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536 LES INSTITUTIONS MONARCHIQITS.
lique rigoureuse des cours coutumières, gens d*un caractère processif et d'une politique impitoyable » ^
D'autre part, le conseil royal subit, lui aussi, à cette même époque, rinfluence du courant d'idées et de faits qui tendait à substituer partout, dans les emplois d'administration, de judicalure et de finances, l'élément laïque et bourgeois à l'élément ecclésiastique et nobiliaire. Saint Louis avait contribué à précipiter ce mouvement en défendant de placer des nobles dans les offices inférieurs subordonnés à l'action de ses baillis et de ses sénéchaux*. Philippe le Bel, à son tour, proclama la nécessité d'exclure les clercs, c'est-à-dire les privilégiés soustraits à la juridiction ordinaire, des fonctions municipales et seigneuriales'. Ces mesures de précaution, prises pour faciliter l'action administrative, ne répondaient que trop bien à l'esprit du temps et à la tendance générale qui poussait tous les pouvoirs à réagir contre la domination ecclésiastique. Le développement du laïcisme bourgeois produisit, entre autres effets, la création d'une classe de conseillei-s royaux qui fut véritablement l'origine de la noblesse de robe, si puissante aux siècles suivants. On vit, sous le règne de Philippe le Bel, des légistes nommés chevaliers sans être nobles et sans avoir porté les armes : les « chevaliers es lois » . Tel fut Guillaume de Nogaret, qui s'intitulait officiellement legum doctor et miles, ou miles et legum professer, ou simplement miles régis Francise^, a Une classe d'hommes politiques, entièrement nouvelle, ne devant la fortune qu'à son mérite et à ses efforts personnels, dévouée sans réserve au roi qui l'avait créée, rivale de l'Église dont elle aspirait, en bien des choses, à prendre la place, faisait ainsi son entrée dans l'histoire de notre pays, et allait inaugurer, en tout ce qui touche à la conduite des affaires, un profond changement. »
292. Les chefs des palatins et des conseillers royaux. Réaction féodale et révolutions de palais. — Quelles que soient les vicissitudes par lesquelles ait passé le conseil royal et la physionomie particulière qu'il ait revêtue suivant les époques, son histoire est dominée par certains faits généraux qui se retrouvent dans toutes les phases de son évolution.