‹ Manuel des eaux minérales naturellesChapitre 70 sur 104 · MIER · texte numérisé non relu

MIER

gf.

Chlorure de calcium. . .

— de sodium. . . .

Sulfate de chaux .

Sous-carbonate de chaux.

Bromure , ou peut-être

chlorure de potassium.

ANALYSE DES BOUES MINERALES, PAR VAÜQUELIN.

gr.

Propriétés médicales. Les eaux thermales de Bourbonne sont très-excitantes, et leur emploi exige beaucoup de prudence. En général elles ne conviennent qu’aux personnes d’un tempérament lymphatique, et dans les affections caractérisées par un certain degré de relâchement, de faiblesse et d’inertie dans la vitalité des organes ; leur efficacité sera d’autant plus manifeste , que les organes soumis à leur action seront moins irrités , et que les malades seront moins irritables.

Depuis longtemps , les médecins les plus célèbres envoient à Bourbonne pour les paralysies partielles ou générales, pour celles même qui sont la suite d’une affection du cerveau ; mais

Matières animale et végétale.

Silice .

Fer oxydé. .

Chaux .

Magnésie .

Alumine .

Perte .

les eaux thermales ne conviennent dans ce dernier cas qu’autant que le sang n’a plus tendance à se porter vers l’encéphaleç, et que pendant la cure on prend toutes les précautions pour éviter une congestion cérébrale. Elles sont fort utiles dans les rhumatismes chroniques, quelques névralgies, les débilités musculaires, les accidents suite de coups de feu, d’entorses, de luxations , les maladies scrofuleuses ; elles réussissent quelquefois dans les engorgements des viscères du bas-ventre , dans la chlorose, les fleurs blanches , le relâchement des ligaments de la matrice , etc. M. le docteur Therrin en a obtenu de bons effets dans les accidents produits par la congélation.

Sous l’influence des eaux de Bourbonne , le système fibreux , les fibro-cartilages , acquièrent plus de mollesse; le tissu osseux lui-même participe aussi à ce ramollissement. « Les fractures, dit M. Magistel, s’opèrent plus facilement chez la personne qui prend les eaux que chez toute autre ; quelquefois le cal des fractures mal réduites subit un nouveau travail ; on est obligé de suspendre le traitement chez les personnes qui se sont fracturées récemment un os, et ce n’est que cinq â six mois après l’accident qu’elles peuvent prendre les eaux. » Il résulte de cette remarque faite depuis longtemps par M. Lefaivre , inspecteur honoraire , que les eaux de Bourbonne ne conviennent pas dans le rachitis , qui, comme l’on sait, consiste dans le ramollissement des os des membres et de la colonne vertébrale. Ces eaux sont nuisibles dans l’hémoptysie, la phthisie pulmonaire, les anévrismes, et dans toutes les maladies qui se rapprochent d’un état plus ou moins aigu , ou qui affectent des individus d’une constitution sanguine ou nerveuse.

On peut voir d’un seul coup d’œil dans le tableau suivant, dans quelles maladies les eaux de Bourbonne sont le plus favorables.

SALINES THERMALES

TABLEAU statistique des maladies traitées à Bour bonne- les- Bains, 1831 à 1836^ par M. Renard (Athanase).

NOMS

des

MALADIES

N OMBRE

de

chaque espèce de maladie.

OMBRE

des

malades guéris

NOMBRE

des malades soulagés.

NOMBRE

des malades ni guéris ni soulagés.

1 Rhumatismes musculaires , névralgies. . . .

Rhumatismes articulaires, arthritis, nodosités , goutte atonique .

Hydarthroseset tumeurs blanches des articulations .

Luxations spontanées. .

Diastases , entorses. . .

1 Ankylosés .

Diverses lésions du tissu osseux .

Accidens , suite de blessures , de coups , de chutes .

Hémiplégies .

Paraplégies .

Paralysies diverses. . .

Obstructions , aménorrhée , chlorose. . .

Affections scrofuleuses.

Accidents, suite de blessures par armes à feu (blessés dejuillet)(l).

(Il D’après un relevé de

En résumé, sur 400 malades, G2 ont été guéris, 248 soulagés, et 90 n’ont pas éprouvé d a-

M, Cbenu, chirurgien militaire , en 1831.

mélioration.

Mode d’ administration. On prend les eaux en boisson , bains , douches , étuve ; leur sédiment est rarement employé. On boit les eaux à jeun dans la matinée, jamais dans rintervalle des repas; la quantité moyenne est d’environ un litre. Prises à la source, les eaux passent avec la plus grande facilité et n’occasionnent ordinairement aucune pesanteur ni trouble dans les fonctions digestives malgré leur température élevée. On peut modérer leur activité en les mêlant avec du lait , de l’eau de gomme, ou une infusion de tilleul, toutes les fois qu’on craint d’irriter l’estomac ou les nerfs. Elles produisent sur le canal intestinal une excitation plus ou moins vive, qui est généralement suivie d’un effet purgatif assez soutenu. En cas de constipation, laquelle est nuisible h l’action des eaux, on arecours aux boissons délayantes, aux pilules laxatives, et si elle persiste, on cesse la boisson de l’eau thermale. — Quelquefois on associe avec avantage à l’administration des bains une eau minérale ferrugineuse qu’on trouve dans un village voisin de Bourbonne, appelé La Rivière, et qui a une action spéciale sur les reins et la vessie ; on s’en sert aux repas pour la mêler avec le vin.

On prend des bains , des demi-bains et des bains locaux ; en général , il faut essayer la constitution des malades en commençant par des bains tempérés et de courte durée , afin de prévenir les congestions sanguines vers la tête , la poitrine , l’épigastre et l’exaltation trop vive du système nerveux. La température des bains généraux doit rarement excéder 35 à 36" cent. ; la durée moyenne de l’immersion est de quarante minutes.

Les douches descendantes réunissent à Bourbonne toutes les conditions désirables. Leur usage est presque général soit en arrosoir, soit à tiers, demi ou plein piston, suivant le genre de maladie. On ne doit jamais laisser frapper la douche sur la tête , la poitrine , le ventre, et surtout vers la région du cœur ou celle du foie. Les parties du corps où son action peut

SALINES THERxMALl'S.

s’exercer le plus avantageusement sont le cou, le dos, les lombes et la face interne des membres. On en obtient de si bons effets dans les rhumatismes et les accidents suite de blessures , qu’il n’est pas rare de voir des militaires qui arrivent à Bourbonne avec des béquilles, ou le bras en écharpe, s’en retourner parfaitement guéris après avoir pris les bains et les douches.

Il existe deux cabinets de bains de vapeur, qui sont employés avec succès contre les douleurs rhumatismales. • — Les boues qui se rassemblent au fond des Bassins, loin d’être émollientes, sont un puissant astringent, et lorsqu’on veut s’en servir dans les maladies des articulations, il faut les mêler à une décoction de plantes mucilagineuses.

Pendant les premiers jours du traitement, la plupart des malades éprouvent de la lassitude , à laquelle succède bientôt une excitation générale. C’est particulièrement dans les huit premiers jours que l’on doit redouter des attaques d’apoplexie, une irritation vers la poitrine , l’estomac, les intestins, suivant les prédispositions du malade. Si ces maladies surviennent, il faut renoncer à l’usage des eaux et les combattre par les antiphlogistiques. Pendant la cure. Use manifeste souvent quelques symptômes, qui , loin d’être dangereux , annoncent presque constamment des révulsions salutaires : telles sont une salivation abondante , une expectoration plus ou moins copieuse, des urines épaisses, la diarrhée, des sueurs et des éruptions à la peau.

Les propriétés des eanx de Bourbonne résident dans des principes fixes, non évaporables; on peut donc conserver ces eaux longtemps sans altération. Aussi en transporte-t-on beaucoup dans les départements.

Il vient annuellement à Bourbonne six à huit cents malades de tous rangs et de toutes conditions, non compris les personnes qui les accompagnent comme amis ou gens de service et pouvant s’élever au nombre de quatre à cinq

EA.UX MINÉRALES

cents. Le produit annuel de la régie varie de 16 à 20^000 fr.; les charges générales ordinaires sont de 8 à 9,000 francs; on peut évaluer le numéraire laissé aux sources de250à300,000f., en comprenant dans cette somme les dépenses d'entretien des établissements civil et militaire (M. Lemolt).

Petit Traité des eaux et bains de Bourhonne , par Thibault ; Langres , 1658, in-8.

Traité des propriétés des eaux minérales de Bourhonne , par Nicolas Juy ; Chaumont , 1716, in-12. L’auteur donne une liste très-nombreuse de guérisons opérées par les eaux de Bourhonne.

Dissertation sur les eaux de Bourhonne , par René Charles, 1749 ; in-12.

2raité des eaux minérales de Bourbonne-les-B ains , par M. Baudry ; Dijon , 1736 , in-a.

Dissertation conte nant de nouvelles observations sur la fièvre quarte et l’eau de Bourhonne , par M. duvet; Chaumont, 1750 , in-8. L’auteur assure que les eaux de Bourhonne sont un très-bon fébrifuge , et sont préférables au quinquina. Il rapporte cinq observations de guérisons de fièvre quarte opérées par ces eaux.

mémoire et observations sur les ejfets des eaux de B ourhonne-les~ Bains , par M. Chevallier ; Paris , Vincent, 1772 , in-8. C’est un recueil de soixante-onze observations sur les effets des eaux de Bourhonne.

Essai pratique sur les eaux de Bourhonne , par Mongin-Mon trol ; Langres , 1810.

Extrait d’un mémoire sur l’analyse des eaux minérales de Bourhonne, par MM. Bosq et Bezu ( Bulletin de Pharmacie, tome B»’ , page 116).

JYotice sur les eaux minérales de Bourhonne-les-Bains , et observa-^ lions sur l’hôpital militaire de cette ville , par M. Therrin; 1813, in-12. Cette notice rassemble , dans un espace assez circonscrit , plusieurs notions variées et intéressantes.

Recherches et observations sur la composition naturelle de l’eau minérale de Bourhonne ’les-B ains , par M. Athenas {Recueil de mémoires de médecine militaire, tome XII).

lYotice sur Bourbonne-les-Bains , par M. Petitot; 1822.

Notice sur l’état actuel des bains civils de Bourhonne , par M. Lefaivre {Journal universel des Sciences médicales, juin , 1820, page 37 1).

Bourhonne et ses eaux thermales , par M. Renard (Athanase) ; Paris, 1826, 1 vol.in-18. Cet ouvrage mérite d’être consulté.

Kssai sur les eaux uùnérales Je Bourbonne-les-Bains ^ par M. Magistel J Paris , 1828 , broch. G5 pages. Cette dissertation est bien faite.

Notice sur B ourhonne et ses eaux thermales, par F. Lemolt ; 1830, broch. in-8, 30 pages.

CARLSBAD (Bohême).

Ville dont le nom signifie Bains de Charles, située à GO milles de Vienne, 16 milles de Prague. Elle est adossée à de hautes montagnes et se trouve entourée de bois, de forêts, de rochers, qui donnent au site un aspect pittoresque. C’est à ses eaux thermales, qui furent découvertes en 1370 par l’empereur Charles IV, qu’elle doit sa célébrité. Les maisons de Carlsbad sont généralement bien construites , tenues avec propreté et entourées de promenades délicieuses. L’édifice thermal est magnifique. Les eaux sont très-fréquentées depuis le 15 juin jusqu’au 15 octobre par des malades de toutes les contrées de l’Europe. Le séjour y est dispendieux.

Sources. On en voit un grand nombre sur les deux bords du Tépel , ruisseau qui traverse une vallée étroite et profonde ; nous n’indiquerons que les principales , qui ne sont séparées que par de très-petites distances : l*" le Sprudel;Ce%i la source la plus ancienne , la plus abondante et la plus chaude : elle est couverte d’un beau pavillon avec des colonnes; gie ; 3” \t ISeubrunnen; 4° le Mûhlbruttnen ; 5^ le Tlieresienbrunneit; 6“ le Schlossbrunnen , lequel avait disparu en 1809 et reparut spontanément en automne 1823 ; 7" le Bernluirdsbrunnen , qui est peu employé.

Propriétés physicjues. Les eaux de Carlsbad sont limpides et mousseuses au sortir de la source. Le Sprudel forme une colonne d’eau qui s’élève par secousses et avec bruit; les autres sources sont plus faibles, non bruyantes, mais leurs eaux coulent aussi par intermittences et comme par pulsations. La saveur des eaux de Carlsbad est légèrement saline, alcaline, mais ni astringente, ni désagréable; on la compare h celle de

l’eau de poulet légère. La quantité d’eau que fournissent les sources est très-considérable; le Sprudel en donne environ 330 livres par minute. Voici la température des sources : le Sprudel^ 73%7 cent.; le Neubrunnen, 62%5; le Mlihlbrunnen, 53%7 ; le Tlieresienbrunnen , 51°. Une grande partie de la ville est bâtie sur l’espèce de croûte formée par les sédiments des eaux graduellement accumulés ; les différents objets qu’on laisse séjourner dans les sources , tels que poissons, oiseaux, fruits, bouquets, etc., se couvrent promptement d’incrustations , phénomène qui a lieu également à la fontaine de Sainte-Allyre. (Loyc-z; Clermont.)

Analyse chimicfue. L’eau de Garlsbad a été analysée en 1770 par David Becher, en 1789 par Klaproth, et en 1822 par M. Berzélius, dont le travail peut être regardé comme un modèle d’analyse. Voici le résultat obtenu par ce savant chimiste :

Eau ( 1 litre).

lit.

Acide carbonique . 0,40

gr.

Sulfate de soude desséché. . 2,58713

Carbonate de soude id. . . 1,26237

Chlorure de sodium . 1,03852

Carbonate de chaux. . , . . 0,30860

— de magnésie. . . 0,17834

Carbonate de fer . 0,00362

— de manganèse. . . 0,00084

— de strontiane. . . 0,00096

Fluate de chaux . 0,00320

Phosphate de chaux . 0,00022

— d’alumine avec excès de base . 0,00032

SALIAES THEILMALES.

Propriétés médicales. En général les eaux de Garlsbad, prises en boisson , excitent les organes digestifs , produisent une légère purgation avec des selles assez liquides, mais sans colique ; il est très-rare qu’elles déterminent des nausées , si ce n’est chez les personnes très-délicates , ou lorsque l’estomac est le siège d’une irritation. Elles favorisent d’une manière très-marquée les sécrétions urinaires et cutanées; mais en même temps elles accélèrent le pouls , causent souvent des palpitations, et disposent aux congestions vers la tête. Un seul verre du Sprudel occasionne quelquefois un sentiment de constriction dans la tête , des vertiges ou de la pesanteur. Pendant la durée du traitement, les malades se trouvent lourds; ils éprouvent des douleurs et de la pression dans l’abdomen , qui se gonfle si les évacuations alvines n’ont pas lieu. Toutefois la purgation n’est pas indispensable à la cure, et quelque avantageuse qu’elle soit, on voit souvent les plus heureuses crises s’effectuer par des urines abondantes ou par des sueurs, et quelquefois par le concours simultané de ces effets. Quelques malades éprouvent des accidents dus à l’état de pléthore; ils se sentent échauffés, leur sommeil est agité; la saignée est alors nécessaire. Lorsque la cure est achevée, l’abattement qu’avaient éprouvé beaucoup de malades, et qui est le résultat de l’excitation des eaux, cesse de lui-même et sans le secours d’aucun médicament.

Les eaux de Garlsbad sont utiles dans les diverses affections chroniques du bas-ventre, les embarras muqueux des voies digestives , les flatuosités , la constipation , les obstructions du foie, de la rate, du mésentère, de l’épiploon, les fièvres quartes opiniâtres, la jaunisse, les calculs biliaires, l’hypocondrie, les hémorroïdes sèches ou fluentes. On les emploie aussi dans les maux de tête et les vertiges qui dépendent d’une affection de l’estomac, contre la goutte atonique, les dartres, les scrofules, les vers, la leucorrhée, les pâles couleurs, les vices de la menstruation, la stérilité; elles déter-

minent souvent l’expulsion de petits calculs urinaires; enfin elles ont guéri fréquemment de graves maladies en vertu d’une action aussi obscure que le paraissait elle-même la cause de ces affections.

Les eaux deCarlsbadsont si énergiques, elles suscitent dans toutes les fonctions une telle perturbation, qu’il faut en défendre r usage aux personnes d’un tempérament sanguin ou irritable; elles sont dangereuses dans tous les cas oü il existe de la fièvre ou de l’éréthisme. Elles sont très-nuisibles dans la phthisie pulmonaire, quel qu’en soit le degré, dans la diarrhée , dans les affections syphilitiques , le cancer, le squirre, les hydropisies , les anévrismes , le scorbut.

Mode (f administration. Les eaux de Carlsbad sont employées en boisson et en bains. En boisson, elles paraissent d’abord un peu désagréables, mais on s’habitue bientôt à leur saveur. Les eaux du Sprudel sont si chaudes qu’elles ne peuvent être portées à la bouche que par petites portions; quoiqu’elles purgent dans la plupart des cas, elles affaiblissent ordinairement si peu l’estomac qu’elles augmentent l’appétit plutôt que de le diminuer. Kreysig a vu souvent les eaux du Sprudel calmer les douleurs d’estomac. Il faut administrer les eaux de Carlsbad avec précaution et à petites doses et surveiller l’état des organes digestifs. Quand les eaux ne purgent pas, on ajoute un ou deux gros de sulfate de soude dans le premier verre. Pour employer convenablement les différentes sources de Carlsbad, il faut régler le choix des sources pour chaque individu d’après sa constitution, ses dispositions morbides, le degré de développement de la maladie ; dans les cas douteux , on doit commencer par les eaux moins fortes et en venir peu à peu à celles qui sont plus énergiques; leur activité est généralement en proportion de leur température ; peu de malades supportent le Sprudel dès le commencement de la cure ; beaucoup d’entre eux diminuent graduellement le nombre de verres d’eau minérale dans la dernière semaine.

SALINES THERMALES

On prend les bains dans des maisons particulières qui reçoivent l’eau des sources par des conduits souterrains ; mais les établissements les plus fréquentés se trouvent au Mübibrunnen et au Sprudel; pour tempérer la chaleur et Fénergie de l’eau thermale, on la mélange avec celle de la rivière. Les bains durent ordinairement une heure ; leur température est en général de Si à 35° cent. On a organisé près de la source d’Hygie des bains de vapeur.

L’eau naturelle de Carlsbad n’est pas transportable ; enfermée dans un vase quelconque , elle ne tarde pas à déposer un épais sédiment, et à contracter un goût et une odeur désgréables.

De r usage des eaux minérales de Carlsbad, etc., par Louis-Frédéric Kreysig ; Paris , 1829, in-18, 330 pages.

TOEPLITZ (Bohême).

Bourg d’environ 2,500 habitants, à 6 lieues de Leitmeritz. Cette localité est fort agréable, et présente plusieurs établissements thermaux.

Sources. Il y en a plusieurs, parmi lesquels on distingue le bain des Hommes^ le bain des Dames, le bain des Juifs, le bai?i des Princes , et la source du Jardin de d hôpital. Le bain des Hommes est le plus considérable , et fournit à presque tous les autres. Les eaux jaillissent avec une force extraordinaire.

Propriétés physiques. L’eau des sources est limpide, inodore, prend dans les bassins une couleur verdâtre ; sa saveur est légèrement salée; sa quantité est si grande, que le bain des Hommes fournit en une minute plus de quatre cents livres d’eau. La température des différentes sources est de 60à65°centa,

Analyse chimique. M. Berzélius a analysé l’eau de la source chaude de Steinbad ; voici les résultats qu’il a obtenus :

EAUX MÎAERAI.ES

Eau ( 1 litre).

gr-

Sulfale de potasse .

— de soude .

Carbonate de soude .

— de chaux .

Chlorure de sodium .

Phosphate de soude .

Carbonate de magnésie. . . .

Oxyde de fer . )

Sous-phosphate d’alumine. . . )

Silice .

Propriétés 7nédicales. Les eaux de Tœplitz sont recommandées dans les affections atoniques de l’estomac et des intestins, les maladies scrofuleuses, et dans les mêmes maladies que celles de Carlsbad.

On boit les eaux le matin, et on se baigne le soir.

LÜCQUES (Italie).

Grande et belle ville, capitale d’une principauté, située dans une vaste plaine, magnifique et très-fertile, à 17 lieues de Elorence , 4 de Pise , et 8 de Livourne. Les eaux thermales que l’on y trouve jouissent d’une grande réputation en Italie; Montaigne les a fréquentées.

Sources. Il y en a plusieurs. 1" La Villa jaillit d’une roche quartzeuse. 2 “La TrastuUina; ce nom est commun à six autres sources qui viennent se rendre dans le même bâtiment. 3“ La Mariée. Cette source , connue très-anciennement sous le nom û" Amoureuse , a changé son nom contre celui de Maritana, parce qu’on a prétendu qu’elle détruit la stérilité. 4® La dei Fontino est assez abondante , et alimente quatre petits bains. 5" La Douche Rouge est renfermée dans un grand bâtiment;

elle est très-abondante. 6“ La Doccione fournit une grande quantité d’eau pour Fusage des douches; près d’elle se voit l’étuve. 7" La Désespérée , ainsi dénommée, parce qu’on a prétendu sans motif qu’elle fait des merveilles, lorsque les autres sources échouent. 8° La Coronale , que l’on a crue sans raison spécialement convenable aux maladies de la tête. 9“ Saint- Jean. Cette source alimente sept bains en marbre , plus vastes que ceux de la ville : ils sont destinés à différentes classes d’individus; l’un aux cavaliers^ l’autre aux dames; celui-ci aux hommes, celui-là aux femmes; le cinquième est consacré aux juifs; le sixième aux femmes de la même nation ; le septième enfin sert aux domestiques ; ils sont entourés de cabinets de toilette. 10" La Bernabo; elle tire sou nom d’un habitant de Pistoia.

Propriétés physiques. Elles diffèrent peu dans les différentes sources , dont les eaux sont limpides , inodores. La saveur de la Villa est doucereuse , légèrement salée ; cette source , ainsi que la Bernabo, dépose un sédiment ocracé, d’un rouge obscur; outre ce sédiment, la Douche Rouge fournit une étonnante quantité d’incrustations salino-terreuses. La chaleur et le volume de toutes les sources sont identiques dans toutes les saisons. Voici la température de chaque source : la Villa, 41" 2 cent.; la Trastullina, 40" ; la Mariée, 43" 7; del Fontino, 46" 7; la Douche Rouge, 47" 5; Doccione, 53" 7; la Désespérée, 45"; la Coronale , 43" 7; Saint-Jean , 38"; Bernabo, 43", 7 cent. La pesanteur spécifique de l’eau des sources est supérieure à celle de l’eau distillée.

Analyse chimique. La nature des eaux de Lucques a été l’objet des recherches de plusieurs médecins célèbres, tels que Fallope et Donati ; mais la seule analyse que l’on puisse rapporter ici est celle de Moscheni , dont on voit les résultats dans le tableau suivant.

TABLEAU de L’ancdyse des dix sources de Luccfues, par M. MOSCHENI.

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