‹ Manuel des institutions françaisesChapitre 174 sur 262 · LA TRANSMISSION DU POUVOIR ROYAL · texte numérisé non relu

LA TRANSMISSION DU POUVOIR ROYAL

252. Le principe héréditaire et le principe électif. L'association de l'héritier présomptif. La désignation. — Il en était de la France capétienne comme de toutes les autres nations de l'Europe A lu même époque. A la monarchie fondée en 987 manquait une constitution fixe pour la transmission du pouvoir royal. Rien de moins déterminé et de plus flottant, pendant la période d'origines, que les rap|H)rts de la royauté et de la féodalité, au point de vue de l'élection du prince. Rien de plus difficile que de savoir jusqu'où allaient, en pareille matière, les droits de la maison régnante et ceux des grands vassaux. Cette limite s*est constamment déplacée en raison de circonstances diverses et éphémères qui échappent à toute définition générale, tille a varié suivant le caractère des souverains, le degré de l'influence matérielle et morale qu'ils exerçaient, la force ou la fiiiblesse des hauts barons qui l'eprésentaient les intérêts de l'aristocratie. Ce qui est certain, c'est qu'au xr et au xn" siècle la France a été le théâtre d'une lutte, plus vive qu'on ne le croit d'ordinaire, entre les deux principes politiques de Vhérédité et de V élection,

La période qui s'étend de la déposition do l'empereur Charles le Gros à l'avènenient de Hugues Capel avait élé, par excellence, l'époque de l«i prépondérance décidée du principe électif. La dernière et la plus remarquable application de ce principe fut la nomination du duc des Francs en 9X7. En jMvféranl Hugues Capet à Charles de Lorraine, les grands n'eiilendaienf certainement pas fonder quelque choî>ede définitif et se priver, de gaieté de cœur, du plus important de leurs droits politiques. Ils espéraient sans doute (c'est ce que prouvent les faits subséquents) continuer ce jeu de va-et-vient à la faveur duquel ils avaient pu, pendant tout un siècle, accroître leurs fiefs et en assurer l'indépendance. Mais il arriva que la dynastie ca[)étienne, une fois installée, songea naturellement à consolider sa situation et à retenir le plus longtemps possible entre ses

I.)LiM Y, Traité de la majorité de non rois et des réyeuees du royaume (1655).

Lkdbet, De la souveraineté du roi (165'i:. — Du Tillet, Uecueil des rois de Franec, (I()18). — IJntooicxT, liecherehes sur les régences en France, dans le t. IV dos Dissertations de LhUKn. — Laboilaye, De la com'ition civile et puldit/ue des femmes (IXil . — LrciiAïUK, Instit. monarch.A, r)0-87.

Page 1