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LES COLLEGES

74. L'organisation universitaire commença à être complétée, dès le milieu du xui« siècle, par l'institution des collèges, établissements d'origine ecclésiastique, comme les Universités elles-mêmes ; mais ils se multiplièrent surtout dans le siècle suivant. Antérieurement à cette époque, on peut constater l'existence, dans les villes, de maisons (hospitia) dites des Pauvres Clercs écoliers ou des Bons-Enfants, destinées à assurer les bienfaits de l'instruction aux étudiants pauvres, ou à servir de centre et de point de ralliement aux différents groupes d'écoliers. Le plus ancien collège parisien est celui des Dix-huit, fondé au moment de l'avènement de Philippe Auguste. Le collège des Pauvres Écoliers de Saint-André date de 4209; celui des Pauvres Écoliers de Saint-Nicolas du Louvre, de i246. On sait que la fondation de Robert de Sorbon, qui donna naissance au collège de Sorbonne, a été approuvée par un diplôme de saint Louis daté de i 257 «.

Les collèges furent, pendant une grande partie du moyen âge, des établissements d'externes ; et ils ne reçurent qu'assez tard une population d'élèves payants. Dotés généralement par des ecclésiastiques, les collèges de l'époque primitive sont de vraies fondations religieuses, où la chapelle joue un rôle important, où l'on célèbre les obits des bienfaiteurs comme dans les monastères et les chapitres. L'existence du collège est assurée dès le début par une rente perpétuelle; mais peu à peu des fondations partielles, affectées à des bourses d'études, viennent compléter l'œuvre du donateur principal. Ces fondations collégiales ont fini par transformer les étudiants en véritables bénéficiers chez lesquels la sécurité de l'avenir et l'habitude du bien-être supprimaient trop souvent le goût du travail. D'abord, simple hôtel pour les boursiers, qui allaient

* Voir, outre les ou\Tages relatifs aux Universités, QniciiERAi, Histoire de Sainte-Barbe (1860-1864). — A. Hugues, Étude sur l'ancien collège d*Autun, dans Positions des thèses des élèves de VÉc, des Ch., an. 1886; — Hist, littéraire de la France, t. XXVII, 209 suiv. (sur le collège du cardinal Lemoine). — D'Arbois de Jubaixville, Étude sur Vétat intérieur de^ abbayes cisterciennes^ 6i suiv. (sur le collège cistercien de St-Bemard, à Paris). — R^gmer, Le collège de Sorbonne, dans Positions des thèses de l'Éc. des Ch., an. 1855-1856, etc.

1. On trouvera le fac-similé de ce diplôme dans Ch.-V. Laxglow, Lectures historiques (1800), p. 463.

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