Ch.-V. Langt.ois, Philippe III, p
pation de sa femme (1284), il put entrer en jouissance effective des domaines conjugaux, et s'intituler dans ses diplômes: Philippus régis Francorum primogenitus, Dei gracia rex Navarre, Campanie et Brye cornes palatinus*. De même que Philippe III avait administré le royaume Navarrais au nom de son fils ; de même Philippe le Bel ne laissa l'aîné de ses fils, le futur Louis X, prendre le titre de roi de Navarre2, qu'après la mort de sa mère, en 1505. Mais il eut bien soin de retenir en sa main l'administration du fief français et du royaume étranger. Il ne se servit de l'héritier présomptif que pour le faire concourir à sa tâche militaire, notamment lors de l'expédition dirigée contre l'archevêque de Lyon et lors de la campagne de Flandre en 15143. On a remarqué cependant que le dernier codicille de Philippe le Bel portait, outre la signature de son secrétaire intime, une formule impliquant l'approbation de son fils « et du consentement du roi de Navarre'' ».
258. La reine*. — Au début de la période féodale, la compagne du roi occupait auprès du trône une place plus importante que ne semblerait le faire supposer l'histoire des reines de France postérieurement à cette époque. On sait que, sous la monarchie carolingienne, la reine était investie d'attributions administratives, notamment d'un certain contrôle sur les finances royales. Aucun texte ne prouve qu'il en ait été ainsi sous les premiers Capétiens ; mais il est certain qu'alors elle prenait encore une part assez active à la direction du palais comme au gouvernement. Aussi le mariage du roi était-il une question grave, qui intéressait au plus haut point les grands vassaux, et dans laquelle ils s'arrogeaient parfois le droit d'intervenir3.
Les rois capétiens suivirent deux principes différents pour le choix de celles qui étaient appelées à partager avec eux la dignité royale. Plusieurs reines de France furent prises dans les rangs de la haute féodalité. En
*Luciiaire, înstit. monarch., I, 145-152. — Pfister, Étude sur le règne de Robert le Pieux, ùï^. h (les mariages du roi Robert) etpass. — Luch aihe, Louis VI, inlrod., p. xevi et suiv. (sur Adélaïde de Maurienne). — Williston Walker, Philip Augustus, 11-18.
— Davidsoiin, Philipp II August von Frankreich und Ingcborg (1888). — Cii.-V.Langlois, SI Louis, p. 50 suiv. — "Wallon, Hist. de Si Louis, I, 55, et II, p. 558 suiv.
— Faure, Hist. de St Louis, II, 75, 77, 80, 655 suiv. — Boutaric, Marguerite de P rovence, dans Rev. des Qucst. hist. (1er oct. 1867). — Langlois, Philippe III, p. 52 suiv. (sur Marie de Brabant).