LES OBLIGATIONS MILITAIRES
vie, les membres et Thonneur ou h terre de son suzerain. C'est de la fidélité et non pas seulement de Thommage que dérive le devoir militaire. Il en résulte que ce ne sont pas uniquement les vassaux, mais tous les sujets de la seigneurie qui doivent le service : les ecclésiastiques et les roturiers, sujets directs, comme les feudataires proprement dits. Mais les hauts suzerains n'ont pas seulement droit au service militaire de leurs vassaux et sujets immédiats : dans certains cas, quand le pays tout entier est menacé par l'ennemi, ils peuvent aussi exiger le service des arrière-vassaux et des arrière-sujets. Le service militaire des vassaux et sujets directs est le ban (bannum) ; celui dos vassaux et sujets médiats est l'arrière-ban (retrobannum).
Les obligations militaires du vassal sont au nombre de trois : i^ le service militaire proprement dit, ou service d'ost cide chevauchée; 2^ la reddition des châteaux à la réquisition du suzerain ; 3*^ la garde du château du suzerain ou estage.
En ce qui concerne les devoirs militaires, comme sur beaucoup d'autres points, la diversité des usages est infinie : il n'existe pas de loi ^\\q et générale. On se tromperait gravement si l'on s'imaginait que tous les vassaux doivent les trois espèces de services. Il suffit de jeter les yeux sur un document qui est de la plus haute importance en pareille matière, la liste des vassaux sommés de se rendre à l'armée qui devait agir dans le comté de Foix, en i272, sous Philippe le Hardie On y voit que les vassaux du roi de France se trouvent, au point de vue du service militaire, dans les conditions les plus variées. Les uns doivent le service ordinaire de quarante jours à leurs frais ; d'autres ne le doivent qu'aux frais du seigneur; d'autres ne sont tenus qu'à l'cstage; d'autres ne sont pas tenus à un service corporel et ne doivent qu'une subvention eu argent, ou aide (auxilium) ; d'autres déclarent même n'être soumis à aucun service militaire d'aucune espèce. Telles sont du moins les prétentions des décla-
I)oplè9-Agier, De tosl et de la chevauchée^ ou du êervice militaire des fiefs nobles en France, aux xi*, xir>, xiii* siècles ^ dans Positions des thèses de CKc. des Ch , an 18i8. — A. Mounieb, Administr. féod. en Languedoc, p. 137 suiv. — P. Viol- LET, Établ. de SI Louis, \\\, 335, 350 suiv. — Glasso.m, llist. du dr. et des instit. de la Fr., lY, 365 suiv. ^
Monographies. Guéraad, préface du Cartul. de St-Victor, xi.iu. — Hartmi c( Jules. Delpit, Notice sur le ms. de Wolfenhuttel, 322-3. — D'Arbois m .JuftAUtviUE, Hist. des comtes de Champ., W, 200; UI, 211. — Bonkault-o'IIom», Les sites de Picquigny, vidâmes d'Amiens, du xi* au xiv* siècle, dans Positions des thèses de l'Éc. des Ch., an. 1877. — Bbautemps-Beaupr£, préfÎRCe des Coût, de Maine et d'Anjou, p. XH, xxi-xirv. — Mabchegat, Arch. d'Aj^jou, 11,^4. — Voir, outre les recueils de documents féodaux cités précédenunent : Lp îivre des osts du duc de Bretagne^ dans Musée des Arch. dép., n* 100; W>ff>(K(ENiG et Gheloolf, Hist. des ittstit. de la FL t. 11, p. 516 et 518 (preuves) ;' L« grand coutumier de Nornuindie, éd. de Gaucnr (1881), ch. xliv; Beadm^noir, I, 428, etc.