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CHAPITRE IV

C'est encore l'Église qui est chaînée du service de l'assistance publique, car les pauvres, les malades, les étrangers, les pèlerins, les enfants exposes, sont sous sa sauvegarde et lui appartiennent. Les établissements charitables et hospitaliers (aumôneries^ charités^ hôpitaux, maisom-Dieu^ léproseiies), qui abondent dans les villes, dans les campagnes, sur tous les chemins de pèlerinages, relèvent donc de son autorité. A la vérité, beaucoup de ces établissements ne sont point d'origine ecclésiastique; tous ne proviennent pas d'une libéralité de l'évéque. Quelque^uns dérivent d'une fondation faite par un noble repentant ou par quelques riche bourgeois. Tous cependant sont dirigés, administrés, et même, en

* Généralités. — De Beaucorps, Étude sur les maisons-Dieu au moyen âge et particulièrement aux XII* et im^ siècles ^ dans Positions des thèses des élèves de t École des Chartes (an. 1866-1867); cf. le même, V assistance publique^ son origine^ ses phases (1873). — L. Gautier, Histoire de la charité au xiii* siècle^ dans Revue de l'art chrétien. H" année, 591. — A. Hcsson, Études sur les hôpitaux (1862). — Ulborx, Die christliche Liehesthatigkeit im Mittelalter (1884).

Monographies. — Brièle, Coll. de documents pour servir à l'hist. des hôpitaux de Paris, 3 vol. — E. Cotecque, L'Hôtel-Dieu de Paris au moyen âge (1880-1891). — P. Pahfocru, Élude histor. sur la maison-Dieu de St-Lô, dans Positions des thèses de l'Éc. des Ch,, an. 1874. — J. L'Hermitte, Sur la fondation, torgan. et les derniers développements de C hôpital N,-D. de Comtesse-lez-Seglin (Nord), 1247-1360 [ibid., an. 1888). — Célestin Port, CartuL de f hôpital St-Jean d'Angers, et Invent, des arch. anc. de St-J. d'A. — Jugam>, Hist. de P Hôtel-Dieu et des établissements charitables d'issoudun. — Chevalier, Essais historiques sur les hôpitaux et les institutions charitables de liomans. — De Richenoxu, Note sur Vaumônerie et Hôtel-Dieu d'Aufredi, à la Rochelle, dans Plntrod. de V Invent. somm. des Arch. départ, de la Char. Infér. Arch. hospit. (1889). —A. Richard, Préface du Cartul. de la Maison- Dieu de Monlmorilhn, dans Arch. histor. du Poitou,\l\, 1878. — Soccaille, Notice sur l' Hôtel-Dieu St-Jacques ou Hôpital Mage de Réziers, dans Bull, de la Soi. archéol., scient, et lilt. de Réziers, 2» série, XI, 1881. — Beghin, Hist. de la confrérie des Charitables de St-Éloi de Déthune, depuis son origine (1188), 1882. — J. FixoT, Introd. à V Invent, sommaire des arch. de r hôpital de Comines (1884). — Briquet, Les établ. charit. de la ville de Niort (x'-xviii« s.), dans Mém. de la Soc. destatist.des D<?ux-5^iTe«, XX, 1882. — Larchet, Mém. hist. sur t hôpital St-Nicolas de Metz au moyen âge (1854). — Guicue, Les voies antiques du Lyonnais, du Fores, du Beaujolais, déterminées par les hôpitaux du moyen âge (1877). — Guignard, Les anciens statuts de l'Hôtel-Dieu-le-Comte de Troyes, dams Mém. de la Soc. d'agric. de l'Aube, t. XYII. — D'Arhois de Jubaisville, Études sur Les documents antérieurs à Cannée 1285, conservés dans les archives de quatre petits hôpitaux de Troyes, dans Métn. de la Soc. d'agric. de tAube, t. XXI, etc.

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grande partie, desservis par le clergé. L'évéque (et quelquefois le chapitre cathédral) a la haute main sur les hôpitaux; il y institue le chapelain qui est chargé non seulement des offices religieux, mais de la garde des biens temporels de la maison. Les frères et les sœurs appartiennent, soil à Tordre de Saint-Augustin, soit à celui des hospitaliers de Saint-Jean ou de Saint-Lazare, soit à des confréries charitables spécialement créées pour cet objet. Beaucoup de ces frères ou desservants sont prêtres. Les hôpitaux sont tellement des institutions d'Église qu*ils ont fini par devenir, comme tant d'autres bénéfices ecclésiastiques, un objet d'exploitation pour les clercs peu scrupuleux du xm« siècle. Les conciles euxmêmes en ordonnèrent de bonne heure, dans une certaine mesure, la sécularisation.

75. Origine et développement des établissements charitables. — Dans les premiers temps de l'Église chrétienne, au moins jusqu'au iv« siècle, ce sont les diacres qui eurent la charge d'aller assister à domicile les pauvres et les malades. On ne voit point qu'il y eût alors d'établissements spécialement destinés à les recevoir. Des maisons de charité ou hôpitaux pour les enfants, les orphelins, les mendiants, les vieillards, les malades et les pèlerins furent établies plus tard, dans l'empire d'Orient, par les soins de Justinien. On en vit se fonder aussi en Gaule, notamment à Lyon et à Autun*. Ces institutions déclinèrent pendant la période mérovingienne. Elles se relevèrent sous Charlemagne et participèrent pendant quelque temps à la prospérité générale. A coup sûr un certain nombre d'hôpitaux ou d'hôtels-Dieu du moyen âge remontent à l'époque carolingienne : il fallait qu'ils fussent même alors en assez grand nombre, puisque, dans la seule ville de Nevers, on en comptait deux datant de cette période*. Au xi® et au xii« siècle, les établissements de charité se multiplient avec une rapidité incroyable, non seulement dans les villes, mais dans les campagnes. Les hôpitaux ruraux étaient très nombreux dans toutes les provinces'. Bientôt la France entière en fut couverte. Au xiu* siècle, les établissements charitables achèvent de s'organiser et arrivent à leur complet développement. Le mouvement général qui détermina tant de fondations est le môme que celui qui fit naître, à partir du xi« siècle, un si grand nombre d'églises et de monastères. Il est essentiellement

1. Voir GmccE, Recherches sur Noire-Dame de Lyon^ hôpital fondé au vi* siècle par le roi Childebert et la reine Ultrogothe. Origine du pont de la Guillotière et du Grandmtel-Dieu.

2. BocTiLLiEB. Introduction de VInventaire sommaire des archives hospitalières de Nevers (1875).

3. Pour ne citer qu'une seule région, celle de la Flandre française et de l'Artois, le xw siècle vil s'élever les établissements ruraux d'Ardi*es en Calaisis (1107), de St- Lazare-lez-Cambrai (1116), de Bourbourg (1142), de St-Englevert-en-Boulonnais (1151), de St-Martin-lez-Boulogne (1165), de llénin-Liétai-d (1170), de Berlaimont (1174), d'Aulnoye-sur-Sanibre (1176), de Beaurain en Cambrésis (1186), de Comines (1106). (j. Finot, Bulletin du comité des travaux historiques^ année 1884, p. 516.)

d'ordre religieux. Seigneurs, évoques, bourgeois, fondent une maison- Dieu ou une maladrerie pour assurer le salut de leur âme. Ce n'est pas toujours une libéralité particulièi*e qui est le point de départ de la création d'un hôpital. Certains de ces établissements ont dû leur origine aux efforts communs d'une association ou confrérie fondée dans une vue charitable. Cette confrérie non seulement crée l'hôpital, mais quelquefois le dessert elle-même. Il peut arriver que l'association comprenne tous les bourgeois d'une ville ou d'une commune.

L'origine ecclésiastique de la plupart de ces maisons est clairement indiquée par leur situation même : presque toutes ont été bAlies près des églises, ou à la porte des monastères. D'autres, jouant le rôle de nos auberges et de nos hôtels d'aujoui'd'hui, se trouvaient placées sur le bord des grandes routes ou des rivières, dans tous les passages dangei'eux, notamment dans les cols des montagnes. Quel que soit leur point de départ, les établissements charitables du moyen âge ont deux caractères généraux :

a. Us sont administrés et desservis par des personnes appartenant entièrement ou à moitié au clergé. Us conserveront ce caractère jusqu'au XVI" siècle, époque où l'élément laïque entrera, pour une large part, dans les hôpitaux.

b. La plupart d'entre eux n'ont point de destination spéciale et sont consacrés à soulager â peu près toutes les infortunes. Us reçoivent à la fois les malades et les mendiants. De très bonne heure cependant, il y eut des établissements affectés à certaines maladies spéciales, surtout à celles

\ qui étaient considérées comme contagieuses, les léproseries ou maladreries, d'autres destinés aux peler itis, tels que les hôpitaux Saint-Jacques^ Roumieu, etc. Notons d'ailleurs que le service de l'assistance au moyen âge ne se faisait pas uniquement sous la forme hospitalière. Non seulement chaque monastère était, par son aumônerie, un établissement de charité, mais, dans la plupart des villes, il existait des fondations dites aumônes ou charités en vertu desquelles étaient organisées des distributions de vivres et de vêtements aux pauvres, analogues à celles qui se pratiquaient dans les couvents*.

76. Les hôpitaux. — Les hôpitaux dont la date de fondation est connue ne sont guère antérieurs au xni« siècle; les autres, d'origine inconnue et fort ancienne, sont des dépendances des évéchés ou des chapitres cathedra ux.

1. C'est ainsi qu'à Limoges, les aumônes Ste-CéVoix et les paim de Noël étaient des rentes fonciiTes dont le produit permettait aux consuls de Limoges de faire des aumônes aux pauvres les jours de Ste-Croix et de Noël. A Niort, les deux dotations do l'aumône du Bidon et de la charité de la Blée assuraient des distributions d'aliments faites aux pauvres à certains jours fixés par le donateur. Des confréries spéciales, telles que la confrérie des charitables de St-Éloi de Béthune, formée en 1188, et la confrérie de St-Jacques, créée à Nîmes pour venir en aide aux pèlerins se rendant à St-Jacques de Compostelle, complétaient l'œuvre du clergé.

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L'existence des hôpitaux (domns Dei, hospitaley elemowiaria) est assurée soit par une dotation immobilière, soit par une rente. Mais ils se développent et s'enrichissent surtout par des donations entre vifs, très fréquentes au xu* et au xiu<^ siècle. Ces donations sont faites le plus souvent pro remedio animœ, quelquefois à charge d'un service annuel. Elles ont, dans certains cas, une destination spéciale et s'appliquent à la nourriture ou au coucher des malades, au chauffage de l'établissement, à la chapelle, etc. Des rentes sont parfois laissées aux maisons-Dieu pour célébrer l'anniversaire des bienfaiteui^s : ce jour-lù, un bon repas doit être servi aux pauvres malades. Outre leurs revenus fixes, les maisons-Dieu bénéficient encore des quêtes qui sont faites pour leurs besoins et aussi du produit des églises placées sous leur patronage. Comme les monastères, ce sont des personnes morales. Les donations qui leur sont faites sont diversement formulées dans les chartes. Elles s'adressent soit à la maison même [domui-Dei) y^o\i au personnel qui la dessert (?«a^isfro et fratribus), soit aux pauvres qui en sont les véritables propriétaires (pauperibus, ou infitmis). Ajoutons que, pour aider au développement de l'établissement hospitalier, des indulgences spéciales sont accordées, par les évéques ou par le pape, aux fidèles qui l'enrichissent.

En ce qui touche le personnel, les hôpitaux sont généralement des établissements mixtes, c'est-à-dire desservis par des ecclésiastiques des deux sexes (fratres et sorores). Dans les maisons de peu d'importance, on ne trouve qu'un petit nombre de convers et de converses, aidés d'un prêtre ou chapelain. Les grands hôtels-Dieu sont desservis par des chanoines-prêtres*. Le personnel de ces communautés mixtes suit d'ordinaire la règle de Saint-Augustin : frères et sœurs prononcent les vœux de chasteté, de pauvreté et d'obéissance. Ils habitent d'ailleurs des quartiers séparés et ne se rencontrent qu'à la chapelle et dans les réunions générales ou chapitres de la communauté.

La direction de la communauté appartient à l'un des prêtres chargés du service divin dans l'établissement, ou au chapelain, quand il est le seul prètœ de la maison-Dieu, ou à l'un des frères convers, dans les petits hôpitaux. On l'appelle, suivant les localités, rector, custos ou procurator domusj provisor^ magislei\ prior. Dans certains hôpitaux, le magister est élu par l'assemblée de la communauté des frères et sœurs; ailleurs il est nommé par l'évéque ou le chapitre. La partie féminine et aussi les frères lais obéissent à une prieuresse, prieuse ou maîtresse (prior issa, magistra), quelquefois nommée par le maître sur le conseil des plus anciens et des plus sages de la maison. Elle est chargée de la cure des malades et aussi de la direction de la lingerie. Le maître est tenu de prendre l'avis de la

1. Lorsque l'archevêque de Rouen, Eude Rigaud, visitait les diocèses de son ressort, la maison-Dieu de Rouen comptait dix clianoines, plus six chargés du service des obédiences, vingt sœurs et douze servantes ; celle de Caen, cinq chanoines et dix sœurs; celle de Pontoise, cinq prêtres ou diacres, treize sœurs et deux novices ; celle de Gournai, trois convers et cinq converses

prieuresse pour l'administration des biens temporels de la maison. Il reçoit les novices et les profès, tient les chapitres, veille à la discipline des religieux, confesse les frères et les sœurs. Le chapelain (distinct quelquefois du curateur des âmes)y chargé d assurer le service divin dans la chapelle de la communauté, et de donner les sacrements aux malades, apparaît, dans beaucoup de maisons, comme un personnage important sur qui retombe en grande partie le poids de la gestion des intérêts matériels de rétablissement. Dans les grands hôpitaux l'administration est plus complexe qu'ailleurs. On y trouve un frère chargé des fonctions de receveur ou boursier, et d'autres, sous le nom de procureurs, chargés de la dépense journalière. Des comptes annuels sont habituellement rendus à ceux qui ont la haute direction de la maison.

L'organisation mixte de la plupart des maison&4)ieu offrait de graves inconvénients qui se révélèrent surtout à la fin du xu« siècle, lorsque le sentiment religieux commença à s'affaiblir et la discipline à se relâcher. Des conflits fréquents se produisirent entre le maib^e et la prieuresse. Aussi beaucoup d'hôpitaux renoncèrent-ils, dès le xiv« siècle, à leur constitution originelle. Les frères disparurent peu à peu et les sœui*s restèrent seules dans l'établissement avec le chapelain. On arriva par là progressivement à l'unité du commandement et à la simplification administrative. Mais les maisons-Dieu n'en restèrent pas moins assujetties à d'autres influences : d'abord celle de l'évéque (ou du chapitre), qui exerçait son droit de haute direction, de visite et de correction sur les établissements charitables comme sur tous les autres, dans les limites de son diocèse ; puis celle des bourgeoisies ou des communes, qui commencent, au xni" siècle, à intervenir dans l'administration hospitalière; enfin celle des fondateurs eux-mêmes, qui conservent certains droits sur la gestion intérieure de la maison qu'ils ont dotée. Le patronage des hôpitaux donnait lieu à des querelles nombreuses qui se prolongèrent bien au delà du moyen Age. Des ('onflits d'un autre genre provenaient de la situation privilégiée du chapelain et des prétentions du curé local qui revendiquait sur la maison-Di<îu l'exercice des droits paroissiaux*.

i. La conclusion do Téhide spéciale de M. de 1{eaucorps est que^ c sous le rapport de leur administration, des soins donnes aux malades, et de leur prospérité fniaiicière, les maisons-Dieu des xn* et xni* siècles n'étaient pas aussi inférieui'es qu'on poun^ait le cnnre aux établissements charitables des temps modernes ». Il est possible qu'il en fût ainsi dans beaucoup de cas. Mais les passages du Journal des visites d'Eude Rigaud (édit. Hoimin. p. 276, iOD, 510, 575). qui concernent les maisons-Dieu et les léprosenes, obligent à reconnaître qu'en fait, l'organisation des hôpitaux donnait lieu à bien des abus, l/archevéque de Rouen constate. ]>ar exemple, que c dans la maison de Gournai on pourvoyait fort mal aux besoins des pauvi'es et des infirmes et que les sojurs et frères convers de l'établissement dépiMisaient pour eux-mêmes presque tous les revenus qui y étaient attachés p. Dans la maison-Dieu de Pontoise, les frères ne suivaient aucune règle. Dans celle de Caen. les sœurs n'observaient pas les règlements relatifs à la vie en commun ; le prieur ne faisait les comptes de la maison avec personne et pei^onnc ne savait à quoi s'en tenir sur l'état financier de l'établissement. Dans la maison-Dieu

77. L'ordre du SaintrEsprit*. — Un hôpital, fondé à Montpellier, au xu^ siècle, sous le vocable du Saint-Esprit, devint le centre d'un certain nombre d'établissements hospitaliei*s qui formèrent congrégation sous la direction d'un grand-maitre. Les deux principales maisons de Tordre étaient celles de Montpellier et de Home, cette dernière fondée par Innocent III, en 1204. D'après la règle de l'ordre, promulguée vers 4229, chaque hôpital est administré par un maître ou recteur qu'élit le commun conseil des frères. Le maître est aidé, dans la gestion des intérêts temporels et spirituels de la maison, par un vicaire y un chambrier, chargé spécialement du temporel et comptable, un infirmiei% un hôteliei\ un cellerier et un prieuvy frère-prétre placé à la tête des clercs profès. L'hôpital du Saint-Esprit recevait les malades, les enfants abandonnés, les pauvres femmes enceintes. — L'ordre des frères hospitaliers de Saint- Antoine** fut institué en 4095 par un noble du Dauphiné, confirmé* par Urbain II en 4096, et ses membres, d'abord laïques, furent astreints à la règle de Saint-Augustin en 4228, sous Ilonorius III.

78. Les léproseries ou maladreries'^^^*. — Presque tous les détails qui précèdent peuvent s'appliquer à cette catégorie d'hôpitiiux qui recevaient les lépreux (/ep?*osarid?, domus Sancti La^arz). Ils étaient également

* SxviyiERf De cajfilf ordinh S. Spiritus, (IbOi). — M. Poète, Étude xur les origines et la règle de tordre hospitalier du St-Esprit, dans Positions des thèses des élèves de lÉc. des Ch., an. 1890.

**Kapp, De'fratribus Sancti Antonii^ (1757).

♦♦♦Laboort, Recherches sur l'orig. des ladreries et léproseries, ^1854). — L. Gossix, De [état civil et religieux des lépreujc en France^ clans Positions des thèses de l'Éc. des Ch.j an. 1849. — Gdillouaud, Étude sur la condition des l&preux au vwyen âge^ïïolamwicïii d'après la coutume de Normandie, dans Mém. de la Soc. des antiq. de Normandie , t. XXXIX. — Rk>aui.t, iNowi». rech. sur les léproseries de Nomtandie, ihid., t. XXVUI. — Lecuacuk d'Amsy, Hech. sur les léproseries de Normandie [ibid., t. XVIl). — BuvicMKR, Les maladreries de la cité de Verdun (1862). — D'Arbois nE JuDAiNviLLE, Hist. des comtes de Champ. ^ II, 153. — Biij.auoeau, Léproseries de Sttissons, dans Bull, de la Soc. hist. de Soissons, t. VIIl. — Rameau, Les hospices et léproseries du Maçonnais au moyen âge, dans Revue de la Soc. litl. de /'^i;i,t. VII (1878). — Mouret, Maladreries et léproseries du Laonnais, dans Bull, de la Soc. acad. de Laon, t. IX. — Pcech, La léproserie de Nimes (1889). — Ch. Laurent, La léproserie de Mézières, dans Revue de (]hamp. et de Brie, l. XXVI (1889). — MoLARD, De la capacité civile des lépreux dans les régions de Sens et d'Auxerre, dans Bull, de la Soc. histor. de l'Yonne, i. XLII (1888). — Heciit, Les lépreux en Lorraine, dans Mém. de l'Acad. de Stanislas (an. 1881). — Cmevamer, Notice histor. sur la maladrerie de Veley, près Romans, précédée de recherches sur la lèpre, les lépreux et les léprosei'ies (1870), etc.

d'Andeli, le prieur était seul de son sexe : il n'avait avec lui qu'une sœur assez vieille et une jeune sei*vanlc. Quelles ressources un pareil établissement |)ouvait-il offrir pour Fassistance des malades et des mendiants ? On peut admettre que tout se passait régulièrement dans les hôpitaux des grandes villes, dans les maisons mères ; il n'en était pas de même dans les établissements peu importants, dans les obédiences. Ici le service de l'assistance était évidemment subordonné aux nécessités de l'enti^tien du clergé desservant. Le fonctioimaire absorbait la fonction.

très nombreux. Dans certaines paroisses on comptait deux ou trois léproseries pour une seule agglomération, ce qui conduit à penser que chacun des seigneurs copartageants d'une localité avait fondé la sienne*. Une des plus anciennes et des plus célèbres léproseries était celle de Saint-Lazare de Paris* (au xn^ siècle, ecclesia Beati Lazari, domus leprosorum, Leprosi Parisietises), fondée sous le règne de Louis le Gros, et comblée de privilèges par les papes et les rois de France. Un fonctionnaire appelé d'abord prior, puis magister, provisor, en possédait le gouvernement, sous la haute direction de l'évéque de Paris. Des léproseries particulières étaient affectées aux femmes*. Aux maisons principales se rattachaient des obédiences pourvues de chapelles {capellœ leprosorum) que desservaient des clercs envoyés par le maître de la léproserie.

Une mention spéciale doit être attribuée à la maison fondée par saint Louis pour trois cents aveugles pauvres de Paris (les Quinze-Vingts)*, et administrée aussi par un magister. A la dotation immobilière de cet hôpital s'ajoutaient les revenus casuels que lui procuraient les quêtes et les legs des particuliers.

i. Voir, par exemple, V Invent, somm. des arch. de ta Loire-Inférieure ^ séries G et H,

p. XXIV.

^i. BocLLé, Bech. hislor. $ur la maison de St-Lazare de Paris (dins Mém. de la Soc. de Chist. de Paris, t. III).

3. Gui^RARo, Carlul. de N.-D. de Paris, I, 86 [ordonnance sur l'organisation des léproseries de Melun et de Corbeil), cf. I, 185.

4. Le Grand, Les Quinze-Vingts (public, de la Soc. de Chist. de Paris).

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