LE CURÉ DE PAROISSE
1. La paroisse. — La paroisse {parrochia, parochia, plus anciennement parœcia et titulus) est la division la plus élémentaire du diocèse. Elle comprend a le territoire dont les habitants sont attribués par lautorite épiscopale à une église particulière et confiés aux soins spirituels d*un prêtre institué d'une manière permanente dans cette église et subordonné à Tévèque » . Pour qu'une paroisse soit légalement constituée, deux conditions principales doivent être réunies :
a. La fixation d'une circonscription territoriale nettement déterminée. La délimitation du territoire paroissiaP ou du ressort de la cure appar-
* Généralités. — TuuMAbsuit, Aiic, el itouv. dUcipl. de l'ËglUe (éd. del7'i5), 1, iivi'e 11, chap. XXI à xxTni ; — If, livre II, chap. xxiii, xxxii, xxxvi, lxxx et lxxxi; — III, livre I, cliap. IX. x; iivi'c II, cliap.xxiii, xxiv, xxxiii. — J.-il. Bukiihkii, Ji/jr pavochiale (1760). — Skit/, Hcrht des Pfarramles^ 1810-54. — Soijkfolo, Die Parochialrechte, 1846- 1855. — Walter, Lehrbuchdes Kirchenrechts^ W* éd., 351 suiv. — Bouix, Trartatus de parocho (1856). — HÉrihû, Hist. des Conciles (Lrad. Dklarc), pass. — lli>sciiii;», Dos Kirchenrecht, t. II (1878). — Imbart de la Tour, De ecclesiis rusticanis «laie carolingica (1800) (conclusion).
Monographies. — Guillaume, Hecherches sur t organisation et V administration religieuses des jmroisses en Normandie^ du xi" au xvi* «., dans Positions des thèses des élèves de C École des Charles, année 1890. — Cauvet, Du droit de patronage ecclésiastique dans l'ancienne Normandie, relativement aux paroisses des campagnes, dans Mém. de la Soc, desantiq. de Normandie, t. XX. — Delisle, Le clergé normand au xni* s., dans Bibliothèque de V École des CImrtes, t. YIU. — D'Arbois i»E Jdbal'<villk, L'ordre Teutonique en France, dans BiOl. de tÉc. des Chartes, t. XXXII, p. 75 suiv. — V. MoRTET, Maurice de Sully, p. 53 suiv. {sur les rapports de l'évéque «fec les paroisses] .
1. Accord relatif à la fixation des limites de deux paroisses (1220), dans A. Leroux. MoLUOER et Thomas, Doc. histor. sur la Marclu; et le Limousin, I, 161.
i LKS LNSTlTlTlOiNS KCCLKSIASTIQUES.
lient exclusiveinciit à l'évéquc du diocèse. Lui seul a le droit de créer des limites nouvelles ou de ntodifier les limites existantes, d*unir ou de démembrer les territoires paroissiaux. Les paroisses se divisent, suivant leur situation, en paroisses urbaines (parochiœ urbanse) et rurales (nwtiav). Les premières comprennent soit tous les habitants d'une ville de petite étendue, soit les habitants d'un quartier dans les grands centres. Les cités ou villes èpiscopales ont leur population répartie enti*e des groupes paroissiaux qui relèvent de la juridiction de Tèvéque ou de celle du chapitre cathédral. Les paroisses rurales embrassent un seul gros village ou une counnunauté composée de plusieui*s hameaux;
h, La constitution d'un groupe ou d'une comnmne de paroissiens (parochiani. plebs ou populits parochiœ). Dans le territoire pai'oissial doit se trouver en permanence un nombre suffisant de familles de fidèles (au moins dix), soumises à la juridiction spirituelle du curé, et parmi lesquelles les fonctions curiales s'exercent d'une manière exclusive. Ces paroissiens sont obligés d'assister aux offices de leur église, sous peine d'excommunication, et ne peuvent entendre l'office d'une paroisse étrangère que dans des cas exceptionnels. Les étrangers sont exclus de l'office pai'oissial : on a le droit de les éloigner de l'église et de les contraindre à retourner dans leur propre paroisse. L'attribution à une circonscription paroissiale oiîre donc un caractère rigoureux, obligatoire non seulement pour le paroissien, mais pour le curé, qui ne peut remplir une fonction quelconque dans une paroisse étrafigère, sans la permission du curé propre (parochiis proprius). — Au moment où s'ouvre le xi*^ siècle, la division en paroisses est définitivement accomplie dans tous les diocèses : on n'a plus à constater que des cas particuliers. 1» La réduction de la population paroissiale au-dessous du minhnmn légal peut nécessiter l'extinction de la paroisse ou Y union h la paroisse voisine; 2" l'augmentation de cette même population peut entraîner le démembrement (divisio) de la paroisse, soit que l'on crée une nouvelle paroisse indépendante, soit qu'on assigne une partie de la paroisse trop étendue à une paroisse voisine*.
2. L'église paroissiale. La fabrique. — Le centre de la paroisse est l'église paroissiale (ecclesia parochialis). Dans la France du Midi on emploie souvent, pour la désigner, le mot capella^ d'où le nom du curé, capellanus. Mais en général capella signifie chapelle ou bien église inférieure, affiliée, dépendante de l'église principale (ecclesia matrix). Le mot altare, dénomination encore très usitée au xi« siècle, a disparu au xiii*^. — Il faut distinguer, outre les églises paroissiales à curés, celles qui sont desservies par des chanoines ou des moines (prieurés-cures) et les
1. Acte de l'oflicialité portant dédoublement (dtmio] d'une pai*oisse (1265), dans GvtluRD, Carlul. de N.-D. de Paris^ UI, 189-190. Cf. un acte capitulaire constatant fondalion d'une église ])nr un laïque et déterminant les droits paroissiaux entre cette église ot celle sur le territoire de laquelle elle est fondée (1112), dans Guéraao, iV.-D. de Paris, h 387.