‹ Manuel des eaux minérales naturellesChapitre 82 sur 104 · MER · texte numérisé non relu

MER

MÊDÎTEBBANÉE.

Bergman.

Marcel .

B. Lagrange

1 B. Lagrange

Laurens.

et \ ogel.

et \ ogel.

JiUe.

Acide carbonique. . .

IChlorure de sodium. .

gr.

1 Chlorure de magnésium

! Sulfate de magnésie. .

1 Sulfate de chaux. . . .

Carbonate de magnésie

et de chaux .

Chlorure de calcium. .

Sulfate de soude. . . .

Potasse .

iode (2) .

quant. ind.

(1) Sels supposés anhydres.

(2) Prol>ab!enient à l’état d’iodure de potassium.

Propriétés médicales. L’eau de mer a une action différente suivant qu’elle est employée à l’intérieur ou en bains. En boisson elle est purgative et doit être prescrite avec beaucoup de prudence; elle ne convient qu’aux tempéraments lymphatiques, dans les affections qui tendent lentement à leur solution. Les anciens en ont connu les avantages ; Pline dit : Acjuam maris elficaciorem discutiendis tiimoribus putant medici quidam et quart anis dedêre eam bibendam in tenesmis. Un médecin anglais, Russel, recommande l’usage intérieur de l’eau marine dans les engorgements chroniques du foie, la jaunisse, les scrofules, les obstructions des ganglions du mésentère , la chlorose.

SALINES FROIDES

Mais c’est surtout en bains que l’on fait usage de l’eau de mer : chez V homme sain, ces bains froids, en absorbant l’excès de chaleur dont le corps peut être pourvu, sont à la fois rafraîchissants et toniques ; ils rendent à l’homme le courage, la force et l’énergie que lui enlèvent les chaleurs accablantes de l’été. C’est ainsi qu’à Marseille, d’après le rapport (1835) de M. Robert, pendant les années 1833 et 1834, dont la sécheresse extraordinaire avait tellement tari les puits et les fontaines de la ville que les bains publics manquaient d’eau, la population entière de Marseille se précipitait chaque jour dans la mer pour se rafraîchir et remplacer les bains domestiques. D’après cette remarque que l’on fait chaque Jour dans les localités maritimes, il est constant que les bains de mer, si l’on n’en abuse pas, sont favorables à l’homme sain (1). Mais pourquoi dans l’état de maladie , ces bains doivent-ils être administrés avec précaution pour ne pas être nuisibles? C’est probablement parce que dans l’état de santé , ils fortifient également tous les organes, tandis que dans les maladies chroniques, ils communiquent à l’organe malade une surexcitation qui modérée est utile à la guérison, mais qui trop forte peut être suivie d’accidents fâcheux. C’est pour ne pas pousser trop loin cette excitation qu’il est essentiel de prendre le bain de mer de courte durée.

Ce bain agit par la soustraction subite et instantanée de la chaleur du corps, et provoqua en même temps dans tous les organes un assez haut degré d’excitation pour remplacer

(1 ) L’expérience apprend que les pêcheurs peuvent laisser sécher sur leur corps leurs vêtements imbibés d’eau de mer, sans avoir à craindre aucun rhumatisme, résultat que ne produit pas l’eau de pluie; cet eflet est-il dû à l’action de l’eau saline sur le système cutané? Ceux qui font le métier de ramasser des huîtres, des coquillages, quoique exposés tout le jour au contact de l’air de la mer, sont très-rarement atteints de catarrhes pulmo¬

naires.

le calorique perdu. Celte réaction salutaire tend à rétablir l’équilibre de la chaleur dans les affections internes où elle est inégalement répartie : tous les points de l’organisme en reçoivent une nouvelle énergie, qui est encore augmentée, 1“ par la pression qu’exerce à la surface du corps le volume considérable de l’eau et sa pesanteur spécifique plus forte que celle de l’eau de rivière; T par la percussion des vagues ou lames qui impriment à toutes les parties un ébranlement ou une secousse égale, sinon supérieure à celle de la douche ; 3° par les principes salins de l’eau , qui , en même temps qu’ils réveillent la vitalité de la peau, pénètrent vraisemblablement dans le sang par l’absorption, car on assure que des baigneurs ont conservé pendant plusieurs jours un goût salé à la bouche.

La vue de l’Océan , dont l’immensité présente un spectacle imposant, les apprêts de l’immersion , procurent à celui qui ne s’est jamais plongé dans la mer une sorte d’effroi , d’anxiété , qui détermine chez quelques malades un ébranlement nerveux; ce n’est qu’en faisant sur soi-même un certain effort qu’on peut vaincre cette répugnance. L’acte de l’immersion cause des impressions diverses qui sont plutôt pénibles qu’agréables. Les effets immédiats de ce bain étant les mêmes que ceux indiqués pour les bains froids , nous engageons le lecteur à consulter cet article (page 64).

On peut se baigner indistinctement à la mer haute ou à la mer basse , quand la plage est sablonneuse ; mais si elle est couverte de galets , il est plus agréable de se baigner à la mer basse , qui laisse le sable à découvert.

Des tentes portatives, qu’on éloigne ou qu’on rapproche des bords de l’eau suivant que la mer monte ou descend , sont placées le long du rivage ; c’est là que les baigneurs ôtent leurs vêtements et endossent un costume particulier.

La durée du bain froid est extrêmement importante à déterminer; les médecins anglais, qui font un grand usage de ce

SALINES FROIDES

moyen thérapeutique, recommandent un séjour de courte durée, souvent même une simple immersion et permettent rarement plus d’un bain par jour, tandis que les Allemands au contraire font baigner souvent deux fois dans la journée et conseillent d’attendre le second frisson dans le bain. Le séjour prolongé dans l’eau froide diminue les forces vitales, empêche la réaction et donne lieu à des maux de tête , des crampes, des douleurs à l’épigastre, etc. La durée du bain peut être fixée de deux à cfuàtre minutes, jusqu’à un quart d’heure au plus; elle doit être d’autant plus courte que le baigneur est plus faible et que l’eau est plus froide.

On se baigne ordinairement le matin à jeun depuis sept heures jusqu’à onze; ceux qui craignent le bain, qui se réchauffent avec peine , peuvent le prendre dans le milieu de la journée.

Les malades qui savent nager se livrent dans la mer à cet exercice salutaire pendant l’espace de temps déterminé par le médecin. Ceux qui ne sont pas habitués à la natation, ou qui sont trop faibles , sont portés dans la mer jusqu’à une certaine distance sur les bras d’un guide qui fait passer tout leur corps sous l’eau en leur plongeant la tête la première , de sorte qu’ils parcourent un espace entre deux eaux. Cette manœuvre est répétée un plus ou moins grand nombre de fois, selon l’indication : on l’appelle immersion; une autre manière consiste à faire plonger le baigneur en appuyant sur ses épaules, tandis qu’il reste allongé sur le dos, faisant la planche. Si la mer est agitée, les vagues hautes et fortes, le baigneur, maintenu par son guide, présente à la lame qui arrive sur lui la partie latérale ou postérieure du tronc , en est submergé en un instant , jusqu’à ce qu’une autre lame vienne de nouveau passer au-dessus de sa tête : c’est ce qu’on appelle bain à la lame. A Boulogne-sur-Mer on a construit une voiture qui prend le baigneur à la descente de l’établissement et le conduit dans l’eau à la profondeur fixée ; là

une tente s’abaisse, et sous cet abri, le malade se baigne en évitant des regards indiscrets.

Pour les personnes délicates et timides, les Anglais ont recours à une machine nommée baignoire d’ondées [showerbatli). C’est une guérite semblable à celle des sentinelles, laquelle est close par un rideau que ferme la personne qui se baigne : au-dessus de sa tête est un réservoir de fer-blanc, percé comme un crible d’une multitude de trous : dans son milieu est suspendu un baquet rempli d’eau et tournant librement sur un essieu horizontal; à ce baquet est attachée une corde qui lui fait faire la bascule à la volonté de l’individu , lequel est ainsi complètement arrosé ; c’est une espèce d’affusio?i qui, quoique avantageuse, l’est beaucoup moins que le bain pris dans la mer, car c’est à la percussion du corps par les flots que le bain doit principalement ses succès : on a remarqué en effet que pris dans le port ce bain est moins profitable que sur le rivage.

Au sortir de l’eau , le baigneur rentre dans sa tente , frissonne pendant quelques instants; dans certains établissements on apporte un pédiluve chaud, méthode dont l’un de nous a éprouvé les bienfaits au Havre, et qui a l’avantage de laver les pieds pleins de sable , de faciliter la réaction, et surtout d’empêcher les congestions intérieures que tend à produire l’impression de l’eau froide. Le baigneur s’essuie, se fait frictionner les membres et s’habille ; c’est alors qu’il sent une vive chaleur s’introduire dans toutes les parties, 'ce qui doit être considéré comme la meilleure preuve de l’effet favorable du bain; l’appétit déjà excité par la respiration de l’air marin se fait vivement sentir.

Lorsqu’après le bain , le baigneur ne peut pas se réchauffer que la réaction ne s’établit pas, il faut en conclure que l’immersion a duré trop longtemps, que l’eau était trop froide , ou qu’elle ne convenait pas à l’état actuel du malade. I,e défaut de réaction expose ceux qui veulent continuer les bains

SALINES FROIDES

à des céphalalgies et à des phlegmasies internes. Après quelques jours de l’usage des bains de mei% les malades éprouvent de la constipation, maigrissent un peu, se plaignent de démangeaisons, de rougeurs à la peau; la transpiration devient plus abondante, une chaleur douce se répand sur toute l’habitude extérieure; il survient à la peau des éruptions semblables à la rougeole ou à la scarlatine , ou des taches de diverses couleurs.

Le bain de mer raffermit la peau , lui donne plus de consistance , fortifie les systèmes musculaire et lymphatique , rend la digestion et l’absorption plus actives et donne une nouvelle énergie à toutes les fonctions ; il constitue une médication puissante qui excite dans toute l’économie une sorte de réaction fébrile propre à réveiller la force médicatrice de la nature dans un grand nombre de maladies chroniques. Mais cet agent thérapeutique ne doit pas être trop généralisé ; employé d’une manière peu rationnelle , il a souvent rendu des maux incurables ; il convient spécialement dans les maladies lymphatiques et nerveuses, pourvu que les malades aient la fmxe suffisante pour réagir contre l’impression du froid, et que la maladie ne soit compliquée d’aucun symptôme infla7nmatoire, précepte fort important qu’il ne faut pas négliger. On doit en interdire l’usage aux enfants au-dessous de deux ans , aux vieillards, aux femmes enceintes , dans la pléthore sanguine, les anévrismes internes, et dans toutes les circonstances où le refoulement du sang à l’intérieur vers la tête ou la poitrine est à craindre. En effet, les exemples d’apoplexie ou de péripneumonie survenues par l’emploi des bains de mer ne sont pas rares. Ces bains sont encore nuisibles aux individus affectés de dartres humides, de goutte aiguë, à ceux dont les rhumatismes ont un caractère un peu inflammatoire, et à ceux qui sont très-sensibles à l’impression du froid.

L’eflicacité des bains de mer se manifeste particulièrement dans le rachitis et les affections scrofuleuses, telles que les

engorgements des ganglions cervicaux, le carreau, les ulcères fistuleux, la carie des os, rophthalmie , pourvu que ces maladies ne soient pas dans leur période inflammatoire, car on doit se rappeler qu’il est dans les écrouelles un état aigu qui réclame plutôt des adoucissants que des toniques. Les enfants atteints de maladies strumeuses, après avoir respiré l’air de la mer et pris quelques bains, acquièrent en peu de temps de la coloration , un caractère de vie et de force qu’ils avaient perdu; l’engorgement des glandes, la diarrhée, la cârie même des os, se dissipent; les ligaments, les cartilages, les muscles , prennent assez de consistance pour prévenir la récidive des difformités de la taille et des membres : aussi les bains de mer forment le complément du traitement orthopédique.

Ils ne sont pas moins utiles dans la chlorose, dans l’état de langueur qui succède quelquefois aux couches, dans les déplacements de Futérus, les engorgements chroniques du col de cet organe, les fleurs blanches, la stérilité, l’aménorrhée, la dysménorrhée, la métrorrhagie, lorsque toutefois ces affections peuvent être attribuées à un état de faiblesse générale ou locale.

M. Gaudet, médecin inspecteur à Dieppe, assure qu’il ne connaît pas de moyen plus sûr que les bains de mer réunis aux affusions pour guérir les céphalées, les hémicranies, les névralgies de la tête ; cette association des affusions aux bains marins est indispensable , car l’emploi isolé de Fun de ces moyens , ou du moins sans l’immersion totale du corps , augmente la douleur quand elle existe, ou bien la rappelle quand elle est dissipée. M. Gaudet a constaté aussi qu’un accès de névralgie, quelque violent qu’il soit, peut être arrêté par un bain de mer.

Ce bain réussit souvent dans les gastralgies avec constipation habituelle , dans les douleurs intestinales avec ou sans diarrhée, dans les affections hystériques, hypocondriaques, la chorée , etc.

SALINES FROIDES

Le médecin que nous venons de citer ne craint pas d’admettre que la toux qui n’est liée à aucune cause héréditaire , ni à une conformation vicieuse du thorax , ni à une lésion pulmonaire confirmée , doit cesser le plus souvent par l’usage bien entendu du bain de mer. Malgré les faits qu’il cite à l’appui de son opinion , nous pensons que c’est avec une extrême réserve qu’il faut employer une pareille médication , parce qu’on n’est jamais certain de produire une réaction assez prompte pour s’opposer à la congestion pulmonaire : on sait de plus que l’air marin est très-pernicieux aux personnes atteintes de maladies de poitrine.

Si les bains de mer sont avantageux dans la paraplégie, ils ne nous paraissent pas également utiles dans la paralysie cérébrale , parce que le saisissement occasionné par le froid du bain peut provoquer un coup de sang.

M. Gaudet cite plusieurs observations qui tendent à prouver que les bains de mer peuvent réussir dans certaines névroses de la vue , la blennorrhée , les pertes séminales involontaires, l’atonie de la peau, la débilité musculaire, dans quelques rhumatismes, dans les dartres farineuses, les éphélides, les varices des jambes et la faiblesse des articulations qui succède aux entorses , luxations ou fractures.

Mode d’ administration. En boisson , l’eau de mer est prescrite à la dose d’un ou deux verres pour purger les adultes et de deux à trois cuillerées pour les enfants ; malgré sa saveur saumâtre, elle excite rarement le vomissement.

Des lavements d’eau de mer sont un moyen sûr pour obtenir des évacuations alvines.

Les injections et les douches vaginales avec l’eau de mer sont employées avec a\'antage dans la leucorrhée, les déplacements de l’utérus et les engorgements du col de cet organe, pourvu qu’il n’y ait point d’irritation dans ces parties.

Nous avons dit que les affusions d’eau de mer étaient une ressource précieuse dans les névralgies faciales. Cette opéra-

tion consiste à verser avec une certaine lenteur sur la tête une quantité déterminée de seaux d’eau de mer. Les affusions sont administrées seules ou concurremment avec les bains à ta Lame ou bien pendant qu’on prend le bain de mer chauffé.

Ces bains à'ea^-i ^narine chauffée peuvent être comparés aux eaux salines thermales; ils sont prescrits toutes les fois que certaines conditions de l’âge, de la maladie, de la susceptibilité, du moral des baigneurs et l’état atmosphérique, empêchent de pratiquer la mer. Ils sont administrés ordinairement à la température de SI à S2%5 cent, qu’on abaisse jour par jour jusqu’à celle de 25 ou 22%5 cent

Il en est des bains de mer comme des eaux minérales ; leurs effets avantageux ne sont souvent que consécutifs, c’est-à-dire ne se manifestent que plus ou moins de temps après la saison. Ce résultat a lieu très-souvent chez les enfants scrofuleux et chez les femmes affectées de maladies utérines.

M. Gaudet a remarqué que les individus qui quittent les établissements thermaux pour venir se baigner à la mer éprouvent toujours des effets nuisibles de l’air marin; il rapporte l’histoire d’une dame très-nerveuse qui, déjà excitée par les eaux de Néris , se baigna peu après son arrivée à Dieppe ; elle fut atteinte immédiatement d’une violente névralgie faciale.

L’eau de mer se décompose promptement et s’altère par le transport.

De tabe glundulari swe de usu aquce marince in morbis glanduUirum , par Russel.

Obsen>alio?is pratiques sur les bains d’eau de mer, par Blichail ; ouvrage traduit de L’anglais , par Rouxel. Paris, 1812.

Dissertation sur l’emploi externe et interne de Veau de mer, par M. Le François. ( Thèse j Paris , 1812.)

Manuel hygiénique et thérapeutique des bains de mer, par Assegond; iii-12.

SAUNES FKOIDFJ5. 509

Manuel des bains de mer, leurs avantages et leurs in( otn’énients , par M. Blot; 1828 , in-12.

Journal des bains de mer de Dieppe , ou Recherches et Observations sur V usage hygiénique et thérapeutique des bains de ruer, par Mourgué, ancien niédecin inspecteur à Dieppe; 1823.

Considérations générales sur V utilité des bains de mer dans le traitement des difformités du tronc et des membres, par Mourgué.

Recherches sur les ejffets et le mode d'action des bains de mer (^Gazette médicale de Paris , 1830).

IVoLivelles recherches sur l’usage et les effets des bains de mer, par le docteur Gaudet, 2" édition; Paris, 1836 ; 172 pages.

ROSHEîi>i ( département du Bas-Rhin).

Ville située sur la Nagel, dans im vallon charmant^ peuplée de 4,000 habitants, à environ 6 lieues de Strasbourg et 7 de Sélestat. Les environs présentent de riches paysages, et un grand nombre de promenades où Ton voit des ruines de plusieurs anciens châteaux. C’est dans la partie la plus élevée de la ville qu’on a formé un établissement de bains, qui consiste en un vaste bâtiment à deux étages et qui est fréquenté par les malades des environs depuis plusieurs années. On y trouve une table bien servie et des logements commodes, à des prix modérés.

Source. Elle est renfermée dans une espèce de pavillon couvert ; ses eaux sont reçues dans un bassin en pierre de taille.

Propriétés physiciues. L’eau est limpide , inodore, développe une saveur âpre, astringente, et laisse à la bouche une impression particulière qui persiste pendant plusieurs heures. La quantité d’eau fournie par la source est de 1 mètre cube par 24 heures. Sa température est de 15° cent.

Analyse chimicjue. On doit à M. Gaze, professeur à la Faculté de médecine de Strasbourg, et à MM. Persoz et Fargeaud, professeurs à la Faculté des sciences de la même ville, l’analyse des^'eaux de Roshcim ; voici le résultat de leuiVexpériences :

Eau (1 litre).

in.

Acide carbonique. ....... 0,015

— de magnésie. . . . 0,0730

— de litlîine . 0,0114

Sulfate de lithine . 0,0028

— de magnésie . 0,*"'177

Nitrate de magnésie . 0,0093

Chlorure de sodium . j

Silice . 0,0090

Matière organique . . 0,0012

Carbonate de soude . . traces.

Cette analyse est remarquable par la présence de la lithine et par celle des nitrates de potasse et de magnésie , qui se rencontrent rarement dans les eaux minérales , si l’on excepte toutefois certaines eaux delà Hongrie et celle de Saint-Alban qui contient du nitrate de chaux. L’habileté bien connue des professeurs à qui elle est due ne nous permet pas de douter de l’exactitude de ses résultats.

Propriétés médicales. On voit tous les ans affluer dans rétablissement un assez grand nombre de personnes atteintes d’affections nerveuses, rhumatismales et calculeuses; ces maladies sont le plus souvent soulagées par l’emploi des eaux prises en boisson et en bains. On trouve dans l’établissement trente-six baignoires en zinc , ainsi que des appareils pour les douches et les bains de vapeur.

AVAILLES ou ACSAC ( département de la Charente).

Petite ville sur la rive gauche de la Vienne , à 2 lieues de Confolens , 11 de Poitiers. On y trouve des eaux minérales qui sont assez fréquentées pour avoir un médecin inspecteur. Situées au

SALINES FROIDES

pied d’une petite montagne à mille pas de la ville, elles sont renfermées dans trois bassins, dont Fim contient des boues noires, épaisses et fétides, qu’on emploie en topiques. On évalue à 80 hectolitres le volume d’eau fourni par les sources dans l’espace de douze heures.

L’eau est froide , limpide , pétillante , inodore ; sa saveur est légèrement salée et amère. Analysée par M. O. Henry, elle a fourni ;

Eau ( 1 litre ).

Acide carbonique . |

... . - . • / quant, indéterminée.

Aîr atmosphérique riche en azote, j

gr.

Bi-carbonate de chaux . )

— de magnesie. . . )

Chlorure de calcium . 1

, , . > 0,GTI

— de magnésium. . . . |

— de sodium . 2,250

— dn soude . 0,025

Matière organique soluble et insoluble . 0,017

Silice et oxyde de fer . traces.

Ces eaux sont diurétiques et laxatives; on les regarde comme propres au traitement des fièvres quartes , des engorgements des viscères du bas-ventre , des fleurs blanches , des pâles couleurs, des maladies des voies urinaires, de l’atonie de l’estomac, etc. On boit les eaux d’Availles le matin à jeun, à la dose de deux verres d’abord, jusqu’à deux litres. — Elles s’altèrent par le transport.

Dissertation sur les eaux minérales cV Aeailles , par M. de Launay | 1771, in-12.

PRÉCHAC ( département des Landes ).

Village à 3 lieues de Dax, une lieue de Poyane. Cet endroit est insalubre. On n’y trouve qu’un établissement en mauvais état : aussi n’est-il fréquenté que par la classe la moins aisée du peuple. — Les eaux minérales sont situées sur la rive gauche de l’Adour , à une demi-lieue de Préchac ; elles sont conduites dans l’édifice thermal , et sont reçues dans un bassin commun où les malades se baignent.

Propriétés physiques. L’eau a un goût piquant, désagréable, nauséabond ; elle est très-limpide et répand une odeur d’hydrogène sulfuré.

Analyse chimique. Elle est due à MM. Tlîore et Meyrac :

Eau (1 litre).

gr.

Chlorure de magnésium. . . . 0,116

— de sodium . 0,334

Sulfate de soude . 0,318

— ^ de chaux . 0,292

Carbonate de chaux . 0,011

Silice . 0,016

Propriétés médicales. M. Dufau recommande les eaux de Préchac dans les rhumatismes chroniques, etc. Il considère les boues comme propres h achever les guérisons que les bains auraient laissées imparfaites.

Abrégé des propriétés des eaux minérales de Préchac, par Dufau ;

Mémoire sur les eaux de Dax, Préchac, etc., par MM. Thore et Pierre Meyrac ; 1809 , in-8.

SALINES FROIDES

5ir,

POUILLON ( département des Landes ).

Bourg à 2 lieues de Dax , 7 de Bayonne ; on trouve à 400 pas de la métairie dite Sallenave, sur le bord d’un ruisseau , une source minérale qui jaillit dans un bassin ^ et qui dépose dans son trajet un limon ocreux. — L’eau est claire, inodore, pétillante, d’une saveur très-salée et amère; exposée à l’air, elle ne se trouble pas; sa température est constamment de 20” cent. La source fournit une grande quantité d’eau ; cette abondance ne varie pas.

Analyse chimique. Elle a été faite par Venel, Mitouart et Costel , et plus récemment par M. Meyrac , qui a obtenu les résultats suivants :

Eau ( 1 litre ).

gi’-

Chlorure de sodium . 1,359

— de magnésium . 0,043

Carbonate de chaux . 0,057

Sulfate de chaux. ....... * 0,492

Propriétés médicales. Massies , ancien intendant des eaux de Pouillon , les recommande contre les fièvres intermittentes, les maux de tête habituels , les maladies chroniques de l’estomac l’anasarque, l’asthme humide, les affections hypocondriaques , la jaunisse, les pâles couleurs. D’après M. Dufau, on doit s’abstenir de ces eaux dans l’asthme convulsif, les palpitations, les engorgements invétérés des viscères, les coliques néphrétiques. Elles sont nuisibles à ceux qui ont la poitrine délicate et à ceux qui ont un tempérament sanguin.

Raulin fait un parallèle de ces eaux avec celles de Sedlitz et de Seidschutz, et ce parallèle le conduit à donner la préférence aux eaux de Pouillon ; M. Dufau ne partage pas ce sentiment.

A la dose de trois verres chaque matin^ les eaux de Pouillon sont altérantes et stomachiques ; elles facilitent la digestion. On peut déjeûner une heure après les avoir bues ; souvent Tétât des malades exige qu’on les coupe avec partie égale d’eau commune. A la dose d’un litre ^ ces eaux sont laxatives , et les évacuations qu’elles provoquent ne sont pas suivies de faiblesse.

Traité analytique des Eaux minérales, par Raulin;17T4, in -12. Le sixième chapitre concerne les eaux de Pouillon.

Analyse des eaux de Pouillon, par M. Meyrac (/oumfliZ de Pharmacie, tomeP*^).

SAUBÜSE ( département des Landes ).

Les eaux et les boues thermales de Saubuse , connues sous le nom de bains de Joannin ^ sont situées sur la rive droite et a une demi-lieue de TAdour, au milieu d’une lande marécageuse ^ à 2 lieues de Dax^ et à quelques centaines de pas d’un moulin ^ii Joannin, Quoiqu’on ne trouve dans cet endroit aucun établissement, les bains sont néanmoins très-fréquentés, durant Tété et une partie de l’automne, par les habitants des pays voisins.

Source, La source où Ton se baigne est un bourbier, où il existe ù peine un mètre d’eau ; le reste est une vase très-onctueuse , qui n’est que de la tourbe délayée dans Teau thermale.

Propriétés physiques. L’eau n’a pas de mauvais goût, ni d’odeur désagréable ; son abondance et sa limpidité varient beaucoup"; sa chaleur et celle des boues est de 31% 2 cent.

Analyse chimique. Elle a été faite par MM. Thore et Mey-

rac.

SAUNES FROIDES.

Eau (1 litre).

gr.

Chlorure de magné^um. . . .

— de sodium . .

— de calcium .

Sulfate de chaux .

Substance gélatineuse attirant

i’humidité atmosphérique. .

Propriétés médicales. On ne fait usage de ces eaux qifà l’extérieur 5 dans les rhumatismes chroniques, les douleurs vagues, les engorgements articulaires. Hommes et femmes, jeunes et vieux, tous les valétudinaires s’enfoncent dans les boues thermales jusqu’aux épaules. Les baigneurs assurent que la chaleur de ce bain est douce , agréable , et calme leurs souffrances.

Mémoire sur les eaux de Dax y de Saiihuse, etc., par MM. Thore et Meyrac ; 1809 , in-8.

JOÜIÎE ( départeincDt du Jura ).

Village à une lieue de Dole. On fréquente les eaux minérales que l’on y rencontre depuis le mois de juin jusqu’au mois de septembre ; on les prend pendant quinze jours ou trois semaines.

Source, Elle est dans un pré voisin du village , près du chemin d’Auxonne. On l’appelait autrefois puits de la Muyre, Elle est remplie de joncs et de roseaux.

propriétés physiques, I/eau est très-limpide, a une faible odeur de marécage ; sa saveur est fade , légèrement salée , laissant un arrière-goût métallique; sa température est 10% 50 cent,, celle de l’atmosphère étant à 8% 50 cent.

Analyse chimique. On la doit à M. Massonfour , pharmacien à Auxonne^

Eau (1 litre).

Acide carbonique . quantité indéterminée.

gr.

Propriétés médicales» Prises en boisson, les eaux de Jouhe produisent quelquefois les premiers jours des vomissements ou la diarrhée. On les emploie dans les maladies cutanées , les engorgements des viscères , etc.

Analyse des eaux de Jouhe y etc., par C.-J. Normand; 1740, in-12. L’auteur préconise les eaux de Jouhe dans un très-grand nombre de maladies.

Analyse des eaux de Jouhe ^ par M. Massonfour {Bulletin de Pharmacie ^ juillet 1809).

MIERS ( département du Lot).

Village à 9 lieues de Gahors, près de la Dordogne. L’établissement n’offre ni baignoires , ni appareil pour les douches ; aussi n’est-il fréquenté que par les habitants des cantons voisins. Il y a un médecin inspecteur. — La source est située au pied d’une montagne ; l’eau est froide. Analysée à Paris, elle a fourni à M. O. Henry :

Chlorure de sodium .

— de magnésium. . . .

Soude excédante . . .

Magnésie. . .

Carbonate de chaux .

Sulfate de chaux .

Eau (1 litre).

Acide carbonique

quantité indéterminée.

SALINES FROIDES

gr.

Bi-carbonate de chaux . 0,213

— de magnésie. ... 0,120

— de soude . 0,071

Sulfate de chaux . 0,954

— de soude . . . 2,675

Chlorure de magnésium . 0,750

— de sodium . 0,020

Silice . 0,480

Alumine . 0,037

Oxyde de fer . 0,030

Matière organique . 0,015

Propriétés médicales. L’eau de Miers est laxative ; elle est employée avec succès dans les affections chroniques des organes abdominaux et particulièrement dans les maladies anciennes du foie, de la rate, l’atonie des organes gastriques, les fièvres intermittentes rebelles. Elle est nuisible, lorsqu’il existe des signes d’inflammation.

On use de l’eau de Miers seulement en boisson à la dose d’un à deux litres dans la matinée. On peut la chauffer au bain-marie.

Le nombre des malades qui se rendent annuellement à Miers est, terme moyen, de cinq cent cinquante; le propriétaire à qui appartient la source perçoit par an 5,000 francs , soit de la consommation locale, soit des envois qui ont lieu au-dehors.

SALCES ( département des Pyrénées-Orientales ).

Village à 2 lieues de Perpignan. On trouve près de la grande route de Narbonne deux sources aussi remarquables par leur volume que par leur richesse en principes salins : l’une se nomme Font-Estramé , VdiVXïQFonuDame. Elles surgissent à un

EAÜX fflNÉRALES

quart de lieue Tune de l’autre : leur abondance est si considérable qu’elles alimentent des usines. L’eau de la fontaine Estramé est limpide, sans odeur, d’une saveur fortement salée et amère ; on ne remarque ni dégagement gazeux à son bouillon ni sédiment dans son cours; sa température est de 19° cent, celle de l’atmosphère étant à 21°. Analysée par M. Anglada, ©lie a fourni :

Eau (1 litre).

Acide carbonique. ....... quantité indéterminée.

SÇT:.

Chlorure de magnésium. . . . 0,616

— de sodium . 1,727

Sulfate de soude . 0,096

— de magnésie . 0,076

— de chaux . 0,169

D’après les principes que contient l’eau de Salces , on ne peut méconnaître sa grande analogie avec l’eau de la mer. Il n’est pas prudent d’aller boire cette eau à la source , à cause du voisinage des étangs , mais elle est du nombre de celles que l’on peut transporter au loin , sans que leurs vertus en soient dénaturées.

Traité des eaux minérales des Pyrénées-Orientales ^ par J. Anglada; 1833. On trouve dans le tome II, page 329, un article sur les eaux de Salces et sur les eaux salines de Tautavel , de Saint-Paul-de-Fenouillèdes et de Nelnach.

SANTENAY (département de la Côte-d’Or).

Petit bourg situé au pied de la montagne d’Urselle , à 4 lieues

SALINES FEOIDES.

de Beaune et sur la grande route de Dijon à Ghâlons-sur- Saône. On trouve une source minérale à mille pas du bourg , dans un pré, près du pont de Gliély. — L’eau est incolore, diaphane , inodore ; sa saveur est manifestement salée , ensuite légèrement amère, un peu nauséeuse; les environs de la source offrent un dépôt ocracé. — Analysée par M. Massonfour, cette eau a fourni :

Eau (1 litre).

gf-

— de magnésium. . . . 0,1342

— de sodium . 4,4185

Sulfate de soude sec . 3,2463

Carbonate de chaux . 0,4400

Sulfate de chaux . 0,2200

Matière animale et perte. . . . 0,0800

L’eau de Santenay est peu employée; la grande quantité de chlorure de sodium et de sulfate de soude qu’elle contient doivent la rendre purgative.

Notice sur la fontaine minérale de Santenay ^ par M. MasSOnfour [Journalde Pharmacie , juillet et août 1823 , page 369 ).

BÉTAILLE (département de la Corrèze ).

Village situé à environ S lieues de la ville d’ Argentât et à 5 lieues de Tulle. Au nord et à 100 toises de ce village, on a découvert en 1818, dans un vallon, une fontaine qui exhale une odeur d’hydrogène sulfuré très - marquée et qui donne constamment un filet d’eau de 10 lignes de diamètre. L’eau est froide, limpide, a un goût de sulfure et dépose dans le bassin une matière muqueuse de couleur ocracée. Son analyse a été faite par M. O. Henry.

Eau ( 1 litre).

Acide carbonique libre . 0,040

Azote . traces.

gr-

Bi-carbonate de chaux . 0,048

Sulfate de soude . \

— de chaux . r

Chlorure de sodium . ( ’

— de magnésium. ... y

Oxyde de fer . 0,032

Matière végétale organique. . . 0,020

On assure que cette eau porte à la peau; on lui prête la guérison d’ophthalmies rebelles, de gastrite chronique, d’obstructions à la suite des fièvres intermittentes , etc. Trois cents malades sont venus prendre les eaux en 1822.

MARTIGNÉ-BRIANT ( Département de Maine-et-Loire ).

Bourg à une lieue de Ghevagne et 5 d’Angers. On trouve dans un vallon voisin des eaux minérales assez fréquentées pour avoir un médecin inspecteur.

Les sources , connues autrefois sous le nom de Joannette , présentent dans leurs environs des couches d’ocre , des pierres poreuses exhalant une odeur de foie de soufre, et plusieurs substances végétales noirâtres ayant la même odeur. Elles sont au nombre de quatre, d’après Linacier; mais on en distingue particulièrement deux, dont l’une se nomme source Martiale et l’autre source Chaude, Les deux autres , qui sont salines et froides , ne paraissent pas être utilisées.

La première, froide, limpide, a un goût austère, ferrugineux et salin ; la seconde a une légère odeur sulfureuse et une

SALINES FROIDES

saveur nauséabonde ; sa température est de 21% 2 cent.^ celle de Tatmosphère étant à 16% 2 cent.

D’après une note que nous a remise M. Ollivier (d’Angers) , la source Martiale paraît contenir du sulfate de fei% du sulfate de soude , etc. ; la source Chaude tient en dissolution un sulfure alcalin assez abondant.

Les eaux de la source Martiale sont prescrites dans les différents dérangements de l’estomac , l’inappétence, les vomissements nerveux, les fièvres intermittentes , les fleurs blanches, les diarrhées invétérées. Linacier a employé avec succès l’eau sulfureuse dans les catarrhes pulmonaires chroniques et dans les affections cutanées anciennes.

Traité analytique des Eaux minérales , par RauliO; 177 4. Le chap. xr du second volume traite des eaux de Joannette.

PROPIAG (département de Vaucluse).

Nous ne possédons aucun renseignement sur cette source , dont l’eau a été analysée par M. O. Henry. Cette eau envoyée à l’académie de Médecine était devenue dans les bouteilles très-hydrosulfatée par suite de la réaction de la matière organique sur le sulfate de chaux. En voici l’analyse :

Eau (1 litre).

quantité indéterminée.

gr.

Bi-carbonate de chaux. . . .

Sulfate de chaux .

— de magnésie .

— de soude .

Chlorure de magnésium. . .

— de sodium .

Alumine, silice, oxyde de fer.

Matière organique .

BIO ( département du Lot ).

On trouve dans cette commune deux sources nommées Lagarde , appartenant à deux particuliers. Analysées par M. O. Henry , elles ont offert beaucoup d’analogie dans leur composition.

Eau (Mitre).

iit.

Acide carbonique. .......

— hydrosulfurique .

Bi-carbonate de chaux .

— de magnésie. . .

Sulfate de chaux .

— de soude .

— de magnésie .

Chlorure de calcium . '

— de potassium . j

— de magnésium. . . .

— de sodium .

Silice et oxyde de fer .

Matière organique azotée. . . .

Soufre .

traces.

traces inappréciables..

CHELTENHAM (Angleterre ).

Ville du comté de Glocester^ à 39 lieues de Londres. Il y existe trois espèces de sources froides ; les unes sont salines sulfureuses , les autres purement salines , les troisièmes salines ferrugineuses.

Voici, d’après MM. Parkes et Brandes, l’analyse de ces

sources :

SALINES FROIDES

SUBSTANCES

contenues

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