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i«r> r.KS INSTITUTIONS FÉODALES.
côté de sa justice et de ses honneurs, ni de ses possessions, ne point lui susciter des obstacles qui rendraient difficile ou impossible ce qu'il a la facilité ou la possibilitt^ d'entreprendre. » Mais les devoirs qui viennent d'être énumérùs ne sont que négatifs. Le fidèle en a de positifs : ils consistent, d'après Fulbert, dans le conseil et Vaide {comilium et auxilium). Ces deux mots sont ceux qui exprimaient déjà, dans la correspondance de Gerbert, à la fin du x* siècle, les obligations du vassal à l'égard de son suzerain. Du comilium et de Vauxilium dérivèrent par la suite les différents services d'ost, de plaid, de cour, et les services proprement pécuniaires qui seront plus bas l'objet de notre examen.
La fidélité n'est donc pas l'hommage, bien que les mots aient été parfois pris dans le même sens. La preuve en est qu'il nous est resté du moyen âge plusieurs actes séparés d'hommage' et de fidélité, prêtés à un intervalle de temps plus ou moins long. Au fond, la fidélité est un fait qui dépasse de beaucoup l'honunage el par sa généralité et par l'ancienneté de ses origines. On peut être le fidèle d'un seigneur sans être son vassal, c'est-à-dire sans tenir de lui une terre, un office ou une pension. Il suffit d'appartenir à sa seigneurie, d'être né son sujet, ou de s'être volontairement assujetti à lui. Tous les vassaux sont en même temps fidèles : mais tous les fidèles ne sont pas vassaux. 'îl proprement parler, le fidèle est le sujet : et tel est le sens où le mot fidelis est pris dans beaucoup de documents, bien qu'il ait reçu, aussi par confusion, l'acception de vassal. Un seigneur a pour vassaux des nobles : il peut avoir pour fidèles des ecclésiastiques, des bourgeois, toutes catégories de non-nobles. En un mol la fidélité marque le rapport qui existait, antérieurement à la période féodale, entre le sujet et le chef de l'État; ce rapport a subsisté, dans l'âge féodal, pour chaque seigneurie, non seulement entre le seigneur et ses vassaux, mais entre le seigneur et tous les habitants libres de sa seigneurie. Ce lien est resté particulièrement marqué dans les provinces "luéridionales. L'allodiaire, (jui est en dehoi*s de la féodalité, a des dévoilas
1. Rrussei. (I, 28) a cité une charte de 1225 émanée du comte et de la comtesse de Bourpofme. Us pi*omettent, entre auti-cs choses, à Thibaud, comte de Champagne : a Qu'ils requerront les vassaux de leur comté de Bourgogne de faire l'hommage audit comte Thibaud et que si quelques vassaux ou barons ne voulaient point lui faire cet hommage, il aurait soin que lesdits barons et vassaux lui fissent la fidélité ». Mais il y a peu de récits plus instructifs, au sujet de la distinction de la fidélité et de l'hommage, que celui que nous trouvons dans Galbert de Bruges, à la date de 1127. U nous montre les vassaux du comté de Flandi*e venant faire hommage au nouveau comte, Guillaume (^liton : « D'abord, dit-il, ils lui firent hommage de la manière suivante. Le comte demanda à chacun d'eux s'il voulait devenir entièrement son homme. « Je le veux », ré)>ondit le vassal, et quand il eut joint ses mains dans celles du comte, ils furent liés ensemble par le baiser. En second lieu, celui qui venait de faire l'hommage, prêta fidélité en ces termes: « Je promets sur ma foi d'être fidèle au comte Guillaume et d'observer contre tous, de bonne foi et sans fraude, l'hommage qui vient d'être fait ». En U'oisièrae Ueu, il jura sur les relicpies des saints. Puis le comte, avec le bâton qu'il tenait à la main, donna l'investiture à tous ceux <|ui, de cette manière, lui avaient fait la sûreté, l'hommage et le serment. » iGalUerl de tintgen édit. Pirenne, p. 80.)