EAU ET BAINS DE MER
L’eau de mer peut être considérée comme l’eau minérale saline froide par excellence , à cause du nombre et de la proportion des éléments cliimiques qui la composent. Les bains de mer employés depuis longtemps en Angleterre et en Allemagne contre beaucoup de maladies chroniques^ ont été longtemps négligés par les médecins français ; mais cette médication ayant obtenu chez nous depuis quinze ans une grande vogue 5 quelques médecins ont publié des recherches intéressantes sur ce point important de l’hygiène et de la thérapeutique.
Quoiqu’on puisse prendre les bains de mer sur toutes les côtes , cependant les endroits où les galets sont moins abondants et le sable plus fin sont les plus recherchés ; c’est ce qui a engagé plusieurs capitalistes à fonder à Dieppe ^ Boulogne-sur-Mer, Marseille, Roy an, La Rochelle, etc., des établissements commodes et plus ou moins magnifiques où l’on peut faire usage de l’eau de mer sous toutes les formes.
On conseille ordinairement les bains de mer depuis le 15 juillet jusqu’au 1®^ septembre ; les Anglais ne commencent au contraire la saison qu’au mois de septembre et la prolongent en octobre et même en novembre : ils ont reconnu que l’eau de mer avait alors une action tonique et sédative plus marquée. La saison consiste à prendre vingt à vingtcinq bains. Le Gouvernement a nommé des médecins inspecteurs dans les dilférents établissements élevés en France.
Propriétés physiques. L’eau de la mer a en apparence une couleur très-variable : tantôt elle présente un coup d’œil argenté mêlé de bleu, tantôt une teinte d’un bleu grisâtre , mais ces variations ne sont dues qu’à la réflexion de la lumière ; prise dans le milieu du port , sur la côte ou au milieu de l’Océan, à quelque profondeur que ce soit, l’eau de la mer est véritablement diaphane, incolore. Elle n’a point
SALINES FROIDES
d’odeur lorsqu’on la prend à quelque distance du rivage ; mais l’exposition à l’air des varecs, des moules, des huîtres, des crustacés et autres produits maritimes répand une odeur particulière qui semble annoncer un léger dégagement d’acide hydrochlorique. L’eau de mer a une saveur salée , saumâtre, nauséabonde, résultant des divers sels qu’elle tient en dissolution. Sa pesanteur spécifique diffère selon qu’on essaie ce liquide puisé à la proximité des côtes, des fleuves , ou au milieu de la mer. Plongé dans l’eau , à un quart de lieue, à mer basse, pendant les mois de juillet, août et septembre, le thermomètre centigrade varie de 13 à 16 degrés , suivant la température de l’atmosphère et la chaleur du soleil.
Analyse chimique. Les principes constituants de l’eau de mer diffèrent un peu, suivant qu’on la prend à la surface ou à une plus ou moins grande profondeur. Le chlorure de sodium est le principe dominant ; il s’y trouve en quantité variable. L’eau de l’Océan est en général plus salée dans l’hémisphère boréal que dans l’hémisphère austral ; elle est d’autant plus salée qu’elle est prise plus profondément. Les petites mers sont moins salées que les grandes : ainsi l’Océan l’est plus que la Méditerranée , les mers Noire et Caspienne. Outre le chlorure de sodium, on a trouvé dans l’eau de mer de la potasse et de l’ammoniaque ( Marcel), de l’iode (Kruger, Laurens), du brôme (M. Balard). D’après les nombreuses analyses qui ont été faites dans plusieurs pays, il est évident que le degré de saturation des eaux de la mer n’est pas le même sous les différentes latitudes. Nous nous bornerons à citer les résultats des analyses suivantes :
EAUX Minérales
SUBSTANCES