VciTRY, I, r>04 suiv
2. Le Clirouicon saacti Maxentii Pictavensis, dans Chron. deségiUes (f Anjou (éd. de
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domaine royal, comme dans les autres domaines féodaux, les villes payaient une redevance spéciale, sous forme de taille ou de fouagCy pour n'avoir pas à subir les altérations monétaires (§ 158); ce qui n*étaît pas toujours une garantie. Aussi arriva-t-il qu'au commencement du xui« siècle, l'usage s'était répandu de régler les stipulations pécuniaires des contrats, non pas en monnaie ayant cours, mais en poids de métal et notamment en marc d'argent. On se dérobait aux conséquences de l'altération du numéraire en évitant, dans les transactions, de se servir des espèces monnayées.
Cette situation fâcheuse nécessita, dans le régime monétaire de la monarchie capétienne, une réforme qui fut l'œuvre du gouvcrnemenl de saint Louis, et demeura, dans la mémoire des peuples du moyen âge, un de ses principaux titres de gloire. La réforme de saint Louis * consista essentiellement : 1" à rendre la monnaie royale meilleure et plus fixe que les monnaies seigneuriales; 2" à en généraliser l'emploi, en obtenant qu'elle circulât dans toutes les parties du royaume, premier acheminement vers l'unité monétaire. D'une part, le roi rétablit la circulation de la monnaie, en y introduisant i\Qs> espèces d'or et d'argent qui avaient presque complètement disparu, en réglant avec soin le poids et le titi'e de toutes les pièces, et surtout en maintenant la fixité de leur valeur. D'autre part, il en propagea et en imposa l'usage en dehors du domaine royal, dans les grands fiefs indépendants et aux dépens de la monnaie seigneuriale elle-même. Ce côté tout politique de la réforme monétaire ne fut possible, on le comprend, qu'à une époque où le pouvoir royal était devenu prépondérant, et où la haute féodalité n'était plus capable de résistance ouverte.
Dtvjà, sous Philippe Auguste et par une conséquence naturelle des victoires remportées par ce conquérant sur la maison des Plant agenets, la monnaie tournois tendait à se substituer, dans la France de l'ouest, à la monnaie angevine. Saint Louis, parla célèbre ordonnance de mai l*J(>5*, décréta : I'* que la inonn;ne seii;neuriale devait différer, par ses caractères apparents, de la monnaie royale; 2' que la monnaie du roi aurait cours exclnsivemenl dans le domaine royal et dans tous les endroits où il n'v avait pas de monnaie sei^^neuriale, et qu'elle serait reçue concurremment avec relle-ci dans les seigneuries investies du droit de monnayage ; 5" que, pour éviter les opérations illicites sur la monnaie royale, il était défendu, sous peine de conliscation et de clialinienl corporel, de rogner ou de
ly Site, de illist. (le Fr., [>. i'2I. i'2.*», i'i'.r, ^^i^^lal^' dt s varialioiis et altérations dans la monnaie en 110"), lll'i et iVH). (il', les textes (\\\o nons avons cités dans nos luslit. monarch.. 1, HM). Voir sur ce point Lkiji.anc, Traite des wonnine», Giéraru. PiyjI»'"'. du Cftrful. de St-Vère de Ckartrea, p. 18S suiv., et surtout A. w. lUriTiitLKJiY, Essai sur r/iisf. de In monnaie y>/// m/a. dans Mém. de la Soe. d'hist. de l'aris, II, p. 147.
1. Sur la réforme monétaire tle Si l,<>uis : i>k Wvu.r.v. Mémoire sur les variations de la lirre ttnirnois, dans le t. \\1, des Mem. de lAead. des hmrr. et lieehcre/irs sur le système mottétaire de St Lmtis. Q'. ViiiH\, Etudes, t. I. p. iii> et ^uiv.