‹ Manuel des eaux minérales naturellesChapitre 72 sur 104 · EAU THERMALE SALINE · texte numérisé non relu

EAU THERMALE SALINE

Chlorure de sodium .

Carbonate de soude .

— de chaux mêlé d’un

peu de magnésie .

Silice .

Matière bitumineuse végétale. .

gi’-

quantité indéterminée.

SOURCE FERRUOINEUSE.

Chlorure de sodium .

gr.

Sulfate de soude .

Carbonate de chaux .

Silice .

Matière organique .

Oxyde ferroso-ferrique. , . .

Sulfate de chaux .

traces.

Perte .

M. Longchamp fait remarquer que la matière organique qui se montre dans le réservoir de l’eau ferrugineuse deLuxeuil n’est pas delabarégine, qu’elle n’en a pas les caractères physiques , et que la portion qui se trouve dans les sels n’en a aucun des caractères chimiques; mais il dit qu’il serait possible que celle qui fait partie du résidu insoluble dans l’eau fût bien réellement de la barégine.

Propriétés médicales. En boisson les eaux thermales de Luxeuil facilitent la sécrétion des urines et de la transpiration 5 excitent légèrement la membrane muqueuse de l’estomac et activent un peu la circulation; toutefois elles sont moins stimulantes que celles de Plombières ^ et sous ce rapport conviennent mieux aux personnes d’une constitution frêle et délicate. On les administre avec avantage dans les maladies nerveuses , la gastralgie , les vomissements opiniâtres sans lésion organique , la stérilité , les maladies cutanées avec éréthisme , les rhumatismes nerveux , les paralysies locales , etc. La source d’Flygie fut très-utile en 1719 aux habitants des

environs de Luxeuil, lesquels étaient tourmentés par une dyssenterie épidémique. On recommande aussi cette eau dans le crachement de sang. La source ferrugineuse est utilisée dans la chlorose, les fleurs blanches, lagravelle.

Mode d’administration. On administre les eaux de Luxeuil sous toutes les formes ; on boit l’eau des Cuvettes soit pure , soit mêlée avec du lait ou avec les sirops de capillaire ou de guimauve.

On prend le plus ordinairement les bains dans les piscines ; les personnes des deux sexes, couvertes d’une longue robe en toile grise, s’y rencontrent à la fois, sans qu’on observe rien de contraire à la décence.

Les douches et les étuves doivent être employées avec réserve à cause de leur énergie.

Les sources appartiennent à la ville et sont en régie. En 1835, le produit des eaux a été de 9,000 francs ; il est venu à Luxeuil 567 malades, qui ont laissé dans le pays environ, 280,000 fr. La durée moyenne du séjour est de 25 jours.

Essai historique sur les eaux de Luxeuil , parM. Fabert ; 1773, in-12.

Notice sur Luxeuil, par M. Molîn ; 1833, in-8, 120 pages. Cette notice est bien faite.

BAINS (département des Vosges ).

Petite ville de deux mille âmes, â 5 lieues d’Épinal, 3 de Plombières, 5 de Luxeuil, 91 deParis; les routes d’Épinal, de Mirecourt et de Luxeuil y aboutissent. Cette ville est située dans un beau vallon dirigé de l’est à l’ouest, et traversée par un petit - ruisseau appelé Baignerot. Le peu d’élégance de l’établissement thermal ne répond pas à l’abondance de ses sources et à la beauté de ses bassins ; il en est de même des logements , qui, quoique assez nombreux pour recevoir trois cents étrangers, ne sont plus en rapport avec l’état actuel de la civilisation : aussi la plupart des baigneurs ne viennent que des départements voisins et appartiennent à la classe moyenne. Les

SALINES THERMALES

environs présentent des bois et des promenades agréables. On prend ordinairement les eaux pendant vingt-un jours, depuis le 15 juin jusqu’au 15 septembre. Médecin inspecteur, M. Bailly.

Sources, Elles sont nombreuses et servent à alimenter les bains; on en compte huit principales, dont voici les noms et la température d’après M. ^dX\\Y {rapport 1835).

La Savonneuse .

La Féconde .

La Grosse source. . . .

La Romaine .

Source tiède ou des Pro-

Le Robinet de Fer. . . .

menades .

La Tempérée. .....

La Vache . .

Toutes ces sources fournissent en vingt-quatre heures deux cents mètres cubes.

L’établissement thermal se compose de trois bâtiments. 1" Le Vieux Bam offre deux bassins qui peuvent contenir trente à trente-cinq personnes , et dont la température varie entre 39" et 44" cent., six baignoires, deux douches, deux étuves et cinq vestiaires. 2“ Le Bam Neuf a été construit en 1750 ; il présente dans une vaste salle trois bassins gradués , dont la température est de 32 à 36" cent., et qui peuvent recevoir chacun trente personnes, plus quatre douches descendantes, une douche écossaise, deux douches ascendantes, dix cabinets pour baignoires particulières , et seize vestiaires au pourtour des bassins. 3" La source de la Vache, renfermée dans un petit bâtiment, ne sert qu’à la boisson.

Propriétés physiques. L’eau de toutes les sources est incolore , sans odeur, lorsqu’elle est froide; chaude , elle dégage une légère odeur d’hydrogène sulfuré ; sa saveur est fade et légèrement salée. Sa pesanteur spécifique est à peu près égale à celle de l’eau distillée.

Analyse chimique. Examinée par M. Vauquelin, la source du Robinet de Fer contient:

Eau ( 1 litre).

gr-

Sulfate de soude cristallisé. . . 0,280

— de chaux . 0,080

Chlorure de sodium . 0,080

Silice et magnésie . traces.

M. Bailly a remarqué que l’eau thermale , au moment où elle sort de la terre , laisse dégager un gaz ; que la fontaine de la Vache et la source la moins chaude du Bain Neuf sont chargées d’un huitième de plus des mêmes principes que les autres sources; et que quand elles n’ont pas été fréquentées depuis quelque temps ^ il se dépose sur les pierres qui les entourent des incrustations salines.

Propriétés médicales, La douceur des eaux thermales de Bains, l’action lente et presque insensible qu’elles exercent sur l’économie , y attirent chaque année un grand nombre de femmes (700 sur 915 baigneurs ), de valétudinaires, et de personnes délicates, épuisées par de longues maladies ou des traitements variés et infructueux. Aussi ces eaux sont recommandées dans les convalescences pénibles, les affections nerveuses, telles que l’hystérie, l’hypocondrie, la chorée, les névroses gastro-intestinales, la dysménorrhée par éréthisme, les maladies cutanées récentes, les accidents qui surviennent à l’époque critique, les rhumatismes nerveux, et enfin, dans toutes les maladies où il faut calmer la douleur et opérer le relâchement des tissus.

Mode d’administration. En boisson , on emploie l’eau de la source de la Vache, qui est laxative, excite l’appétit, facilite la digestion , provoque les urines. On prétend que cette eau est nuisible à l’émail des dents : aussi a-t-on l’habitude de mâcher un peu de pain après l’avoir bue; on la coupe souvent avec du lait ou un sirop adoucissant. On associe presque constamment â la boisson les bains, les douches, les étuves.

SALINES THERMALES

qui , en excitant le système cutané , déterminent des sueurs salutaires, et quelquefois une éruption miliaire qui n’est point dangereuse. On se baigne dans des baignoires ou dans des bassins communs. Ceux-ci sont remplis d’une eau minéro-thermale très-abondante, qui se renouvelle continuellement, dont la température est fixée, et graduée par le médecin inspecteur : les deux sexes y sont mêlés sans qu’on y ait jamais observé rien de contraire aux bienséances. Les vestiaires sont nombreux, situés au pourtour de la salle qui est vaste et bien éclairée ; en un mot, ces bassins sont tellement commodes par la décence qui y règne , les conversations qui s’y établissent , et une gaîté douce qui a toujours ses bornes, que les personnes du meilleur ton préfèrent se baigner en commun que d’aller s’ennuyer dans un cabinet où l’on ne voit que la personne de service.

Les sources appartiennent à des particuliers ; le nombre des baigneurs a été en 1835 de 915, qui ont laissé dans le pays environ cent mille francs.

Mémoire sur les eaux thermales de Bains en Lorraine, par M. Morand [Journalae médecine, février 1757, page 114). L’auteur regarde les eaux de Bains comme plus efficaces que celles de Plombières.

Dissertation chimique sur les eaux minérales de la Lorraine, par M. Nicolas J 1778 , in-8.

Essai sur les eaux de Bains , par M. Thiriat; 1808.

NÉRIS (département de l’Ailier).

Bourg de huit cents habitants, situé dans un vallon qui s’ouvre sur les bords du bassin du Cher, à 80 lieues de Paris , une de Montluçon, 18 de Moulins, 14 de Clermont ; il est traversé par la belle route de Paris à Nîmes ; plusieurs diligences entretiennent des communications faciles avec Clermont et Bourges. On y remarque un cirque romain autour duquel on a planté un très-beau jardin. Il n’est pas douteux, d’après l’existence de ce cirque et ies ruines de l’ancien monument

EAUX MINERALES

thermal qui a été déterré dans ces derniers temps, queNéris n’ait été une cité opulente lorsque les Romains dominaient dans les Gaules. A Néris, le climat est doux, l’air salubre ; le pays est rempli de sites et de paysages agréables ; on va visiter les ruines pittoresques du château de l’Ours , du château de Menât , etc. Un superbe établissement thermal sur le point d’être achevé permettra de prendre à volonté des bains dans des baignoires , dans des piscines , des bains et des douches à divers degrés de température. Néris offre plusieurs hôtels qui peuvent recevoir trois cents étrangers et dans lesquels on se procure facilement les objets nécessaires à la vie. — Un hôpital assez étendu est destiné aux indigents. La saison des eaux dure depuis le 20 mai jusqu’au 15 octobre; on a l’habitude de prendre les eaux pendant 20 à 25 jours. — Médecin inspecteur, M. Falvart de Montluc, qui administre les eaux de Néris avec autant d’habileté que de prudence.

Sources, Les fouilles qu’on a faites en 1832 ont fait découvrir six puits, construits probablement par les Romains et communiquant entre eux. On peut dire qu’il n’y a qu’une seule source, car les griffons, remarque M. Longcharap, sont si rapprochés qu’on ne peut pas douter qu’ils n’aient une même origine. Toutefois on distingue le puits de la Croix, qui sert à la boisson.

Propriétés physiques. Les eaux de Néris sont limpides, onctueuses ; chaudes , elles exhalent une odeur fade. Leur température, d’après M. de Montluc, est de 5 U cent, dans toutes les saisons. Les sources produisent mille mètres cubes d’eau en vingt-quatre heures. On voit sur les parois des bassins une grande quantité de limon ou matière végéto-animale qui est formée par une plante thermale [anabaina monticulosa) qui se développe dans ces eaux par l’exposition au contact de l’air et de la lumière ; cette végétation augmente ou diminue avec la température atmosphérique.

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Analyse chimique. L’eau de Néris a été l’objet des recherches de MM. Mossier, Vauquelin, Boirot-Desserviers , Berthier et Longchamp. Ce dernier chimiste croit qu’il se dégage à la source de l’azote parfaitement pur et que l’eau contient, mais en petite quantité, du carbonate de soude, du chlorure de sodium , du sulfate de soude , outre un peu de chaux et de silice. Voici l’analyse de M. Berthier.

SELS SECS. SELS CRlSTALLISÈvS.

gi*. gr.

Bi-carbonate de soude. . . . 0,37 - 0,42

Sulfate de soude . 0,37 - 0,84

Chlorure de sodium . 0,20 - 0,21

Carbonate de chaux et silice. 0,17 - 0,17

En supposant la soude à l’état de carbonate neutre , on a les résultats suivants :

Carbonate de soude neutre. .

Sulfate de soude .

Chlorure de sodium .

Carbonate de chaux et silice.

Dans un séjour prolongé qu’il fit à Néris pendant l’été de 1834, M. Robiquet, membre de l’Institut, a analysé le gaz qui se dégage des sources : il a reconnu que l’azote renfermait deux à trois centièmes d’acide carbonique ; que l’air qui se dégage de l’eau de Néris par l’ébullition contient 38 pour 100 d’oxygène, proportion qui dépasse de beaucoup nonseulement celle de l’air atmosphérique, mais encore celle de l’air que l’on rencontre ordinairement dans les eaux pluviales , où ce gaz excède rarement 32 pour cent. Voici les

causes auxquelles M. Robiquet croit pouvoir rapporter ce phénomène. « L’eau ^ dit-il, chassée des profondeurs du globe par suite de sa propre vapeur ou de toute autre cause , rencontre, chemin faisant, dans les routes sinueuses au travers desquelles elle se fraie un passage, des espèces de grottes ou réservoirs d’air, et une partie de cet air est entraînée par le mouvement d’impulsion ; les deux fluides marchent de concert et indépendants en quelque sorte l’un de l’autre jusqu’à ce que d’étroits sentiers se présentent et les obligent à se confondre pendant un certain temps. Il résulte de cette espèce de collision , qu’on me pardonne l’expression , que l’oxygène est retenu par l’eau, tandis que la majeure partie de l’azote conserve sa liberté. C’est ainsi en passant par cette espèce de filière , et en y subissant une grande compression, que doit se produire la combinaison azotée que nous retrouvons dans ces eaux. Il n’y a rien là, si je ne m’abuse , que puisse repousser une saine raison. »

Propriétés médicales. Les eaux de Néris jouissent d’une assez grande réputation ; leurs effets varient suivant le degré de température auquel on les administre ; en général elles accélèrent la circulation , augmentent la transpiration ou portent aux urines. C’est sans doute au limon abondant dont elles sont pourvues qu’elles doivent la vertu de calmer la douleur dans les maladies qu’elles ne guérissent point, et d’être efficaces dans les maladies nerveuses (névralgies, gastralgies, hystérie , sciatique , catalepsie) , dans les raideurs musculaires et articulaires, les rhumatismes nerveux la goutte, les hydarthroses,laparalysie, les désordres de la menstruation, la leucorrhée, les maladies cutanées avec éréthisme, les convalescences à la suite de couches laborieuses. Les malades affectés de névroses, de rhumatismes et delà goutte forment les quatre cinquièmes de la population de ces eaux. Les goutteux ne guérissent pas à Néris , mais ils améliorent ordinairement leur santé pour une année, pendant laquelle les accès de goutte manquent ou

SALINES THERMALES

sont légers, M. Falvart de Montluc, qui a bien voulu nous communiquer ces renseignements a remarqué que les eaux de Néris réussissent fort bien dans certaines phlegmasies chroniques des voies digestives, et surtout dans les affections qui ont été la suite du choléra.

Les eaux dont nous parlons n’ont aucune efficacité contre les maladies du foie , les engorgements des viscères abdominaux et les maladies de la poitrine. Elles sont nuisibles dans les congestions cérébrales et dans les palpitations dont la cause n’est pas rhumatismale.

Mode d’ administration. Les habitants de Néris, même en santé, se baignent tous les samedis, en hiver comme en été, dans les piscines, et l’on remarque que parmi eux les rhumatismes, les affections nerveuses et les maladies de la peau sont très-rares ; dans les cas d’indigestion ou de coliques nerveuses, ils en usent en guise de thé. Ces eaux sont recherchées par les bestiaux ; elles cuisent bien les légumes et servent à la préparation du pain et des aliments.

Dans les maladies , on se sert en boisson des eaux du Puits de la Croix : on en boit depuis 3 ou 4 verres jusqu’à 15 ou 20 le matin ou dans la journée ; depuis quelques années on en boit aux repas lorsqu’elles sont refroidies. Ces eaux se digèrent promptement , augmentent les urines et la transpiration. Malgré leur grande chaleur, elles ne causent point de douleur à l’estomac; on peut les couper avec du lait.

L’établissement thermal n’étant point terminé , on prend les bains aux piscines ou dans les hôtels. Ceux des piscines sont toujours réglés à 43" cent, et durent depuis 6 jusqu’à 15 minutes ; dans les hôtels , les bains ordinaires ont une température de 35 à 36" cent, durent une heure et quelquefois plus longtemps.

Les douches descendantes ordinaires ont de 10 à 15 pieds d’élévation , 45" cent de chaleur et durent un quart d’heure. Les douches chaudes ont 46 à 48" et durent 5 à 6

minutes; les douches tempérées de 35 à 42" sont courtes et souvent en arrosoir.

Les vapeurs spontanées qui chauffent les étuves n’ont que 40", c’est-à-dire 11 de moins que le réservoir qui les fournit. On espère dans les nouvelles étuves qu’on projette obtenir une plus grande chaleur.

Le limon ou matière végéto-animale est administré en frictions et en bains partiels, jamais en cataplasmes, parce que cette substance se refroidit promptement et se résout en eau.

M. de Montluc admet trois modes de traitement qu’il emploie suivant les maladies et la constitution des sujets. 1" Le traitement doux est indispensable dans les maladies nerveuses ou celles qui sont accompagnées d’une grande irritabilité ; il consiste à prendre les eaux en boisson , des bains d’une heure à deux heures et même plus longtemps à 32 ou SS'’ cent., rarement des douches, ou bien on les administre faibles et courtes entre SS" et 42". Ge traitement présente actuellement des difficultés à Néris par l’insuffisance de l’eau minérale refroidie et des baignoires , dont le nombre n’est plus en rapport avec celui des malades, qui s’est beaucoup accru ; on ne peut que difficilement par conséquent donner aux bains le degré de température convenable. Pour remédier à ce double inconvénient, on se propose d’établir, ce qui est urgent pour la prospérité de l’établissement, des piscines tempérées, vastes et profondes , où plusieurs malades pourront passer deux ou trois heures à causer, jouer, nager, et y trouver les distractions propres à faire du remède un amusement.

2" Les rhumatismes chroniques et les maladies qui affectent des sujets robustes exigent un traitement plus actif; on donne alors des bains de piscines, des douches prolongées et chaudes à 46"; des bains de vapeur, quelquefois des douches dans les étuves, et on applique le limon à haute température. Administrées sous ces formes actives , les eaux

SALINES THERMALES

de Néris accélèrent la circulation , déterminent des sueurs abondantes , rendent les urines bourbeuses et produisent une excitation générale.

3“ Enfin il est des maladies qui, après avoir résisté à ces deux modes de traitement, ne cèdent qu’à une perturbation, plus ou moins vive ; ainsi M. de Montluc a vu des rhumatismes et des névralgies, rebelles aux moyens ordinaires, s’amender ou guérir par l’emploi de douches fraîches administrées dans les étuves, des accès de névralgies s’arrêter au moyen d’affusions froides.

La durée du traitement est ordinairement de vingt-deux jours, quelquefois de 32, chez les femmes surtout à cause de la suspension des eaux pendant l’époque menstruelle.

Pour la curation des maladies , M. de Montluc ne fait usage presque que des eaux thermales sous toutes les formes ; quelquefois cependant il associe aux bains de Néris, suivant les indications, la boisson des eaux de Vichy, de Saint-Pardoux ou du Mont-d’Or.

Depuis dix ans le produit des eaux de Néris, qui appartiennent à l’État et qui sont en régie , a doublé comme le nombre des malades : en 1835 , il a été de 10,600 francs ; mille étrangers sont venus à Néris en 1836, et ont laissé dans le pays environ 260,000 francs.

Recueil d’antiquités égyptiennes^ étrusques, romaines, etc., parle comte de Gaylus; 1761, in-4. On trouve, tome IV, page 370, une courte notice sur Néris.

Description et analyse des eaux minérales de JVéris , par M. Michel {Journal de Médecine , août 1766).

Mémoire sur les eaux thennales de JVéris, par M. Philippe ( Z de Médecine , janvier 1786 ).

Recherches et observations sur les eaux thermales de JVéris , par Boirot-Desserviers ; Paris , 1822, in-8.

Analyse des eaux de JVéris, par M. Berthier ( des Mines , tome VI, page 311 ).

Réjîexions sur les eaux thermales de JVéris, par M. Robiquet [Jour-

418 MÜX MINÉRALES

nal de Pharmacie, 1835, page 583). Ce mémoire contient des Yues neuves et des remarques d’un haut intérêt pour l’hydrologie.

EMS ( duché de Nassau ).

Village situé sur la rive droite de la Latin ^ à 2 lieues de Coblentz. Les sources thermales qu’on y voit sont connues depuis Fan 1355; leur célébrité y attire tous les ans une société nombreuse^ depuis le mois de juin jusqu’au mois de septembre. Elles offrent tous les agréments et les commodités que l’on peut désirer dans un établissement thermal.

Sources, On en distingue trois : l’une est froide, on l’appelle Kranchen; les deux autres sont thermales : Fune d’elles est connue sous le nom de Kesselbrunnen , l’autre appartient à la famille Thilenius et sert à alimenter leur hôtel des bains.

Projwiétés physiques. Les eaux des différentes sources ne diffèrent guère que par leur température , qui varie de 23° à 55° cent. Elles sont très-limpides, d’une odeur légèrement alcaline , et d’une saveur un peu acidulée saline.

Analyse chimique. Elle a été faite en 1825 par Trommsdorff :

Eau (1 litre).

lit.

Acide carbonique . 0,57 8

Bi-carbonate de soude . 2,06

Sulfate de soude . 0,05

Chlorure de sodium . 0,15

Carbonate de chaux . 0,07

— de magnésie. . . . 0,07

Silice . 0,02

Chlorure de calcium et matière

extractive . traces.

SALINES THERMALES

M. Caventou a fait en 1835 une analyse qualitative des trois sources d’Ems^ et il y a trouvé du îer , excepté dans celle de Resselbrunnen.

Propriétés médicales. Les eaux d’Ems exercent une action douce ^ lentement graduée, sans provoquer de mouvement critique apparent. On les prescrit souvent comme préparatoires à l’usage des eaux ferrugineuses d’Eger. Elles sont en général bien supportées par l’estomac, -excitent la secrétion urinaire ou la transpiration cutanée , et ne sont pas laxatives. Elles sont si douces, si calmantes, qu’elles sont recherchées par les femmes , par les hommes d’une constitution faible et délicate , et qu’elles sont très-salutaires dans les spasmes hystériques, la chorée et toutes les maladies nerveuses, dans la goutte , la chlorose, les affections hémorroïdales, les engorgements scrofuleux, les gonflements articulaires. Mais c’est surtout dans les maladies chroniques du poumon avec éréthisme, l’hémoptysie, la phthisie imminente ou commençante, que les eaux d’Ems ont acquis une grande réputation ; elles sont également fréquentées pour la stérilité : c’est même à cette propriété que l’une des sources doit son nom de Biibenquelle , c’est-à-dire source aux Garçons; on y administre une douche d’eau thermale naturelle dont Faction sur les organes génitaux de la femme provoque une sorte d’excitation voluptueuse qui peut être nuisible : aussi est-il essentiel de surveiller avec soin l’administration de ces douches.

Mode d’ administration. On boit les eaux d’Ems à la dose de quatre à six onces à lafois, qu’on répète à quinze ou vingt minutes d’intervalle; on peut en prendre quatre, six, dix verres et même davantage, suivant les circonstances. Dans les maladies chroniques de la poitrine, on peut couper les eaux avec le tiers ou le quart de lait.

Les bains forment presque généralement à Ems le principal moyen de la cure; ils ont une action si douce, pourvu qu’ils soient pris à la température de 30 à 35" cent, qu’ils

"^20 eaux minérales

réussissent aux personnes les plus faibles ou d’une grande susceptibilité nerveuse.

De l’usage des eaux minérales de Carlshad ^ Ems ^ etc., par Fred. Louis Kreysig; Paris , 1829 (traduction française ).

yipercu sur les bains et eaux minérales du mont Tonnerre, par le docteur Heyfelder; Stuttgard , 1834, broch.in-8.

IVote sur quelques eaux minérales des bords du Rhin, par M. Caventou ( Bulletin général de Thérapeutique , tome IX, page 289).

SCHLANGENJSAD ( duché de Nassau ).

Bourg situé dans la délicieuse vallée du Rhin , non loin de Mayence, entre Wisbade et Schwalbach. On y trouve des sources thermales dont la température est de 30” 50 cent. Elles contiennent, dit-on, du carbonate de soude, du talc, de rhydrochlorate de soude , de l’acide carbonique. Elles sont onctueuses. On les emploie plus souvent en bains qu’en boisson ; en bains , elles calment l’excitation nerveuse et sanguine , donnent de la souplesse à la peau, et sont plus douces que celles d’Ems. On les recommande dans les affections nerveuses, l’hystérie , l’hypocondrie , la dysménorrhée par éréthisme, les maladies cutanées compliquées d’inflammation. On est obligé d’échauffer l’eau thermale pour les bains que l’on prend d’abord à 32” 5 ou 36” cent., pendant dix minutes; plus tard, on peut en prolonger la durée et réduire la température du bain à 30”.

Aperçu sur les bains et eaux minérales du mont Tonnerre , par le docteur Heyfelder; Stuttgard, 1834, broch. in-8.

BAGNÈRES-DE-BIGORRE ou BAGNÈRES-ADOUR ( département des Hautes-Pyrénées ).

Jolie petite ville de la vallée de Campan, sur l’Adour, située à 567 mètres au-dessus du niveau de la mer, à 23 lieues de Toulouse, 5 de Baréges, 4 de Tarbes, 212 de Paris. Des

SALINES THERMALES

routes bien entretenues permettent des communications faciles avec Tarbes, Montrejean, Lourdes et Baréges. La ville, dont la population est de huit mille âmes, peut recevoir plus de quatre mille étrangers ; sa position au pied des Pyrénées , dans une riante plaine que fertilise l’Adour, la propreté des maisons et des rues sans cesse balayées par des courants d’une eau vive, l’abondance des vivres de toute espèce, la douceur du climat, la beauté des environs, le grand nombre de sources variées dans leur température et leurs vertus , en font un lieu que la nature semble avoir comblé de tous ses bienfaits. Les nombreux étrangers qui s’y rendent avant d’entrer dans les Pyrénées, ou qui viennent s’y distraire après avoir quitté les autres thermes , trouvent à Bagnères les agréments les plus variés, des logements commodes, meublés avec élégance, un cabinet de lecture, une salle de spectacle et de fort beaux salons dans lesquels ont lieu des bals très-brillants. La saison des eaux dure depuis le commencement de juin jusqu’au 15 octobre. Les établissements de bains sont nombreux. — Il existe une église. — Les indigents sont reçus dans un hôpital. Médecin inspecteur , M. Ganderax , qui a publié sur ces eaux un ouvrage intéressant auquel nous avons emprunté la plupart des détails qui suivent.

Etablissements de bains et sources, Bagnères repose , pour ainsi dire, sur une rivière d’eau thermale, et otfre toutes les facilités pour fonder de vastes piscines. Il suffit en effet pour avoir de l’eau thermale de percer verticalement le sol de la plaine ; on arrive promptement au centre souterrain de l’eau, et au ' moyen d’un tube ou canon de pompe qu’on place dans le trou, ce liquide minéral jaillit à la surface.

Les sources de la Reine, du Dauphin, de la Fontaine Nouvelle, de Roc de Lannes, de Foulon, de Saint-Roch et des Yeux ont été réunies dans un magnifique établissement {Thermes de Marie-Thérèse) que la ville a fait élever, et qui est remarquable par la profusion avec laquelle on a employé

les plus beaux marbres des Pyrénées. Cet édifice majestueux, entouré de jardins, renferme vingt-neufbaignoires en marbre, quatre appareils à douche, une étuve, deux buvettes.

Il y aMe plus à Bagnères plusieurs établissements particuliers assez bien entretenus; voici leurs noms, le nombre des sources et des bains :

Salut .

10 bains, i buvette.

3 sources (4).

Grand Pré .

4 bains, \ buvette.

2 sources.

Carrère-Lannes. . . .

4 bains, 4 buvette.

2 sources.

Thermes de Santé. .

5 bains.

4 source.

Versailles .

4 bains.

2 sources.

Petit Prieur .

2 bains.

2 sources (appart. à l’Hôpital).

Belle- Vue .

10 bains, 5 douches.

4 source.

Petit Baréges .

2 bains.

2 sources.

Gazaus .

6 bains, 2 douches.

2 sources.

Théas .

3 bains, 2 douches.

4 source.

Mora .

2 bains.

2 sources.

Lasserre .

4 bains, 2 buvettes.

3 sources.

La Gutière .

40 bains, 2 douches.

2 sources.

Pinac .

6 bains,' 2 buvettes.

6 sources (2).

La fontaine de Salies^ qui appartient à la ville et qui est la plus abondante de Bagnères, n’est utilisée dans aucun établissement. Il existe encore deux sources ferrugineuses, dont l’une est une propriété de la ville et se nomme fontaine d’Angoulêîne; l’autre appartient aux dames Carrère.

La source sulfureuse de Labassère est sur la rive gauche du Loussonnet, à 2 lieues de Bagnères; non loin de là, on

(1) Cet établissement nécessite de grandes réparations.

(2) Parmi ces sources, il y en a une ferrugineuse, et l'autre sulfureuse. Celle-ci sourd dans un endroit où l'on trouve une couche très-épaisse d'une excellente tourbe. Il est certain que cette eau acquiert scs qualités sulfureuses en traversant celte tourbe, et qu'elle les perdrait si on enlevait cette substance , et si ou découvrait le lit de sable et de gravier dans lequel coulent les eaux thermales. L’analyse de cette source sulfureuse n'a point fourni à M. Fontan de sulfure de sodium. En 1830, on avait cru découvrir une véritable source sulfureuse à Bagnères, dans un terrain d'alluvion formé en grande partie de détritus de végétaux; mais ces détritus ayant été enlevés dans des fouilles qu'on exécuta, l’eau cessa d'élre .sulfureuse.

S4L1NES THEPxMALES. 4^2$.

trouve une source de même nature, qu’on nomme fontaine d' Aranon.

Propriétés physiques. Les eaux de Bagnères sont limpides, très-transparentes ; exposées à l’air, elles n’éprouvent pas la moindre altération. Cependant celles de la Reine et du Dauphin, après avoir séjourné quelque temps dans leur réservoir, présentent à leur surface une substance gélatiniforme. Elles donnent au marbre blanc sur lequel elles coulent une couleur rouille d’un brun léger ; il se forme dans les tuyaux conducteurs, réservoirs, bassins et canaux de fuite des sources, un dépôt rouge, ferrugineux, plus ou moins abondant. Les sources sulfureuses de Labassère et de Pinac déposent une substance blanchâtre glaireuse. — La saveur des eaux de Bagnères est fade, puis légèrement astringente; celle de Labassère est douce et ne produit aucune impression au goût. Les sources ferrugineuses ont un goût métallique qui est bientôt remplacé par une saveur légèrement styptique et fraîche. En général , ces eaux n’ont point d’odeur, excepté les sources de Pinac et de Labassère , qui répandent constamment celle de l’hydrogène sulfuré.

Les tableaux qui suivent présentent : 1“ la température des sources , leur volume et la pesanteur spécifique de chacune d’elles; 2° V analyse des sources nombreuses de Bagnères, laquelle a été faite avec soin par le docteur Ganderax et M. Rosière, pharmacien à Tarbes. Quoique la plupart de ces eaux offrent peu de dissemblance, et n’aient fourni qu’une petite quantité de principes minéralisateurs néanmoins l’exactitude que nous avons mise Jusqu’à présent à faire connaître les travaux analytiques nous a engagés à indiquer l’analyse de toutes les sources de Bagnères.

SOURCES

TEMPÉRATDRE

flU

thermom. centigrade.

VOLÜME d’eau que les sources

fournissent

par heure.

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