‹ Manuel des eaux minérales naturellesChapitre 74 sur 104 · SOURCE SULFUREUSE DE · texte numérisé non relu

SOURCE SULFUREUSE DE

PINAC.

Acide carbonique .

— hydrosulfurique .

1 q. ind.

gi'.

Chlorure de magnésium. . . .

— de sodium .

Sulfate de chaux .

— de magnésie. ....

Sous-carbonate de chaux. . .

— de magnésie. .

Substance grasse résineuse. . .

— extractive végétale.

Silice .

Perte .

SOURCE SULFUREUSE DE LABASSERE (l).

Acide carbonique .

lit.

— hydrosulfurique. . . .

Hydrosulfate de soude. . . .

Sous-carhonate de soude. . . .

Matière végéto-animale. . . .

Silice .

Perte .

FONTAINE FERRUGINEUSE d’ANGOULÊME.

M. Yauquelin a analysé en 1817 l’eau de la fontaine d’Angoulême; il y a trouvé : de l’oxyde de fer, du carbonate de potasse , une matière

végétale brune , une petite quantité de chlorure de potassium et un peu de silice.

carbonate de chaux, du

(1) M. Fontan a trouvé dans un litre d’eau de cette source 0,0465 de sul-

fure de sodium.

Propriétés médicales. Bagnères peut être considéré ^ à raison de ses nombreux établissements, comme la métropole des cités minérales. La réunion de ses sources salines , sulfureuses et ferrugineuses offre beaucoup de ressources à la thérapeutique et permet d’y traiter un grand nombre de maladies diverses , principalement celles qui sont accompagnées d’atonie. C’est à Bagnères-de-Bigorre que doivent se rendre les gens de lettres , les jurisconsultes , les hommes livrés à des fonctions sédentaires qui , fatigués par les veilles et les travaux intellectuels, éprouvent des douleurs vagues et des irritations dans les organes du bas-ventre ; c’est là que doivent venir les hypocondriaques, les personnes tourmentées par l’idée du suicide, les femmes hystériques, celles qui sont affaiblies par des couches plus ou moins fréquentes, par des flux immodérés ou par des peines morales ; les guerriers couverts d’honorables blessures qui les font continuellement souffrir, y trouveront toujours du soulagement et quelquefois leur guérison.

Les eaux salines de Bagnères peuvent être employées avec avantage dans les langueurs d’estomac avec perte d’appétit occasionnée par la présence de matières saburrales, dans la plupart des engorgements du foie , de la rate , du mésentère, la jaunisse, les embarras muqueux des voies urinaires, les hémorroïdes dues à une constipation habituelle, les rhumatismes chroniques, les paralysies, et dans les affections chroniques dé la peau qui dépendent d’une lésion hépatique.

Les eaux de Bagnères sont nuisibles dans le scorbut, les maladies scrofuleuses ; elles aggravent , d’après lïL Sarabeyrouse , les infirmités causées par l’excès des plaisirs vénériens. /

On a attribué à quelques sources des vertus particulières : ainsi les bains de Foulon ont été vantés contre les maladies de la peau ; ceux de Salut conviennent aux personnes

SALINES THERMAÎÆS.

tourmentées par qiielcpie irritation nerveuse ou inflammatoire ; ceux de la Gutière, de Garrère-Lannes, de Versailles ^ du Grand Pré ont quelque chose de plus doux, de moins stimulant que ceux de la Reine, de Bellevue, du Dauphin, de Salies et de Lasserre. Mais c’est plutôt le tempérament du malade que la nature de l’alTection qui doit faire préférer une source à une autre.

Quant aux sources sulfureuses , celle de Pinac est recommandée par le médecin de ce nom dans les rhumatismes chroniques, les dartres, la gale, les fleurs blanches, les ulcères fistuleux , quelques alfections chroniques de la poitrine , et dans les maladies vénériennes pour détruire les accidents du mercure. — La source de Labassère convient dans les catarrhes pulmonaires chroniques, l’asthme, et dans l’atonie des voies digesîives. On coupe cette eau avec du lait chaud ou de Peau d’orge.

Les eaux ferrugineuses d’Angoulême et de Carrère sont prescrites dans la débilité de l’estomac et la chlorose. On associe cette boisson aux bains de Bagnères.

Mode d’administration. Les eaux de Bagnères sont administrées en boisson, bains, douches, et en fumigations. On les boit à toutes les sources depuis une livre jusqu’à quatre ; il faut être sobre sur leur usage, commencer par les plus douces et passer graduellement aux plus fortes. I.eur action principale se porte sur le système digestif : aussi sont-elles considérées comme légèrement purgatives, surtout celles de la Reine et de Lasserre. Pour les rendre plus actives, on ajoute quelquefois un peu de sel neutre. Les éléments sulfureux cjue renferment les eaux de Salut doivent ajouter à leurs propriétés. On boit dans quelques circonstances les eaux ferrugineuses aux repas.

L’usage intérieur des eaux est d’autant plus efficace qu’il est aidé par celui des bains. Ceux-ci impriment à la peau une certaine rudesse ; il faut varier leur température selon la

EACX MINÉRALES

maladie et la constitution du sujet; les eaux de la plupart des sources ont besoin d’être refroidies, avant de les diriger dans les baignoires.

Les eaux minérales de Bagnères ne s’exportent guère, excepté celles de Labassère, qui peuvent être transportées à des distances fort éloignées , sans éprouver la moindre altération.

Le produit de la ferme des eaux de Bagnères a été de 29 à 30,000 francs pour 1836, y compris les établissements particuliers et outre les frais qui restent à la charge des fermiers. Le nombre des étrangers a été de deux mille cent quatorze, qui ont laissé dans le pays environ 400,000 francs.

Du bon usage des eaux de Bagnères , par La Guthère; 1659, in-4.

Traité de la propriété et des effets des eaux de Bagnères et de Baréges, par Descaunels ; 1729.

Lettres sur les eaux minérales du Béarn , etc. , par Théophile Bordeil j 1746. Les 17« et IS*" lettres concernent les eaux de Bagnères.

Mémoire sur la nature et les propriétés des eaux de Bagnères , par M. Lahaig; 1750.

Il aux minérales de Bagnères ^ par Xavier SalaignaC; 1752.

Observations sur les eaux minérales de Pinac , anciennement d’ Mr~ tigiie-Longue , par Bertrand Pinac ; an vi.

Observations sur la nature et les effets des eaux de Bagnères- jtdour, par P. Sarabeyrouse cadet; 1818.

Recherches sur les propriétés physiques , chimiques et médicinales des eaux de Bagnères-de~Bigorre , par Charles Ganderax ; Paris, 1827 , 1 vol. , 624 pages.

Duclos, Secondât, Thierry, le président d’Ormesson, d’Arquier, Marcorelle, Campmartin, ont parlé des eaux de Bagnères dans des écrits divers.

BOURBON-LANCY ( département de Saône et-Loire ).

Petite ville agréablement située que traverse la grande route de Moulins à Autun, à une lieue de la Loire, 7 de Moulins, 12 d’ Autun, 20 de Mâcon, $0 de Paris. Une diligence qui part

SALINES l'HERMALES.

tous les jours de Moulins et d’Autim rend très-faciles les communications de Bourbon-Lancy avec Paris , Lyon et toute la Bourgogne. — Les eaux thermales qu’on y trouve sont célèbres depuis longtemps , comme le démontrent les vestiges de quelques édifices élevés par les Romains. A Bourbon-Lancy^ le climat est doux, l’air très-pur ; les environs sont coupés de bois, de prés et de petits ruisseaux ; la vie animale y est abondante et à bon marché ; cent cinquante à deux cents étrangers pourraient se loger facilement clans la ville. L’établissement thermal se compose actuellement de huit cabinets de bains creusés dans le sol , de plusieurs appareils de douches et de deux piscines. Le grand nombre de malades qui s’y rendent depuis quelques années devrait engager l’administration de l’hospice civil, qui est propriétaire de cet établissement, à agrandir le bâtiment, à multiplier les bains et à établir surtout de vastes piscines à eau courante. — La saison des eaux commence le 15 mai et finit le 1'^" octobre. Il y a un médecin inspecteur.

Sources. Elles sont situées dans le faubourg dit de Saint- Léger; on remarc[ue au bas d’un roc coupé à pic de la longueur de 60 mètres, situé au midi, une vaste cour, d’où sortent sept sources, six chaudes et une froide. La première, qui est la plus considérable, est appelée le Lymbe ou Grand Puits; elle fournit une grande cjuantité ci’eau; une tentative faite en 1750 pour curer et réparer cette source n’a été que superficielle , la trop grande chaleur ayant rebuté les ouvriers. Les autres sources moins considérables sont connues sous les noms de la Reine ^ des Écures et de Saint-Léger ; les trois autres n’ont pas reçu de nom. Toutes produisent environ 300 mètres cubes en vingt-quatre heures ; ce qui permettrait de donner six cents bains ou douches par jour. — Dans l’enceinte de la cour, on voit un grand réservoir de forme circulaire, appelé Bain Royal : il a quarante-deux pieds de diamètre ; le fond est pavé en marbre ; son architecture porte à croire qu’il est un ouvrage des Romains.

Propriétés physiques. Les eaux de la principale source dite le Lymbe sont très-limpides^ onctueuses au toucher , sans odeur ni saveur bien déterminées ; refroidies , elles contractent une odeur pénétrante et nauséabonde. Elles bouillonnent continuellement, phénomène qu’on doit attribuer au dégagement du gaz acide carbonique. Dans le conduit de décharge , on observe une sorte d’incrustation pierreuse. Autour du bassin , on voit une espèce de conferve.

Voici la température des sources : Lymbe, 57%5 cent. ; source des Écures,60°; fontaine Saint-Léger, 4ly.2 cent; fontaine de la Reine, 55”; Bain Royal, 43”,7. Dans les saisons chaudes, la température des sources augmente de 4 à5 degrés.

Analyse chimique. On doit à M. Berthier et à V. Jacquemont l’analyse de l’eau de Bourbon-Lancy ; voici le résultat de leurs recherches :

Eau ( 1

litre).

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