‹ Manuel des institutions françaisesChapitre 41 sur 262 · Martkse, Thés, anerd., l. IV (an. 1269, 1270, etc · texte numérisé non relu

Martkse, Thés, anerd., l. IV (an. 1269, 1270, etc

2. HUt. lia. de la Fr., t. XXVIÏ. 98-99. — 3. Ibtd., p. 110 suiv.

cl de les incarcérer. Il suffît enfin de rappeler les scandales donnés, dès la fin du xn* siècle, par les religieux de l'ordre de Grandmonl. Les frères lais ou convers de la communauté refusent d'obéir aux moines-clercs, et comme ils étaient proportionnellement beaucoup plus nombreux, des désordres interminables, vainement réprimés par Grégoire VIII, par Clément III, par Innocent III, se produisirent pendant tout le xm* siècle, notamment lors des élections priorales*. La décadence de Tancienne discipline monastique se manifeste indirectement par ce fait que la plupart des ordres cherchent alors à se faire une place dans renseignement public, à côté de TUniversité parisienne et dans son sein. Le collège de Saint-Bernard est fondé en 1244, par Etienne de Lexington, abbé de Clairvaux. Un collège de Prémontrés fut institué en 1247 ou 1252 par Tabbé Jean, qui aurait voulu en faire un séminaire de théologiens. 11 est vrai que ces tentatives, manifestement contraires à Tesprit d'humilité et d'elTacement, condition fondamentale de la vie monastique, réussirent peu. L'œuvre de l'enseignement et de la prédication convenait mal à ces anciens organes de la vie monacale.

Quant aux congrégations nouvelles du même genre, fondées à la fin du xu* siècle et pendant le xui'', comme les Ermites de Saint-Guillaume, les Blancs-Manteaux, les Béguines, les Carmélites, les Trinitaires, les Filles-Dieu, les Ermites de Saint- Augustin, les Célestins, elles se répandirent d'une façon plus ou moins sporadique, encouragées surtout par la dévotion de saint Louis. A vrai dire elles n'eurent jamais grand succès; leur importance fut toute régionale, et elles ne contribuèrent pas à augmenter ou du moins à conserver ce respect et ce culte du monachisme qui s'affaiblissaient peu à peu dans la conscience populaire. Les temps étaient changés. Des conditions sociales nouvelles, des besoins nouveaux ap[>elaient une nouvelle forme de vie religieuse. De là l'institution des Frères prêcheurs ou Dominicains et des Frères mineurs ou Franciscains (§§ 58 suiv.).

55. La tentative unitariste de l'abbaye de Gluny. Résistances et conflits'''. — L'abbaye de Cluny a essayé de réaliser en grand l'œuvre qu'accomplissaient, dans de moindres proportions, les simples abbayes et les petits chefs d'ordre, celles-là en cherchant à multiplier leurs prieurés, ceux-ci en étendant leur domination sur le plus grand nombre possible d'abbayes sujettes. Elle a voulu faire, à son pi'ofit, l'unité du monde monastique et absorber dans son obédience les principales

♦Greeves, Die Wirksamkeit der Cluniacenscr (1870). — Pelabgus, Gesch. der Abtei Cluny (1858). — Loiuin, Hisl. de C abbaye de Cluny (1845). — Picnot, Hist. de tordre de Cluny^ II. — Pécocl, Essai sur les causes de la grandeur de l'abbaye de Cluny ^ dans Positions des thèses des élèves de C École des Chartes, an. 1865. — De Ciurmasse, L'ordre de Cluny au x* et au un* s., dans Jievue des Questions hist., VI, 265. — CucHERAT, Cluny au zv s. (1851). — Compaix, Étude sur Geo/froi de Vendâme (1891), 58 suiv.

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