‹ Manuel des franc-catholiques [microforme]Chapitre 6 sur 32 · ONE LE SACRÉ-CŒUR · texte numérisé non relu

ONE LE SACRÉ-CŒUR

Il y a dix ans, sur l'initiative de l’Association de la Jeunesse catholique Canadienne-française, notre Canada a arboré, comme drapeau national, l’étendard fleurdelysé du Sacré-Cœur. Il à obéi au pape Léon XIII, qui consacra, jadis, les peuples chrétiens au Cœur divin. Il a obéi au vœu du Christ, révélé à la France, il y a plus de 230 ans, et non encore réalisé par la Mère- Patrie... Le 22 mai 1918, le cardinal Bégin, suivi par plusieurs évêques de la province de Québec, instituait la célébration solennelle de la fête du Sacré Cœur de Jésus. Le 24 mai suivant, S. É. autorisait l’impression des Statuts de la Ligue franc-catholique.

Ce double fait nous permet d’espérer beaucoup des promesses du Sacré-Cœur à la race des “ Francs qui aiment le “hrist ” et qu’aime le Christ — toujours

dèle à ses promesses — si la race lui reste fidèle.

Déjà une Ligue du Sacré-Cœur existe chez nous(1) et se propage avec l’Asse-

(1) La Ligue du Sacré-Cœur a été fondée, en France, par le Père Jésuite français Xavier Gautrelet, à Vals, en 1844, cent cinquante-cing ans après les révélations du Cœur Sacré à la Visitandine française, Mar-

ciation de la Jeunesse. Ainsi s’ouvre la voie à la Ligue franc-catholique, fondée, elle aussi, pour obéir aux Papes, — destinée à couronner notre organisation religieuse, militante, laïque et sociale. Ainsi se formera, enfin, le grand “ parti de Dieu ”, voulu par-Pie X, avec nos associations d'ouvriers et de patrons catholiques, de S. Vincent de Paul, de S. Jean-Baptiste, du Tiers-Ordre, des Voyageurs du commerce, de S. Antoine de Padoue, nos syndicats agricoles, nos caisses d'épargne, l’association de la presse catholique, etc.

‘“ De parti d'ordre, a dit Pie X en 1903 (première encyclique) capahle de rétablir la tranquillité au milieu de la perturbation des choses, il n’y en a qu’un:

le parti de Dieu. C’est donc celui-là qu’il nous faut promouvoir.”

guerite-Marie, sous Louis XIV, en 1689 — un siècle avant l'explosion, en France, de la Révolution maçonnique. La Ligue est sous la haute direction du Père Général de la Compagnie de Jésus. Son quartier général, avant la guerre, était à Tournai (Belgique).

Il y a plus de 60,000 sections de la Ligue et environ 25 millions de membres. L’organe officiel en est le Messager du Sacré-Cœur, jadis publié à Tournai. Il existe des Messagers en plus de vingt langues, dont un au Canada français (Montréal) et six en anglais (Empire britannique, États-Unis).

lt IT LA LIGUE FRANC-CATHOLIQUE

Pourquoi cette Ligue ?

D'abord,pour obéir aux dix Papes qui, avec une continuité significative, inouïe dans l’histoire. de l’Église, ont, dès 1738— il y a 180 ans — dénoncé la secte secrète, séculaire, sataniquement anti-chrétienne et anti-française, Qui obéit aux Papes obéit à Dieu. Qui obéit à Dieu en sera récompensé doublement là-haut et ici-bas(2). Qui n’obéit pas en sera logiquement et terriblement puni.

Ensuite, parce que la Patrie canadienne, fondée par les grands ancêtres français, il y a plus de 300 ans, se trouve, avec sa race, sa foi, sa langue, son âme, sés mœurs, ses traditions, ses institutions, son Église catholique nationale, ses

coles et son Éducation à tous les degrés, en un danger éminent, imminent, s’aggravant sans cesse.

Ce danger résulte, historiquement, originairement, d’une ‘conspiration ma-

(2) “ Pour mériter le nom de catholique, il ne suffit pas d’accepter théoriquement les vérités que le Pape enseigne. Il faut encore obéir à ses décisions et se montrer docile à ses vues et à ses directions” (Mgr L.-A.

Paquet : L'Esprit romain: Almanach de l’Action Sociale Catholique, 1919, p. 9.)

çonnique occulte, permanente. Il date de près de 160 ans. Il date de l’invasion protestante anglaise et maçonnique.

Il date de la prise de Québec. 1759(3).

I] date de l’introduction de la Maçonnerie impériale au Canada, où déjà, dès 1721, une loge occulte existait.

(3) Quand le franc-maçon français François Arouet, dit Voltaire, initié en Angleterre, loge S. Paul, (1726) à l’âge de 32 ans,— complice avec les FF.'. de France; de ceux d'Angleterre, dans la conspiration contre la France royale et le Canada — apprit la “hute de Québec, aux mains du frane-maçon impérial Wolfe et de ses régiments, munis de ‘ patentes de voyage ‘” par les “ Grandes Loges ” d'Angleterre, d'Écosse et d’Irlande, il en comprit la portée : c'était une virtoire maçonnique. Il acclama cette chute comme étant la ‘ victoire de la liberté”’ (maçonnique). D fit illuminer son château de Ferney, à giorno, et il y invitales FF. et amis. Il fit tirer dans le pare, en leur présence, un feu d'artifice de joie. Le bouquet représentait l'Étoile (symbole maçonnique international) dite de S. Georges, brillant au dessu: du Niagara (symbolisant le Canada). Détails fournis par le Public Advertiser de Londres, 28 nov. 1759. (J. de Beaudoncourt, Histoire populaire du Canada, Montréal 1886, p. 365).

F.'. Voltaire importa d'Angleterre la devise L..P..D.'. (Lilia pedibus destruere : fouler “aux pieds les lis de France), Il invente la formule : ‘“ Ecr.’. l’Inf .. (Écraser l’infâme) cri de haine judaïque contre le Christ et le christianisme. Auteur de l’infâme poême, la Pucelle d'Orléans, contre Jeanne d'Arc, il reçut une subvention de la cassette royale d'Angleterre.

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C'est aussi le 13 octobre 1721 que la Grande Loge de Londres fonda, par son chef, F.'. lord Montagu, sa première loge anglaise en France, à Dunkerke, en face des côtes d'Angleterre, sous l’hypocrite vocable : Amitié et frater-

.nité. Coïncidence significative : la

pieuvre plantait simultanément ses tentacules empoisonnantes au Canada et en France. C’est à Québec même que se cachait la Loge. Le chef de la bande, masquant peut-être quelque Anglais, était,"en 1757-1758, rapporte J. de Beaudoncourt, auteur français de l'Histoire populaire du Canada (1886, Montréal, pp. 331 et suiv.) l’intendant concussionnaire François Bigot. Chargé des recettes et dépenses, il volait la colonie. Ce traître à la France était parent de deux FF.'. qui, à la cour de Louis XIV, sous la Pompadour, acquise à la secte, avaient su prendre du crédit auprès des ministres circonvenus ou gagnés. Bigot y avait un affidé secret, qui l’aidait à cacher ses vols. Le gouverneur de la colonie, de Vaudreuil, faible, fermait les yeux. ci je cite : “ Bigot qui opérait en grand... avait formé une société secrète avec les agents publics chargés d’acheter les fournitures du gouvernement de la colonie.’ Autant dire une Loge. Cela se passait en 1757.

J. de Beaudoncourt, en 1886, ignorait qu’une Loge existait, à Québec, dès

ne

1721. Et, c'est par le Star, organe maçonnique de Montréal, dans un long article jubilaire de fin d'année, consacré, en 1905, à l’histoire de la Secte, au Canada, que le fait a été divulgué.

“Le complice de Bigot, à Paris, était un nommé de la Porte, employé «u ministère. Il ouvrait les: dépêches et confisquait celles qui compromettaient Bigot.”

Toutes les trahisons qui précédèrent la chute de Québec doivent se rattacher à l’action occulte de cette Loge. -

t à la Bulle de Clément XII (1738)- contre la Secte, celle-ci était déjà, dès 1725 (première loge à Paris) devenue assez puissante pour in£:encer le Parlement gallican de Paris, qui refusa d’entériner la Bulle. Le mal.

heureux et corrompu Louis XV ne l’homologua pas. , Elle ne fut pas publiée officiellement, nien France ni au Canada.

La Secte avait su l’étouffer. Ce n’est qu'après 1759 que la Bulle fut connue au Canada. Trop tard !

Cette digression sur les dessous historiques du Canada, au XVIIIe siècle, permettra de mieux comprendre la rapidité et la puissance des progrès de la pieuvre impériale dans ce pays. On sait comment, après 68 ans de travail, en France, la Maçonnerie impériale, i » fit éclater la bombe :“ à

renversement ” de 1789 —trente ans

après le “coup” de Québec, préparé pendant 38 ans.

La même cause devant produire, au Canada, les ruême effets funestes qu’en France au XVIIe siècle et aux XIX- XXes siècles (1377-1918), le Canad menacé aujourd'hui de catastro inévitables, si l’on ne s'organise « d'urgence, avec vigueur et ensem:; contre les assauts multipliés des taires. Ils ont recommencé machiswé wquement — profitant des divisions de partis, et de la grande guerre allumée occultement par eux— ils ont recommencé le siège de la province catholique et française, mère de la Patrie canadienne.

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