Les services auxiliaires. Le commandement. — Les
documents de la seconde moitié du xui*^ siècle nous montrent les Capétiens préoccupés d'assurer la subsistance des armées nombreuses qu'ils mettaient en mouvement. Les guerres importantes qui se firent sous Philippe le Hardi et Philippe le Bel obligèrent le gouvernement royal, non pas à approvisionner directement les troupes, puisque les compagnies soldées se nourrissaient à leurs frais, mais à accumuler les vivres sur le théâtre des opérations et à faciliter les achats. Les hauts fonctionnaires administratifs, baillis et sénéchaux, étaient chargés de rassembler d'avance, en grandes quantités, les productions alimentaires de leur province et de h»s diriger sur un point central, voisin du pays où la guerre devait avoir lieu. Le matériel servant aux besoins de l'armée était porté par les chai^ rettes et les chevaux que fournissaient, en nombre considérable, les communautés ecclésiastiques et bourgeoises soumises à l'ost.
Des corps de mineurs (minatores) et d'ingénieurs ou artilleurs, chargés des engins, c'est-à-dire des machines de projection et de siège {artillia tores ou attiliatores), sont déjà signalés dans les armées des premiers Capétiens. Ils contribuèrent beaucoup aux succès remportés par Philippe Auguste. Mais ce n'est qu'à dater de la fin du xui* siècle que le service du génie militaire paraît organisé régulièrement. Un acte de 1521 signale des compagnies de mineurs expédiées sur l'armée de Gascogne, chacune d'elles groupée autour d'une bannière qui portait les armes du roi.
Il semble que le gouvernement de Philippe le Hardi se soit particulièrement occupé du recrutement des chevaux de guerre, point capital dans un temps où la cavalerie jouait le premier rôle. L'ordonnance de 1279,
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de jumenii$ tenendis, ordonnait à tous les chevaliers et roturiers j>ossesseurs d'une cerUdne fortune d'entretenir une jument poulinière, et à lous les sei*îneurs de quel((ue importance d'avoir un haras. Elle réglementait aussi la vente des chevaux dep^uerre*. Des mesures, d'un protectionnisme souvent mal entendu, prises pour em[)ôcher les chevaux français de passer à l'étranger, complétèrent ces dispositions. Philippe le Bel continua et accentua, sur ce point, la politique de son père. A partir de 12%, presque toutes ses ordonnances douanières prohibent l'exportation des chevaux, des arnnu*es, des armes offensives, et môme de la matière première employée à leur fabrication.
C.onsidèrèe dans son ensemble, l'armée royale, au début de la troisième race, était placée sous les ordres du Minéchal de France (g 281). Après la suppression effective du dapiférat, à la fin du xn»^ siècle, le nMe militaire du sénéchal fut dévolu en grande partie au connétable (g 285) et à ses subordonnés, les maréchaux (g 286). A partir du règne de saint Louis, les services auxdiaires dépendirent particulièrement du maître des arbalétriers (g 288). A ces chefs ordinaiit»s de l'armée vinrent s'ajouter, sous Philippe le Bel, les lieutenants généraux (g 285), pris dans la haute noblesse ou parmi les hauts fonc^tionnaires et investis d'un pouvoir presque absolu, en matière militaire et civile, dans les limites de la province que le roi plaçait sous leur commandement.
355. La marine de guerre*. — Les rois de la troisième race n'ont point eu, î\ proprement parler, de marine militaire avant le.s règnes de Philippe le Hardi et de Philippe le Bel. Les prédécesseurs de ces deux souverîûns étaient obligés, pour leurs croisa'des, de louer des vaisseaux aux puissances maritimes de l'Italie ou aux cités commerçantes du Languedoc et de la Provence. Sous Philippe Auguste, la guerre contre les Flamands el les Anglais nécessita cerlaines opérations maritimes don! la direclion fui confiée à Euslache le Moine: mais la lisle des amiraux <!«> Tranee no connnence véritablement (|u'en 127(1, avec Florent dr Varemies. Le connnandemenl de la llotle royale ruli'xorcé dès lors par des nationaux, connue eelOlhoiide Touci, (|ui est intitulé utiles et admiralus yalerarum domini reffis, dans un arle de l2îU, et par des étrangers, la plu}>arl (iénois, tels (\\w Benoit Z;iccaria {generalis 7iavi(/ii rcgia ndmiratns. on admiriddua narium, I2î)8) et Benerio cl»» (irinialdi, qui fut amiral de 130'2 A 17)07. Fn act(^ de Plnli[)pe le Long (ir>2l) mentionne un Bérenger
*Jm,. Arrhraftufir titirtilr \XTt\) . rt (ilossairr naulujiic 1X»S . — Boi TAlUf:, La Fninrt' sons l*hi/ijt/tr ir lU'l . p. ."»7<» >lli\.. <.'t Snftrrs rf c.rhdils drs tnss, t. XXII. — Ho<f \- /whiu. Ih' ioffirr ili' iiiuinnl t'}\ F nuire, du \\\\ <iu wiir sirclt', dans f*itsilit>n,< tirs Ihrsrs <lr l'Kr. des i.li., an. IS.V». (M à pail. IS."».*». — I.anolois. Philippe III, p. TiT"r»7i. — .1(11 luixiN, Mémoire sur le eoniuienremeiif de in marine miliiaivr noua Pitilippe le liel. dans Mém. de l'Arad. des Inserip., t. \\X. — IUtolumamei ii:. La Marine /'i a neaise soiiK Pitilippe le llel ISSO .