‹ Manuel des institutions françaises, période des Capétiens directsChapitre 196 sur 264 · Langlois, Philippe III, p · texte numérisé non relu

Langlois, Philippe III, p

sous le règne de saint Louis. Au sens le plus large du mot, l'hôtel du roi comprend, avec tous les services de la haute.: et ibasse domesticité royale, l'ensemble des personnes, ecclésiastiques et laïques, qui vivaient en permanence auprès du souverain, formaient son escorte militaire et son conseil, et l'aidaient, dans la curia, à exercer ses pouvoirs judiciaires et administratifs. Dans une acception restreinte, l'hôtel du roi renferme seulement les métiers (ministeria, plus tard officia) et les services auxiliaires entre lesquels se rèpartissaient les offices domestiques attachés à la personne du prince. Il avait pour annexes Y hôtel de la reine, et Y hôtel des enfants de France, constitués sur le même pied (sur les dépenses de rhôtd, voir § 318, 327). L'organisation de Y hôtel nous est connue par les comptes de la maison royale, dont le plus ancien est de 1231 \ et par les ordonnances de réglementation, dont les principales sont celles de 1261, 1286, 1291, 1514, 1516, 1317, 1318, 1522 *. De saint Louis à Philippe de Valois, Y hôtel est resté en somme constitué sur les mêmes bases, sauf l'adjonction d'un service nouveau, celui de Y argenterie (§ 527), et la multiplication progressive du personnel.

Les documents administratifs et financiers de la seconde moitié du xmc siècle font mention des six métiers de l'hôtel, auxquels s'adjoignait le service hors cadre de la chambre 5. On distinguait d'ailleurs, parmi les officiers de chaque métier, ceux qui étaient attachés au service personnel du roi, et ceux qui étaient au service du commun.

1» La paneterie, paneteria (panetiers, clerc de paneterie, sommeliers des nappes, pâtissier, oublier, etc.).

2° Véchansonnerie, scancionaria (échansons, clerc d'échansonnerie (parfois le même que celui de la paneterie), sommeliers, barilliers, bouliers, potier, etc.).

5° La cuisine, coquina (queux, aides de cuisine, rôtisseurs, pages de cuisine, souffleurs, hâteurs, saussiers, clerc de la cuisine, poulailler, charretiers delà cuisine, etc.).

4° La fruiterie, fructuaria (fruitiers, valets des chandelles, charretiers, etc.).

5" Vécurie, scutiferia (écuyers, maréchaux, valets de forge, palelreniers, bourreliers, clerc de l'écurie, etc.).

6° La fourrière, forraria, dont les officiers étaient chargés d'assurer le gitc et l'approvisionnement du roi et de sa cour lorsqu'ils se déplaçaient (fourriers, valets de fourrière, portiers, valets de porte, etc.).

7» La chambre (chambellans, valets de chambre, et, parmi ceux qui portaient ce dernier titre, le barbier du roi, le tailleur, etc.).

1..HF. XXI, p. 226. Cf. Ibid., p. 251, et XXII, p. 585-615, les comptes des années

1258 et 1259. . .

2. Voir 1'énumération de ces ordonnances et les renvois aux sources, dans Lemon-

NIER, p. 7. , . j,

3. Il existe des documents qui présentent la chambre comme un métier, d autres qui l'adjoignent aux six métiers et la remplacent par la fourrière.

L'ADMINISTRATION CENTRALE. 555

En dehors des six métiers et de la chambre, la maison du roi comprenait les services auxiliaires, auxquels étaient attachés des officiers souvent plus élevés en dignité que ceux qui viennent d'être mentionnés. Les principaux de ces services étaient les suivants :

1° Le service de santé. Il était exercé en général par des clercs (physici, medici régis). Les médecins du roi, au xie siècle, souscrivaient assez souvent les chartes royales 1 .

2° Le service de la chasse. Il parait déjà organisé d'une manière assez complète au temps de Philippe Auguste. Dans les textes de cette époque sont mentionnés, à côté des veneurs (venatores), les louvetiers (luparii), les fauconniers (falconarii), les chasseurs de renards (gupilarii, vulpeculalores), les oiseleurs (avicularii)\ Il faut y ajouter les valets de chiens et toute la basse domesticité de la vénerie.

5° Le service de la garde et des armes. Il comprenait d'abord les huissiers, d'armes [hostiarii armorum), qui n'étaient que trois en 1517 3, mais dont le nombre s'accrut considérablement sous les premiers Valois. Ces officiers, dont les attributions confinaient à celles des chambellans, étaient tenus de garder le cubiculum; mais on les employait aussi à porter les messages et à exécuter les arrestations. Plus nombreux étaient les sergents d'armes (servientes armorum), dont l'institution remonte, comme on le sait, à Philippe Auguste*, et qui formaient à l'origine la véritable garde du corps du souverain, chargée de veiller constamment à sa sûreté. Les ordonnances de 1285 et de 1516 montrent que sous Philippe le Bel et ses . fils ils étaient à peu près une trentaine 5. Leur nombre et leur importance devaient s'augmenter aussi sous les successeurs des Capétiens directs. Un corps d'arbalétriers et d'archers complétait l'escorte militaire du prince et l'accompagnait dans tous ses déplacements.

4° Le service de la chancellerie. Les clercs chargés de ce service et qui, à l'origine, faisaient aussi l'office de chapelains, formaient, sous le nom collectif de clerici et de notarii régis, un corps puissant, déjà mentionné dans les documents du temps de Robert le Pieux6. Leur fonction principale consistait à écrire, à sceller et à expédier les diplômes royaux. Le développement des opérations de chancellerie au xme siècle eut pour conséquence l'extension et l'organisation plus régulière du notariat attaché à l'hôtel. Sous Philippe le Bel et ses fils, les textes permettent de distinguer, parmi les notaires, l'audiencier (avdientiarius), le clerc et le

1. Luchaire, Instit. monarch., I, 165. Cf. Boctaric, La France sous Philippe le Bel, p. 333.

2. Brussel, Compte de 1202, n»8 146, 182, 187, 190, 191, 193. Cf. Deusi.e, Catal., 685, 1290, 1930. Cf. Boutartc, La France sous Philippe le Bel, p. 322.

Page 1