Langloi«, Philippe III, p
552 LES INSTITITIONS MONAHCIlKjUES.
sous le règne do saint Louis. Au sons le plus large du mot, l'hôtel du roi comprend, avec tous les services de la haute et hasse domesticité royale. rensemble des personnes, ecclésiastiques et laïques, qui vivaient en permanence auj)rès du souverain, formaient son escorte militaire et son conseil, et l'aidaient, dans la curia, à exercer ses pouvoirs judiciaires et administratifs. Dans une acception restreinte, l'hôtel du roi renferme seulement les meliei'S (ministeria, plus lard officia) et les services auxiliaires entre lesquels se réparlissaient les offices domestiques attachés à la personne du prince. Il avait pour annexes Yhôtel de la reine^ et Vhôtel des enfanta de France, constitués sur le même pied (sur les de'penses fie rhôlel, voir g 518, 527). l/organisation de \ hôtel nous est connue par les comptes de la maison royale, dont lopins ancien est de 1251 *, et par les ordonnances de réglementation, dont les principales sont celles de J261, 1280, 1291, 1514, 1516, 1517, 1518, d522'. De saint Louis à Philippe de Valois, Vhôtel est resté en sonmie constitué sur les mêmes bases, sauf Tadjonction d'un service nouveau, celui de V argenterie (§ 527), et la multiplication progressive du personnel.
Les documents administratifs et financiers do la seconde moitié du xui'* siècle font mention des six métiers de Vhôtel, auxquels s'adjoignait le service hors cadre de la chambre ^. On distinguait d'ailleui's, parmi les officiei's do chaque métier, ceux qui étaient attachés au service pei*sonnel du roi, et ceux qui étaient au service du commun.
d° La paneterie, paneteria (panetiers, clerc de paneterie, sommeliers des nappes, pAtissier, oublier, etc.).
2" Véchansonnerie, scancionaria (échansons, clerc d'échansonnerie (parfois le même que celui do la paneterie), sommeliers, barilliers, bouliers, potier, etc.).
5" La cuisine^ coquina (queux, aides do cuisine, rôtisseurs, pages de cuisine, souffleurs, hàleurs, saussiers, clerc de la cuisine, poulailler, charreliers de la cuisine, etc.).
i" La fruiterie j fructuaria (fruitiers, valets des chandelles, charretiers, etc.).
5" \,^ écurie y senti feria (écuyers, maréchaux, valets de forge, palefreniers, bourreliers, clerc de récurie, etc.).
G" \/\ fourrière, forraria, dont les ofliciers étaient chargés d'assurer le giti* et rapprovisioimement du roi et de sa cour lorsqu'ils se déplaçaient (fourriers, valels de fourrière, portiers, valets de j)orte, etc.).
7" La chambre (chambellans, valets de chambre, et, parmi ceux qui portaient ce dernier titre, le barbier du roi, le tailleui-, etc.).
1. Iir. XXI, |). t>'20. Cf. Ibid , j). ti.M, cl XXII, p. r>«">-015, les complcs des années ItiôH et 12r.<.).
% Voir rémunérât ion de (!e> ordonnaiires et les renvois aux sources, dans Lkmon- MKR, p. 7.
3. Il exirte des docuineuts ({ui présentent la rlmmbre coiuuie un uiétier, d'antres qui l'adjoigruenl aux six uiétiers «t la reniplaceut par la fourrifrc.
L'ADMLMSTRATlOxX CENTRALE. 555
En dehors des six métiers et de la chambre, la maison du roi comprenait les services auxiliaires, auxquels étaient attachés des officiers souvent plus élevés en dignité que ceux qui viennent d'être mentionnés. Les principaux de ces services étaient les suivants :
i<* Le service de santé. Il était exercé en général par des clercs (phtjsicij medici régis). Les médecins du roi, au xi« siècle, souscrivaient assez souvent les chartes royales ^
2** Le sei^vice de la chasse. Il paraît déjà organisé d'une manière assez complète au temps de Philippe Auguste. Dans les textes de cette époque sont mentionnés, à côlé des veneurs (venalores)^ les louvetiers (luparii), les fauconniers (falconarii), les chasseurs de renards (gupilarii^ vulpeculatores), les oiseleurs (avicularii)^. Il faut y ajouter les valets de chiens et toute la basse domesticité de la vénerie.
5° Le service de la garde et des armes. Il comprenait d'abord les huissiers d'armes (hostiarii armorum), qui n'étaient que trois en 1517', mais dont le nombre s'accrut considérablement sous les premiers Valois. Ces officiers, dont les attributions confmaient à celles des chambellans, étaient tenus de garder le cubiculum; mais on les employait aussi à porter les messages et à exécuter les arrestations. Plus nombreux étaient les sergents d'armes (servientes armorum)^ dont l'institution remonte, comme on le sait, à Philippe Auguste *, et qui formaient à l'origine la véritable garde du corps du souverain, chargée de veiller constamment à sa sûreté. Les ordonnances de 1285 et de 1516 montrent que sous Plûlippe le Bel et ses fils ils étaient à peu près une trentaine *. Leur nombre et leur importance devaient s'augmenter aussi sous les successeurs des Capétiens directs. Un corps d'arbalétriers et d'archei*s complétait l'escorte militaire du prince et l'accompagnait dans tous ses déplacements.
4° Le service de la chancellerie. Les clercs chargés de ce service et qui, à l'origine, faisaient aussi l'office de chapelains, formaient, sous le nom collectif de clerici et de notarii régis, un corps puissant, déjà mentionné dans les documents du temps de Robert le Pieux*. Leur fonction principale consistait à écrire, à sceller et à expédier les diplômes royaux. Le développement des opérations de chancellerie au xiii* siècle eut pour conséquence l'extension et l'organisation plus régulière du notariat attaché à l'hôtel. Sous Philippe le Bel et ses fils, les textes permettent de distinguer, parmi les notaires, l'audiencier (audientiarius), le clerc et le
1. LccBAiRE, Instit. monarch.y I, 105. Cf. Bodtaric, La France sous Philippe le Del, p. 333.
2. Brussel, Compte de 1202. n«lit), 182, 187, 190, 191, 193. Cf. Deiisle, Catat., 685, 1290, 1930. Cf. BooTARic, La France sous Philippe le Bel, p. 322.