LES GROUPES COLLECTIFS
Bans l'organisation des centres urbains, le moyen âge offrait souvent des dualités là où nous constatons aujourd'hui des unités. Beaucoup de villes qui ne constituent plus qu'un corps, en formaient deux, très divisés. A Nîmes, à Narbonne, à Périgueux, à Rodez, à Tours, et en général dans les villes épiscopales, le bourg, de formation plus récente, de caractère plus démocratique, s'oppose à la cité, où siègent l'évêque et les familles nobles. Ce bourg et cette cité dépendent souvent de seigneuries différentes, qui ont leurs origines, leurs destinées, leur organisation municipale distinctes : ils sont séparés par la rivalité des intérêts et par des haines vivaces dont le voisinage ne fait qu'accroître l'intensité. Sur plus d'un point du territoire, ces curieuses dualités ont persisté pendant toute la durée du moyen âge proprement dit ; ce n'est guère qu'à la fin du xme siècle que nous les voyons commencer à disparaître. Alors le progrès des mœurs, des nécessités économiques urgentes, mais surtout la substitution de l'autorité monarchique aux pouvoirs seigneuriaux, ramènent peu à peu les cives et les burgenses à l'unité administrative et politique. Les villes doubles tendent à se simplifier.