est uniquement employée à la boisson; l’autre, dite desBams^renîermée dans l’établissement, sert aux bains et aux douches.

ACIDULES FROIDES.

Propriétés physiques. L’eau de la fontaine du Pavillon est froide, a une saveur fraîche, acidulé et légèrement ferrugineuse. Exposée à l’air, sa surface se couvre d’une pellicule irisée. Elle dépose dans le bassin qui la reçoit un enduit ocracé; les planches d’alentour sont couvertes de rouille. Cette fontaine produit constamment soixante-dix-huit litres d’eau par minute ; elle exhale une légère odeur sulfureuse ; sa température est de 10“ cent. L’eau de la fontaine des Bains a présenté les mêmes caractères physiques et chimiques que celle du Pavillon.

Analyse chimique. On doit à M. Collard de Martigny, pharmacien, une analyse récente des eaux de Contrexeville.

Eau ( i litre).

gr-

Sulfate de chaux . 1,079

— de magnésie . 0,022

Sous-carbonate de chaux. . . 0,805

— de magnésie. 0,017

Chlorure de calcium . 0,038

— de magnésium. . . . 0,012

Nitrate de chaux . traces

Matière organique insoluble dans

l’eau, soluble dans l’alcool, surtout à chaud ; plus soluble

dans l’éther . 0,034

Perte . 0,002

A zéro de température et sous la pression de 0,77 de mercure, l’eau de Contrexeville contient un peu moins que les deux tiers de son volume de gaz, composé à peu près ainsi qu’il suit :

Oxigène . 11

Azote . * . 30

Acide carbonique . 59

Propriétés médicales. Les eaux de Contrexeville, d’après

M. Mamelet, accélèrent la circulation et la respiration, augmentent la transpiration insensible, les urines ou les selles; elles causent les premiers jours une sorte d’ivresse, qui est due au gaz acide carbonique, et de l’insomnie; elles activent l’appétit et rendent les digestions faciles ; chez quelques personnes, au lieu de selles plus ou moins fréquentes, elles produisent la constipation. Mais leur action principale se manifeste sur l’appareil urinaire. Ces eaux parviennent aux reins et à la vessie sans éprqpver d’altération essentielle, conservent leur principe stimulant , parcourent rapidement les voies urinaires , lavent leurs parois , en détachent les mucosités surabondantes, ainsi que celles qui enveloppent les graviers ou les calculs, séparent de ces derniers les couches encore peu durcies, augmentent les forces expulsives des organes urinaires , et facilitent la chute dans la vessie des graviers existant dans les reins ou les uretères. A son tour la vessie expulse avec plus de force l’urine qu’elle renferme , et entraîne avec elle les mucosités ainsi que les calculs et les graviers dont la grosseur est en proportion de l’ampleur du canal de l’urètre. Les personnes qui viennent à Contrexeville ayant des calculs trop volumineux pour sortir par les voies naturelles éprouvent , au moins la plupart , après que les eaux ont entraîné les glaires qui modéraient la sensibilité des voies urinaires et la couche muqueuse qui revêt la surface des calculs, des douleurs plus aiguës qu’avant leur usage ; et si même on ne s’empressait de les interrompre, elles occasionneraient une inflammation des plus intenses, et la mort même, lorsque ces calculs existent dans les reins. Il résulte de ces faits rap portés par M. Mamelet que les eaux de Contrexeville, trèsbonnes pour faire rendre des graviers, sont nuisibles dans le cas de calculs : et qu’on doit leur préférer les eaux de Vichy ou le soda-water, qui jouissent de la précieuse propriété de fondre la gravelle et les calculs : c’est le moyen d’éviter tout accident et toute souffrance.

ACIDULES FROIDES.

Bagard^ Thouvenel et M. Mamelet ont remarqué que les calculs que l’on met digérer dans un grand volume d’eau de Contrexeville finissent par se dissoudre, pourvu qu’on ait le soin de fermer hermétiquement le vase dans lequel on fait cette expérience , et de renouveler souvent le liquide minéral. La plupart des graveleux qui viennent à Contrexeville répètent cette épreuve et obtiennent toujours le même résultat; mais les considérations précédentes prouvent que cette dissolution ne s’opère pas avec la même facilité dans la vessie.

L’eau saline gazeuse de Contrexeville est encore recommandée dans les engorgements des viscères abdominaux , les catarrhes chroniques de la vessie , la gastralgie , la chlorose , la goutte, l’anasarque, et quelques maladies cutanées. En injections, on l’emploie contre les fleurs blanches, les ulcérations du vagin et les blennorrhées. En collyre , on s’en sert dans les maladies des paupières, les inflammations chroniques des glandes de Méibomius.

Mode ' et administration. Les eaux de Contrexeville doivent

être bues froides; en les chauffant, elles acquièrent un goût analogue à celui de l’eau de savon. On les prend le premier jour à la dose de deux ou trois verres le matin à jeun ; les jours suivants, on augmente d’un verre; le dixième jour de la saison , on en porte le nombre de dix à quinze ; quelques personnes vont même jusqu’à vingt sans en être fatiguées. Pendant les quatre derniers jours de la saison , on ne doit boire que cinq ou six verres d’eau minérale; sans cette précaution, on s’expose à éprouver pendant plusieurs jours des douleurs d’estomac à l’heure à laquelle on avait coutume de boire. Les évacuations alvines que provoquent ordinairement les eaux empêchent de prendre celles-ci dans le bain. On ne doit boire de l’eau qu’en proportion de l’urine rendue ; le liquide minéral passe si rapidement en général, que sur la fin de la boisson il est rendu sans être altéré. En effet, quand on en boit douze à quinze verres , si l’on soumet les dernières

urines, rendues à la fin de Texercice du matin, à l’action des réactifs , ces agents déterminent à peu près les mêmes phénomènes que l’on observe dans l’eau que l’on vient de puiser à la source. — Quand les eaux sont trop excitantes, on les mitige avec le lait, l’eau de chiendent, de tilleul, etc., ou bien on laisse évaporer l’acide carbonique. On peut en faire usage pendant la menstruation et la grossesse ; seulement il faut en diminuer la dose. Les bains ne sont à Gontrexeville que des moyens auxiliaires; cependant ils secondent les effets de la boisson , surtout dans les affections graveleuses.

L’eau de Gontrexeville s’altère par le transport ; le plus souvent elle arrive dans les départements sans odeur, sans saveur , et par conséquent sans vertus.

Mémoire sur les eaux de ConLrexei’ille , par Ant. Bagard; 1760, in-8. On trouve dans ce mémoire quelques observations intéressantes.

Mémoire chimique el médicinal sur les principes et les vertus des eaux minérales de Contrexeville ^ par M. Thouvenel ; 1774.

Dissertation chimique sur les eaux de la Lorraine , par M. Nicolas ; 1778. Il y est question de l’analyse des eaux de Gontrexeville.

JYotice sur les propriétés physiques , chimiques et médicales des eaux de Contre xeuille J par A. F. Mamelet. Paris, 1827, in-8.

Analyse des eaux de Contrexeuille , par M. Collard de Martigny. Journal de chimie médicale , 1829 , page 546.

BÜSSANG (département des Vosges ).

Village à 7 lieues de Remiremont , 10 de Plombières et 12 de Bains. Ge lieu est célèbre par les eaux minérales qui prennent leur source dans les montagnes voisines. En 1799, le bâtiment destiné à loger les malades fut incendié ; il n’a pas été reconstruit, malgré les sollicitations du médecin inspecteur, qui, depuis 1806, n’a pas vu d’étranger venir boire les eaux à la source. Gelles-ci sont exportées en grande quantité pour Plombières, Bains, Luxeuil, Paris et les départements.

Sources. Il y en a trois : à douze cents pas du village , près de la route royale de Nancy à Mulhouse, au pied d’une mon-

ACIDULES FROIDES.

tagne , on voit un petit bâtiment qui renferme deux sources désignées dans le pays sous le nom de fontaines d'en bas. Les eaux se réunissent dans un réservoir bien fermé d’où elles coulent par un robinet de fer qui fournit quatre-vingt-dix litres d’eau par heure. A quelques pas plus haut ^ on remarque un petit pavillon renfermant la troisième source, appelée fontaine d'en haut; elle donne treize litres d’eau par heure.

Propriétés physiques. L’eau est froide , limpide , d’une saveur aigrelette , ferrugineuse , surtout dans la source d’en haut ; elle pétille dans le verre comme le vin de Champagne ; les parois et le fond des réservoirs sont enduits d’une matière Tougeâtre , ocracée.

Analyse chimique. L’eau de Bussang a été analysée en 1829 par M. Barruel , qui a trouvé les principes suivants :

Eau ( 1 litre).

gr.

Chlorure de sodium . 0,0800

Sulfate de soude . 0, 1 1 00

Carbonate de soude . 0,7700

de magnésie . 0,1800

— de chaux . 0,3610

— de protoxyde de fer. 0,0160

Silice . 0,0560

La quantité moyenne d’acide carbonique libre est d’une fois et demie le volume de Beau ; M. Barruel estime qu’à la source cette quantité peut être double.

Propriétés médicales. En boisson, les eaux de Bussang sont promptement rendues par les urines ; elles portent à la gaîté et causent une espèce d’ivresse passagère ; elles conviennent dans la langueur des forces digestives, les engorgements lents des viscères et la gravelle. Nicolas assure que des calculs vésicaux qu’il a laissés macérer pendant un mois dans

l’eau de Bussang ont été désagrégés et réduits en poudre assez fine.

Prise à jeun le matin, l’eau de Bussang peut être bue à la dose d’une à deux bouteilles ; mêlée avec le sucre , le sirop de groseilles , de limons , elle forme une boisson fort agréable. A Plombières, Luxeuil, Bains, on mêle aux repas cette eau avec le vin.

En 1835, il a été exporté 61,186 litres d’eau minérale de Bussang.

Essai analytique sur les eaux de Bussang , par Jean Lemaire ; 1750, in-12.

Examen sur les eaux minérales de Bussang , par Didelot; 1777, in-12.

Précis sur les eaux minérales de Plombières et de Bussang , par M. Grosjean fils. Paris, 1829 j 114 pages.

POUGUES ( département de la Nièvre ).

Bourg situé sur la grande route de Paris à Lyon , à S lieues de Nevers, 3 de La Charité et 52 de Paris. Une voiture bien suspendue part tous les matins de Nevers et repart de Pougues après l’usage des eaux. Le pays est entrecoupé de petites montagnes , fertiles en grains et couvertes de vignes ; Pair y est salubre: des sites pittoresques, plusieurs belles usines offrent des buts de promenade. La plupart des maisons de Pougues sont distribuées de manière à pouvoir loger un grand nombre d’étrangers; le principal bâtiment destiné à cet usage est une vaste maison située à peu de distance des sources : on y trouve une table d’hôte bien servie, deux salons et un billard. La proximité de Nevers permet de s’y procurer tous les objets d’utilité et d’agrément. — Les eaux de Pougues, connues depuis longtemps, ont acquis de la célébrité par l’usage qu’en ont fait le prince de Mantoue, Henri III, Catherine de Médicis, la princesse de

ACIDULES FROIDES.

Longueville , Marie de Gonzague , Henri IV^ Louis XIV et le prince de Conti , à qui l’on doit plusieurs plantations qui embellissent les environs de la fontaine. — On prend les eaux depuis le 15 mai jusqu’au mois d’octobre. Médecin inspecteur, M. Hector Martin.

Sources. Il y en a deux : l’ancienne est destinée à la boisson ; ses eaux, très-abondantes dans tous les temps de l’année, sont réunies dans un réservoir en forme de puits ; la seconde source, découverte en 1833 , sert à l’administration des bains et des douches.

Propriétés physiques. L’eau minérale de Fougues, examinée à la source, paraît être en ébullition; ce bouillonnement est produit par le dégagement de gaz acide carbonique, qui s’y rencontre en grande cjuantité. Puisée dans un verre, l’eau est limpide , sans odeur ; son goût est aigrelet et alcalin ; sa saveur est piquante. Abandonnée dans un vase, cette eau dépose un léger précipité d’oxyde de fer ; sa température ne paraît jamais varier, quelle que soit celle de l’atmosphère ; elle est de 12% 5 à 13% 7 cent.

Analyse chimique. Les eaux de ^Fougues ont été examinées par Duclos, Geoffroy et Gostel, qui ont obtenu des résultats différents. Hassenfratz les a analysées en 1789. Voici le résultat de son travail :

Eau ( 1 litre).

Acide carbonique . .

Ht.

Carbonate de chaux. . 1,2960

— de soude . 1,1045

— de magnésie . 0,1274

Chlorure de sodium . 0,2337

Alumine . 0,0372

Silice et oxyde de fer . 0,3399

La source des bains contient, d’après M. Hector Martin, du sulfate de chaux, du sulfate de fer, du sulfate d’alumine, du

carbonate de fer et une quantité indéterminée de gaz hydrogène sulfuré. Cette analyse aurait besoin d’être répétée.

Propriétés médicales. Les eaux de Fougues, qui jouissaient autrefois d’une grande réputation, commencent à reprendre la faveur qu’elles méritent à cause de leur efficacité médicinale très-marquée. Elles agissent en produisant une excitation douce, prolongée, sur la membrane muqueuse des voies digestives ; elles sont rarement purgatives , mais elles augmentent beaucoup la sécrétion des urines, qî?elles rendent alcalines, suivant le rapport de M. Martin. Elles sont fort utiles dans tous les désordres de la digestion , tels que la gastrite , la gastro-entérite chroniques , la gastralgie , etc. , dans les engorgements du foie , de la rate , les coliques hépatiques causées par des concrétions biliaires , les fièvres intermittentes quartes, les fleurs blanches, la chlorose, l’anasarque passive, quelques exanthèmes provenant d’une affection des viscères abdominaux. Mais ces eaux sont particulièrement recommandées dans les maladies des voies urinaires , le catarrhe vésical, les coliques néphrétiques et la gravelle; elles expulsent facilement les petits graviers , mais elles ne sont pas assez alcalines pour les dissoudre.

Si ces eaux réussissent dans la plupart des maladies chroniques des viscères du bas-ventre, elles sont nuisibles dans toutes les affections de la poitrine.

Mode d’ administration. Beaucoup de personnes en santé boivent habituellement de l’eau de Fougues à leurs repas: les moissonneurs et autres ouvriers qui travaillent à l’ardeur du soleil en boivent à toute heure du jour ; ils ont l’expérience qu’elle ne leur fait aucun mal, lors même qu’ils sont en sueur. Dans l’état de maladie, on commence par boire le matin un ou deux verres de l’eau de Fougues avec ou sans mélange ; le lendemain on en prend un verre de plus, en mettant quinze à vingt minutes d’intervalle entre chaque verre, et ainsi de suite en augmentant d’un verre chaque jour, jusqu’à huit ou dix.

AdDULES FR01i)ES.

— Mêlées avec le vin ^ ces eaux le rendent mousseux , pétillant et fort agréable ; unies avec moitié eau sucrée , elles facilitent la digestion des personnes dont l’estomac est irritable.

A Fougues on administre aussi des bains et des douches ; mais le chauffage de l’eau doit lui enlever promptement le gaz acide carbonique. Dans le traitement des fièvres quartes , M. H. Martin défend l’usage des bains , qui ^ selon lui, provoque le retour des accès de fièvre.

Lorsque les eaux qui nous occupent sont dans des bouteilles , ou mieux dans des demi-bouteilles bien bouchées , elles se transportent au loin et peuvent se conserver assez longtemps , si on a la précaution de les déposer dans un endroit frais et de les laisser couchées. Louis XIV les prit avec succès à Saint-Germain-en-Laye.

Les sources appartiennent à une compagnie d’actionnaires ; elles ne sont point affermées.

Discours sur la vertu et L’usage de la fontaine de Fougues et administration de la douche, par Jean Pidoux ; 1595, in-8.

Discours de l’origine et des propriétés de la fontaine minérale de Fougues, par Étienne Flamant; 1633, in-8.

L’hydre féminine comhattne par la nymphe Poiigoise , par Augustin Courradez ; 1 634 , in- 8.

Observations sur les eaux minérales de Fougues, par Piaulin ; 1769, ln-12.

Premier mémoire sur les eaux aérées ndnéra<es et thermales du IVivernais , par Hassenfratz [Annales de chimie, tome P’’, page 81 ).

Notice sur les eaux minérales de Fougues, par IVI. Hector Martin; 1833 , in-8 ; 8 pages.

SELTZ , SELTEN ou SELTEKS ( duché de Nassau ).

Village composé d’environ cent vingt maisons, situé sur la Lohn , à 5 lieues de Francfort , 3 de Limbourg , 10 de Mayence, 11 de Coblentz, sur la grande route de Cologne à FrancforL Il est célèbre par ses eaux gazeuses, qui sont servies sur toutes

les tables et dont on fait iin grand débit dans toute TEurope.

Source. Elle est située près du bourg, dans une riante vallée : les eaux sont réunies dans un puits , d’où s’échappe continuellement du gaz acide carbonique.

Propriétés physicjues. L’eau de Selîz est froide, claire, acidulé ; elle a un goût piquant agréable ; mêlée avec le vin , elle pétille , et fournit des bulles abondantes.

A nalijse clmniciue. Plusieurs chimistes se sont occupés de l’analyse de l’eau de Seltz. Venel, médecin de Montpellier, qui en fit l’analyse vers le milieu du siècle dernier, fut le premier qui y reconnut la présence de l’acide carbonique. Depuis, Bergman, Westrumb, MM. Gaventou et Bischof la soumirent à de nouveaux essais, dont on verra le résultat dans le tableau suivant :

Eau ( 1 litre ).

SUBSTANCES

coritennes

DAMS l’eau.

BEEGMAN.

WESTRUMB.

CAVEMTOU.

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