‹ Manuel des eaux minérales naturellesChapitre 87 sur 104 · MINÉRALES ARTIFICIELLES · texte numérisé non relu

MINÉRALES ARTIFICIELLES

si incontestables , que son usage s’est popularisé surtout comme boisson d’agrément, et sa consommation s’étend sans ' cesse.

On sait que les eaux naturelles de Vichy sont remarquables par la grande quantité de bi-carbonate de soude qui entre dans leur composition, et qu’en rendant les urines alcalines, elles peuvent saturer l’acide urique de ce liquide, dissoudre les graviers et même les calculs vésicaux. Avant cette précieuse découverte , M. Robiquet avait déjà démontré qu’om obtenait les mêmes résultats sous l’influence d’une solution de bi-carbonate de soude. Sans nier l’utilité'’ de l’eau de Vichy factice, nous devons faire observer que tes malades supportent beaucoup mieux l’eau de Vichy naturelle que celle fabriquée par l’art. M. Charles Petit , en effet, a donné des soins à des goutteux et à des graveleux chez lesquels il a pu , sans qu’ils éprouvassent aucun inconvénient, et, au contraire, avec un grand avantage pour leur santé, porter la dose des eaux de Vichy jusqu’à vingt, vingt-cinq et même trente-cinq verres par jour ; et si l’on réfléchit que chaque verre d’eau contient environ un gramme (dix-huit grains) de bi-carbonate de soude, on verra que quelques-uns de ces malades prenaient jusqu’à trente-cinq grammes (plus d’une once de ce sel), sans compter qu’ils en absorbaient par les bains qu’ils prenaient aussi régulièrement' L’expérience prouve qu’à des doses semblables le bi-carbonate de soude en dissolution dans l’eau ordinaire est pris avec répugnance par les malades, qui ne peuvent pas en outre en supporter une aussi grande quantité.

III. Eaux ferrugineuses. Nous avons déjà dit [voy. p. 318) que les eaux martiales naturelles conservées se décomposaient promptement, et que celles qui retiennent du fer en dissolution à la faveur d’un excès d’acide carbonique , l’abandonnent à mesure que le gaz s’échappe. Ce motif doit engager à préférer les eaux ferrugineuses artificielles aux eaux naturelles

PRÉCIS SUR LES EAUX

transportées, d’autant mieux que l’art peut à son gré augmenter la proportion des sels de fer, et approprier ces eaux , selon le désir du médecin, à la maladie et au malade.

IV. Eaux salines. On doit les distinguer en altérantes et en purgatives^ Les premières, renfermant des substances gazeuses et salines unies à des matières végéto-animales , ne peuvent être que très-imparfaitement imitées. Il n’en est pas de même des eaux purgatives de Sedlitz, de Pullna, que l’art a si bien imitées, et même perfectionnées , qu’elles sont souvent préférables aux naturelles. En effet , des observations nombreuses ayant prouvé que le gaz acide carbonique masquait l’amertume de l’eau purgative et en rendait la digestion plus facile, les pharmaciens ont rendu cette eau effervescente, comme l’eau de Spa, de Seltz, etc. Aussi l’eau de Sedlitz factice estelle devenue un des purgatifs les plus usités.

L’eau de mer n’est pas d’une imitation aussi facile, parce qu’elle contient des iodures, des bromures, des matières végétales et animales que rien ne peut remplacer. Les bains de mer artificiels ne sont cependant pas sans avantage pour les malades qui ne peuvent pas se transporter dans un port de mer ; mais rien ne peut suppléer à l’air vif des localités maritimes , à la percussion des vagues sur tout le corps , etc. , qui produisent de si heureux effets.

V. Eaux minérales dont la nature n’offre pas de modèles. Nous rangeons dans cet article , que nous empruntons à la notice de MM. Planche , Boullay et Boudet , les eaux magnésiennes saturée et gazeuse, le soda-water, l’eau alcaline gazeuse, etc.

L’eau magnésienne saturée est une dissolution limpide et non gazeuse de magnésie dans l’eau, à l’aide de l’acide carbonique. Elle offre le moyen le plus commode d’administrer la magnésie ; chaque cuillerée à bouche représente trois h quatre

Page 1