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468 LES INSTITUTIONS MONAKCHlQUES.

Long et de celui de Charies le Bel. Ce triomphe complet du droit de la masculinité, assuré par l'entente étroite de la famille r^nante et de la nation, n'était cependant justifié ni par l'usage suivi dans les États étrangers, ni par les habitudes pratiquées dans la plupart des grands fiefs français. On a vu plus haut (g 9i; que la cafiacité successorale des femmes était entrée presque partout, dés le xnr siècle, dans le droit de la classe seigneuriale. 1^ royauté française en avait elle-même bénéficié, sous le règne de Philippe le Bel, puisque la couronne de Navarre lui était arrivée précisément par cette voie. Néanmoins, en ce qui touche la couronne de France, le principe contraire, bien qu'exceptionnel, prévalut. Il avait déjà reçu une application |>artielle, en ioli, lorsque Ptiilippe le Bel déclara les femmes exclues de la succession aux apanages. La logique voulait qu'elles fussent, à plus forte raison, incapables d'être investies de la dignité royale. Si justifiée qu'elle fût par la nécessité d'assurer l'œuvre de l'unité monarchique, l'application rigoureuse de la masculinité commença par n'être qu'un fait et, au fond, une nouveauté. Les légistes du xiv* siècle essayèrent plus tard d'en faire une coutume ancienne ^de la monarchie, en interprétant à leur fantaisie un article célèbre de la loi des Francs saliens, où Ton ne trouve qu'une expression particulière de cette coutume germanique qui reconnaissait aux enfants mâles un privilège successoral sur les immeubles et notamment sur les propres.

254. Les minorités et les régences. — Pendant la durée de notre période, la majorité des rois ne fut pas soumise à une rt*gle plus lixe que celle des princes féodaux leurs contemporains (g 92). Leur œtoê légitima correspondait aussi à l'époque même ou ils étaient admis à la chevalerie. Philippe l*^ avait à peine 14 ans lorsqu'il sortit de tutelle*; Louis VI fut fait chevalier à 17 ans'; Philippe Auj^uste à li'*; Louis Vlll à 22 *; saint Louis atteignit sa majorité à 21 ans", û^a* lôgal pour la généralité des chevaliers. Kn décembre 1271, Philippe lll fixa à H ans révolus la majorité de son fils alné% disposition destinée à prévenir les abus de pouvoir des régents, et qui devait être consacrée (lélinitivemeiit au xiv siècle par une ordonnance célèbre de (lliarles V.

Il faut distinguer, parmi les régences, celles que nécessita ïabsence firolongèe du souv(»rain et celles qui furent constituées dans le cas d'une ynlnoritr,

La première régence eut lieu au milieu du xr siècle, loi*sque la mort de Henri V' laissa la dignité royale à un enfant âgé de huit ans. Le roi avait confié la gnrde de son fils {intela, cmLodia, mumlihurdinm) à son parent

\. LtcuAiRK, Inulil. moivtrch., I, 78.

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