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L'INSUFFISANCE DES LIENS HIERARCHIQUES

fait tous leurs efforts pour supprimer, au contraire, les degrés intermédiaires, intervenir dans les démêlés de leurs vassaux avec les hommes de ceux-ci, et finalement attirer à eux Tobéissance immédiate des arrièrevassaux.

La tendance qui aboutissait à la suppression des degrés intermédiaires entre les hauts suzerains et la petite féodalité a eu les conséquences les plus importantes pour l'histoire du régime féodal et pour celle de la monarchie. Bien qu'étant directement contraire à la logique de ce régime, rimmédiatisation est un fait très général qui n'a cessé de se produire, sur tous les points du territoire, depuis le x^ siècle jusqu'à la fin de la période que nous éludions. L'ordre hiérarchique devait être de plus en plus méconnu et gravement atteint, car il offrait par lui-même un obstacle à ce mouvement de recomposition, de reconstitution sociale et politique ({ui est le trait principal de l'histoire de la France au moyen âge. Tout conduisait à l'immédiatisation, puisque le haut suzerain était intéressé à Taccomplir, et que les arrière-vassaux eux-mêmes avaient leurs raisons pour la désirer.

1<* Le vassal était attaché à son seigneur, principalement par l'espoir légitime de bénéficier de sa protection en cas de guerre, de son opulence et de ses libéralités en temps de paix. U devait s'apercevoir tôt ou tard que le haut suzerain, duc ou comte, était généralement plus en état de lui procurer ces avantages que le seigneur direct à qui la situation de son fief l'avait naturellement assujetti.

2<^ Il est dans la nature humaine de préférer au maître qui est près celui qui est loin, à la domination du châtelain local, toujours redoutée parce qu'elle est voisine, la domination plus générale, et par suite moins inquiétante, d'un suzerain éloigné. En d'autres termes, les vassaux ont cru que les garanties d'ordre, de protection et de justice étaient, pour eux, d'autant plus sûres et plus étendues que le suzerain occupait un rang plus élevé dans la hiérarchie seigneuriale.

3** De son côté, le haut baron avait tout intérêt à seconder les efforts de ceux qui venaient à lui : car, en augmentant le nombre de ses vassaux immédiats, il accroissait d'autant ses forces militaires, le chiffre de ses revenus et l'importance politique de sa seigneurie. Le mouvement d'immédiatisation se produisit donc et se propagea, à la fois, par en bas et par en haut. Hauts suzerains et arrière-vassaux, allant à la rencontre les uns

d'Ardres, éd. MfiiiiLGLAisE, p. !245). — En 1255, le comte de Bourgogne, Hugues, et sa femme Alix, donnent à leur fidèle, Amé, seigneur de Hontfaucon, leur chftteau et leur cliàtellenie de Roulens, avec tout ce qu'ils y possédaient, en domaines propres et en fiefs. « Et volons et commandons, ajoutent-ils, a tous ces qui tiennent fiez de nos, tant com per lou châstel de Roulens, ou per chose qui appertiegnent à Roulens ou a la chastcUenie de Roulens, que il deveignent home au devant dit Amey, seigneur de Monlfaucon, en tel meniere corne il en estoient nostre home. > (Perbeciot, UI, pr. n* 39.) Le seigneur de Montfaucon s'intercalait ainsi entre les feudataires de la châtellenie de Roulens et le comte de Bourgogne, qui de suzerain direct, à leur égard, passait à l'état de haut suzerain.

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des autres, devaient finir par se rejoindre et la hiérarchie féodale n'exista plus qu en théorie'.

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