‹ Manuel des eaux minérales naturellesChapitre 75 sur 104 · ANALYSE DE JACQUEMONT · texte numérisé non relu

ANALYSE DE JACQUEMONT

lit.

lit.

Acide carbonique libre. .

Acide carbonique libre. .

Oxygène .

Chlorure de sodium. . .

Azote .

— de potassium. .

gr.

Sulfate de soude .

Chlorure de sodium. . .

— de chaux .

Sulfate de soude .

Carbonate de chaux. . . .

— de chaux .

— de magnésie et

Carbonate de chaux. . .

oxyde de fer. .

trac.

Oxyde de fer .

Silice .

Silice .

Acide carbonique uni à

l’oxyde de fer, et perte.

Ainsi, dit M. Berthier, les principes qui minéralisent les eaux de Bourbon-Lancy ne s’élèvent pas h deux millièmes de

SAUNES THEÎIMALES.

la masse de ces eaux. La potasse et le sulfate de soude sont en si petite proportion, que ces substances ne peuvent pas avoir d’influence sur les propriétés médicales des eaux.

Propriétés médicales. G’est à leur température élevée que les eaux de Bourbon-Lancy doivent une grande partie de leurs vertus. Elles excitent les systèmes cutané et capillaire , et leur impriment une énergie remarquable, d’où résulte une diaphorèse abondante, sans chaleur incommode. Elles ont une action spéciale contre les rhumatismes chroniques, les paralysies, les sciatiques, les ankylosés fausses, les engorgements lymphatiques des articulations, les contractures des membres à la suite de blessures , d’entorses , de luxations et de fractures. On les emploie avec quelque succès dans les irritations nerveuses des voies digestives , les engorgements des viscères du bas-ventre, les maladies cutanées avec éréthisme, les fleurs blanches et la stérilité qui dépend d’un excès d’irritabilité de la matrice (1).

Mode d' administration. En boisson, on prend les eaux de Bourbon-Lancy à la dose de trois ou quatre verres le matin à jeun ; la température des bains est de 37“ à 40“ cent. ; celle de la douche, de 47“ à 50“. On se sert de l’étuve. La durée du traitement est de vingt à vingt-cinq jours.

On assure que le marquis de Saint- Aubin, père de madame de Genlis, fit apporter à Saint-Domingue un baril plein d’eau thermale de Bourbon-Lancy, laquelle arriva sans être altérée.

(1) Catherine de Médicis , épouse de Henri II , dut sa fécondité aux eaux de Bourbon-Lancy. Son médecin, Fernel, lui ayant conseillé ces eaux en boisson , bains et douches , elle eut , au bout de neuf mois , François II , ensuite Charles IX et Henri HI, qui ont tous régné successivement. Elle donna le jour aussi à plusieurs princesses. En reconnaissance, elle faisait don, toutes les fois qu’elle accouchait, de 10,000 écus à son médecin , ce qui était une somme considérable à cette époque.

Les sources appartenaient autrefois à la province de Bourgogne; elles sont aujourd’hui la propriété de l’hospice civil, auquel l’État les a abandonnées en 1805. L’hospice n’est point assez riche pour faire les dépenses que nécessiterait la construction d’un nouvel établissement , et celui qui existe est , comme nous l’avons dit, bien loin de répondre à l’importance des sources. L’état actuel est une véritable calamité. Les sources sont affermées 3,100 francs par an, outre diverses charges que doit acquitter le fermier (M. Longchamp).

Annuaire de la nature des bains de Bourbon , par Isaac Cattier , 1 650, in-8®.

Dissertation sur les eaux minérales de Bourbon-Lancy , par Jean- Marie Pinot; 1752, in-12.

JYotice sur les eaux minérales en général, et sur celles de Bourbon- Lancy, par Jacques Verchère. Thèse , Montpellier, 1809.

Note sur les eaux de Bourbon- Lancy, par M. Dufour ( Compte rendu des travaux de la société des Sciences de Maçon , 1823 , page 22 ).

Note sur les eaux de Bourbon-Lancy , par M. Puvis ( Compte rendu des travaux de la société des Sciences de Mâcon, 1825 , page 82 ).

jLnalyse des eaux de Bourbon-Lancy, par M. Berthier [Mnnales de chimie et de physique , tome XXXYI , page 289).

CHAUDES-AIGUES (département du Cantal ).

Cette petite ville de 2,500 habitants, sur la petite rivière de Remontalou, à 5 lieues de Saint-Flour, 114 de Paris, a reçu son nom des eaux thermales qui y jaillissent ; elle est traversée par la grande route de Clermont à Toulouse , et renferme trois cents maisons qui peuvent recevoir six cents étrangers. La vie animale est très-abondante et à bon marché ; les environs offrent des sites assez pittoresques. Les eaux thermales étaient négligées ; c’est depuis douze ans que M. Barlier , maire de Chaudes- Aigues, les a tirées de l’oubli. Trois établissements de bains appartenant à des particuliers se sont formés ; le plus ancien, et

SALINES THEKMALES.

le mieux tenu^ est celui de M. Felgère, lequel est situé dans son hôtel: tous offrent un assez grand nombre de baignoires avec douches et étuves. Le volume considérable et la haute température des sources doivent encourager la construction d’un bâtiment thermal avec vastes piscines à eau courante, qui, placées au centre de la France, ne manqueraient pas d’être très-fréquentées. En attendant, le nombre des baigneurs s’accroît chaque année. Il y a un médecin inspecteur.

Sources. On en distingue quatre. 1" Ld. source du Par, située au bas d’une montagne, presque au centre de la ville, est la plus abondante, et fournit par heure neuf mille six cents litres. 2" La source du Moidin du Ban ou du Bain a des jets nombreux dont les eaux sont recueillies et conduites à l’aide de canaux en bois dans les maisons du quartier Labarthe. 3” La source de la Grotte du Moulin prend naissance dans un bassin placé dans une grotte. 4” Les sources de la maison Felgère , au nombre de deux , peuvent donner par heure quinze cents litres d’eau.

Propriétés physiques. L’eau du Par est claire, onctueuse , et presque insipide ; son odeur est nulle ; elle laisse sur les pierres où elle coule un léger dépôt ocracé; ce dépôt, plus abondant dans les conduits , a été reconnu par MM. Longchamp et Caventou pour du sulfure de fer, dont M. Chevallier, qui a expérimenté sur les lieux, n’a pas reconnu de traces dans l’analyse des eaux thermales du Par. La température de cellesci est de 80" cent. — L’eau de la source du Moulin du Ban n’a pas l’odeur d’hydrogène sulfuré qui lui a été attribuée par divers auteurs; exposée à Pair libre, elle se recouvre assez souvent d’une pellicule irisée , oléagineuse, d’une odeur de bitume. Sa saveur est fade , mais ne cause point de nausées. Sa température est de 72" cent. Les eaux de la source de la Grotte , et celles de la maison Felgère , sont claires, limpides, sans odeur et sans saveur. La température des premières est de 62'’ cent. ; parmi celles de la maison Felgère, l’une a

70% l’autre 57° cent. Toutes ces sources thermales laissent échapper beaucoup de gaz. M. Chevallier a constaté qu’ils étaient formés d’un mélange d’acide carbonique en trèsgrande quantité avec de l’oxygène et de l’azote.

Analyse chimique. Elle a été faite par M. Chevallier.

Eau ( 1 litre).

SUBSTANCES

FONTÀINE

SOURCE

SOURCE

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