‹ Manuel des eaux minérales naturellesChapitre 9 sur 104 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Sommaire. — Des Bains. — Des Bains d’eau commune. — Des Eaux thermales. — Conjectures sur la cause de la chaleur des eaux. — De la Minéralité des eaux. — Le Calorique des eaux dilTère-t-il de celui de nos foyers ? — Action thérapeutique des Eaux thermales. — Des Piscines.

— Du refroidissement des Eaux. • — De la caléfaction artificielle des Eaux.

— Des Boues. — Des Douches. — Des Étuves. — Conclusion.

Le bain est l’immersion, le séjour passager et plus oumoins prolongé du corps ou d’une partie du corps dans un liquide et spécialement dans l’eau simple, ou dans l’eau minéro-thermale.

L’usage des bains , qui date de l’antiquité la plus reculée, a pris sans doute son origine dans les climats chauds de l’Asie. Hippocrate en parle comme d’un remède très-utile dans un grand nombre de maladies. Rome, qui paraît avoir tiré de la Grèce et de l’Asie tout ce qui concerne les beaux-arts et le luxe, semble y avoir pris également l’usage des bains. Ceux-ci se multiplièrent dans l’Italie, à mesure que le luxe y fit des progrès. Sous Dioclétien, on en comptait plus de huit cents en Italie. Les vestiges des Thermes d’Agrippine, de Néron, Titus, Domitien , Trajan , Caracalla, sutfisent pour nous prouver la magnificence avec laquelle on les élevait. Dans les Thermes de Caracalla, il y avait mille six cents sièges d’un superbe marbre, et l’histoire rapporte que trois mille personnes pouvaient s’y baigner.

Les Romains transmirent l’usage des bains à quelques-uns des peuples qu’ils conquirent; on voyait encore à Paris, au xiv*^ siècle, des bains publics assez semblables aux leurs, c’està-dire des bains d’eau chaude, dont on ne sortait pas sans d’abondantes onctions.

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CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Des Bains d’eau commune.

Pour bien apprécier Faction des bains d’eaux minérales sur l’économie vivante^ il est indispensable de connaître celle que produisent les bains d’eau commune. Ceux-ci se divisent en bains entiers et demi-bains; en froids, chauds, et tempérés. Les bains entiers sont ceux où le corps plonge dans l’eau jusqu’au cou; les demi-bains sont ceux où Feau ne s’élève que jusqu’à l’ombilic ; les pédiiuves et les manuluves sont ceux dans lesquels on plonge seulement les pieds ou les mains.

Il n’est point indifférent de prendre un bain à tel ou tel degré de chaud ou de froid , et les médecins retireraient bien plus d’avantages des bains , s’ils en faisaient déterminer, le thermomètre à la main , le degré qui convient aux différentes maladies et aux différents tempéraments.

Quoiqu’on prescrive rarement les bains d’eau froide auprès des sources minérales , nous en dirons un mot comme objet de comparaison avec les bains de mer.

Bain froid. Un bain est froid au-dessous de 15° Réaumur, 18° 75 therm. centigr.

Effets immédiats. Le premier effet de ce bain est le frisson, suivi d’une contraction spasmodique de la peau qui lui donne l’aspect de ce qu’on appelle vulgairement chair de poule. On ressent un léger tremblement convulsif et un sentiment de malaise ; le pouls se resserre, se concentre ; la respiration est irrégulière , et plus ou moins précipitée ; on a des envies d’uriner. Peu à peu ces symptômes s’effacent, les forces vitales réagissent, la peau rougit, la vitesse du pouls augmente, et de soixante-dix pulsations, elle peut s’élèvera cent vingt. Mais si l’on reste longtemps dans le bain froid, on ressent un nouveau frisson avec tremblement, la peau pâlit ; une espèce d’engourdissement se fait sentir dans tout le corps. A la sortie du bain , l’homme robuste, après s’être essuyé, éprouve une sensation agréable de chaleur ; cette chaleur s’exalte , et

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