M. BRONGNIART
Acide carbonique .
litre.
quantité indét.
Chlorure de sodium. . .
gr.
— de magnésium.
— de calcium. . .
Carbonate de chaux. . .
de magnésie. .
Sulfate de chaux .
Fer .
quantité imp.
Perte .
Totaux .
Les différences que présentent ces analyses dans la proportion des principes minéralisateurs sont dues sans doute au mélange plus ou moins considérable de F eau de l’étang avec celle de la source tliermale, au moment oii le travail analytique a été fait.
Propriétés médicales. Ce n’est pas seulement au voisinage de la faculté de médecine de Montpellier, mais bien à leur efficacité réelle , que les eaux de Calaruc doivent leur réputation. Prises en boisson, à la dose de quelques verres, elles ne produisent aucun effet fâcheux sur une personne en bonne santé ; dans l’état de maladie, elles donnent du ressort à l’estomac, font cesser les symptômes qui sont le résultat d’un état bilieux ou muqueux des premières voies ; à la dose de deux â trois litres par jour, elles deviennent purgatives. Administrées en bains à la température de 35" cent., elles fortifient l’action musculaire , mais au-dessus de cette température, elles accélèrent le pouls, causent de la céphalalgie;
SALINES THERMALES
les bains, associés aux douches, provoquent d’abondantes sueurs qui semblent affaiblir les malades, mais qui plus tard ont des effets salutaires chez les individus d’un tempérament lymphatique. Les eaux de Balaruc conviennent dans toutes les maladies qui reconnaissent pour cause le relâchement et Fatonie des tissus. Elles sont particulièrement fréquentées par les paralytiques , même par ceux dont la maladie est due h une altération cérébrale. Cependant Leroy, Fouquet, Baumes, Delpech, 31. Lallemand, en interdisent l’usage dans cette circonstance , parce qu’ils ont remarqué qu’à l’amélioration éprouvée par les hémiplégiques à la suite des premiers bains, succède presque toujours une nouvelle attaque d’apoplexie.
On emploie avec succès les eaux de Balaruc dans les affections scrofuleuses, les embarras bilieux ou muqueux de l’appareil digestif, les engorgements des viscères du bas-ventre, les fièvres intermittentes rebelles, si communes dans cette contrée, dans les rhumatismes chroniques , la sciatique , la raideur , l’engorgement des articulations , la contracture et la débilité des membres qui se remarquent à la suite des fractures , des luxations, des entorses. Quelques observations tendent à prouver que la surdité, dépendant d’un catarrhe du conduit auditif, peut être diminuée et même guérie par l’injection des eaux de Balaruc.
Celles-ci, à raison de l’énergie qu’elles possèdent, doivent être interdites aux personnes prédisposées à l’apoplexie, à l’épilepsie et aux hémorragies ; elles sont nuisibles dans les cas d’hystérie, d’hypocondrie, dans les affections de la poitrine, l’asthme, etc., et dans les irritations des organes digestifs.
Mode d’ administration. On se sert des eaux de Balaruc sous toutes les formes ; si on les prend pour se purger, il faut en boire deux à trois litres par jour, et ne les continuer que pendant quatre à cinq jours seulement. Si on les emploie comme
toniques et apéritives , leur dose ne doit pas dépasser un litre chaque matin.
Les personnes robustes atteintes de rhumatismes, de sciatique, peuvent se baigner dans le bassin de la source ; mais elles ne doivent y séjourner que quelques minutes à cause de la haute température de beau. On les retire aussitôt que la face devient très-rouge et se couvre de sueurs. Mais on prend le plus souvent les bains dans des baignoires munies de trois robinets Tun pour Feau thermale, l’autre pour l’eau thermale refroidie , le troisième pour l’eau douce , de sorte qu’on peut graduer à volonté l’énergie et la température du bain.
Les douches ne doivent durer que quelques minutes , surtout si on les dirige sur la tête. On applique avec avantage les boues sur les articulations atteintes d’ankyloses incomplètes.
Les eaux de Balaruc s’altèrent peu par le transport; on en exporte une assez grande quantité dans les départements.
La source appartient à un particulier ; le prix de la ferme est de 9,200 francs ; l’argent laissé dans le pays a été évalué à plus de 30,000 francs pour 1835.
Obseivalions sur les eaux de Balaruc, par M. Leroy [Mémoires de V Académie royale des Sciences, 1762 , page 625). Ce mémoire mérile d’être consulté.
Traité des eaux minérales de Balaruc, par M. Pouzaire ; 1771, in-8. Cet ouvrage contient dix-sept observations de guérisons opérées par les eaux de Balaruc.
Annales de médecine pratique de Montpellier, tome XIX.
Analyse des eaux de Balaruc, par M. Brongniart [Journal de Montpellier , ).
JYotice sur les eaux de Balaruc, par M. Fouquet [Journal de Montpellier, tome P'', page 99). L’auteur rapporte plusieurs observations sur des vomissements chroniques guéris par la boisson de l’eau de Balaruc.
Essai sur l’analyse des eaux minérales, etc., par M. Saint-PieiTC { Thèse ; Montpellier, 1 809 ).
SALINES THERMALES
lîOURBONNE-LES-BA INS (département de la Ïîaute-Marne).
Petite ville de 4,000 habitants, à 10 lieues de Langres, 20 de Nancy, 18 de Besançon, 72 de Paris; on y arrive de tous les points par de très-belles routes pourvues de diligences suspendues. Elle offre toutes les ressources désirables pour le logement, la nourriture, et peut recevoir quinze cents étrangers; on se plaint généralement qu’elle est stérile en agréments et en distractions, et si Bourbonne était aussi fertile en moyens d’agrément que ses eaux le sont en moyens de guérison , peu de sources minérales seraient plus célèbres et plus fréquentées. Cependant, pendant la saison des bains, il se forme quelques réunions à l’Hôtel-de-Yille. — L’hôpital militaire fondé par Louis XV, agrandi par Louis XVI, et amélioré sous la Restauration, est vaste et peut contenir 500 militaires, dont 100 officiers; la direction du service de santé est confiée à des officiers de santé militaires distingués, les docteurs Férat, médecin en chef, et Thérin, chirurgien en chef. — La saison des bains dure depuis le 1*’*’ juin jusqu’au l"’’ octobre: la cure est de 21 jours. Médecin inspecteur, M. Athanase Renard.
Sources, Elles sont au nombre de trois : la première, désignée sous le nom de fontaine de ta Place , presque contiguë aux bains civils dont elle dépend , est renfermée dans un petit bâtiment, et donne de l’eau destinée à la boisson des malades ; la seconde , dite Puisard ou fontame des Bains civils , contenue dans des puits très-profonds , fournit à l’ascension de l’eau dans les réservoirs supérieurs, au moyen d’une machine hydraulique, pour la consommation générale de l’établissement ; la troisième , connue autrefois sous le nom de Bain Patrice , alimente les bains de l’hôpital militaire. On y a construit en 1780 deux bassins qui peuvent contenir deux cents hommes; en 1817 , on a formé une salle de bains et de douches pour les officiers.
lîAÜX MINÉRALES
établissement civil est renfermé dans un bâtiment élégant divisé en un grand nombre de cabinets propres et commodes , où les baigneurs trouvent des bains ordinaires, des douches , une étuve et deux piscines. Les deux sources qui appartiennent à rétablissement ne sont probablement que deux embranchements de la même , car l’épuisement de Tune réagit sur l’autre.
Propriétés physiques. L’eau des trois sources est incolore , d’une transparence parfaite ; elle n’a point d’odeur appréciable, quoique les bassins exhalent celle de l’hydrogène sulfuré ; sa saveur est amère , fortement salée et nullement nauséabonde : l’eau paraît d’abord douce et onctueuse, puis elle cause à la peau un peu de rigidité ; sa pesanteur spécifique estde 1,006, l’eau distillée prise pour 1,000 ; elle marque 2" 1/2 à l’aréomètre de Baumé. C’est une des eaux minérales les plus riches en substances salines. La température de la fontaine de la Place est de 58“ 75 cent. , celle des bains civils, 57" 50, celle des bains militaires, 50" Le produit de toutes les sources en vingt-quatre heures est de 120 mètres cubes.
Analyse chimique. Elle a été faite par plusieurs chimistes qui ont obtenu des résultats différents :
Eau ( 1 litre ).