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LA VILLE LIBRE

229. Caractères généraux de rinstitution. — Sous qucl({iie forme qu'elles apparaissent, au nord comme au raidi de la France, les villes libres doivent naissance à une révolution indigène et spontanée. On ne peut nier (ju'une partie de leurs éléments d'organisation ne soient empruntés aux débris des régimes antérieurs, parfois même aux institutions des pays voisins, mais ce serait se tromper gravement que de leur assigner, comme origine, la tradition municipale gallo-romaine, la gilde germanique, ou le consulat italien. Nos villes libres sont sorties, comme les villes franches, et à la même date, du besoin qu avaient les habitants des villes de substituer l'exploitation limitée et réglée à l'exploitation arbitraire dont ils étaient victimes. Sur certains points, celte limitation de l'exploitation seigneuriale s'est faite â l'amiable, par une transaction pacifique sur\'enuc entre le seigneur et ses bourgeois. Ailleurs, il a fallu, pour qu'elle eût lieu, une insurrection plus ou moins prolongée. Quand ce mouvement populaire a eu pour résultat, non seulement d'assurer au peuple les libertés de première nécessité qu'il réclamait, mais encore de diminuer à son profil la situation politique du maître en enlevant à celui-ci une partie ou même la totalité de ses prérogatives seigneuriales, il n'en est pas seulement sorti une ville affranchie, mais une commune ou un consulat, seigneurie bourgeoise, investie d'une certaine puissance militaire et politique.

Cette définition de la ville libre implique qu'à l'origine elle n'a pu s'éUiblir autrement que par une pression exercée sur l'autorité seigneuriale. Non pas que les villes libres aient dû toutes passer par la phase de rinsurrection ou de la résistance ouverte : il en est qui ont profilé d'un ensemble de circonstanciés exceptionnelles pour arriver sans coup férir à la liberté polilitjue (besoins pécuniaires du seigneur, vacance proh)ngée d'un iy'w^o épis4-()j)al, disparition d'un siMgneur laïque mort sans héritier diivct, laissant une succession disputée par de nombreux compétiteurs, rivalité entre le seigneur laïqu(M.»l le seigneur ecclésiastique, etc.), mais, d'ordinaire, ravénement de la bourgeoisie au rang de puissance politique n'a pu avoir lieu pacifitpienient : ou bien le seigneur a lutté contre ses sujets rebelles, ou bien il a redouté la lutte et s'est incliné, en nmrnmranl, devant le fait accompli.

Au déclin du xir siècle, l'opinion des classes dominanles cessii d'être aussi hoslile aux villes libres. Quand on eut acquis la conviction que le mouvement populaire élait irrésistible, on le toléra; on chei'4-ha même le meilleur moyen d'en tirer parti. La féodalité s'aperçut qu'à cert^iins égards, et surtout au point de vue militaire, la liberté nmnicipale pouvait être un instrument utile. Klle acceptai donc l'organisation connnunale ou consulaire et même elle en vint à la créer là où elle ne s'était pas spontanément établie. Mais les villes libres de cette catégorie (celles de la

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