Ch. V. Langlois, Philippe III, p
2. Ordonn. de 4256, dans Rec. des ordonn., I, 78.— 5. Ordonn., I, 316 (1287).
4. E. Renan, Guill. de Nogaret, dans Hist. littér.,t. XXVII, p. 236. Nogaret a expliqué lui même le sens de l'expression chevalier le roi. « Nunquam in productis per nos, nos diximus esse domesticos et familiares régis, sed milites, qui milites régis, ex eo quod per regem in suos milites recepti, habest inde nomen honoris et dignitatis, et se milites régis appellant, nec sunt propter hoc domestici dicti domini régis et familiares, et sunt quasi infiniti tain in regno Franciœ quam in ltalia et locis aliis qui sumant honorera et nomen hujusraodi dignitatis, nec sunt domestici, quod est ubique notorium ». Ceci revient à dire que tous les chevaliers créés par la volonté royale n'étaient pas attachés à l'hôtel du roi; mais parmi eux se trouvaient néanmoins bon nombre de conseillers royaux.
L'ADMINISTRATION CENTRALE
a. Sous tous les règnes, on vit quelques personnages prendre la haute direction du palais ou de l'hôtel et par suite l'influence prépondérante dans les affaires. Cette situation a été dévolue en général à des prélats pourvus d'une dignité plus ou moins élevée dans la hiérarchie ecclésiastique, ou jouissant d'une autorité personnelle considérable. Tel fut le rôle joué sous Hugues Capet par l'évêque d'Orléans, Arnoul ; sous Robert H, par l'archevêque de Sens, Léothéric, et l'évêque de Chartres, Fulbert 1 ; sous Louis VI et Louis VII, par l'abbé de Saint-Denis, Suger -, et par l'évêque de Soissons, chancelier de France, Hugues de Champfleuri 3 ; à la fin du règne de Louis VII et au commencement du règne de Philippe Auguste, par Guillaume de Champagne, archevêque de Reims * ; sous Philippe Auguste et Louis VIII, par l'Hospitalier Guérin, chancelier et évêque de Senlis5; sous Louis IX et Philippe le Hardi, par Mathieu de Vendôme, abbé de Saint-Denis6. Il arriva fréquemment aussi que des laïques, officiers du palais ou conseillers influents, profitèrent de la faveur extraordinaire dont ils jouissaient auprès du prince pour accumuler entre leurs mains tous les pouvoirs et devenir ainsi de véritables premiers ministres, sinon à titre officiel, au moins de fait. Cette place prépondérante dans le palais et dans le gouvernement a été occupée par Hugues de Reauvais sous Robert II7, par Etienne de Garlande sous Louis VI8, par Robert Clément et par Gille Clément sous Philippe Auguste 51 , par Pierre de la Rroce sous Philippe le Hardi 10, par Guillaume de Nogaret 11 et Enguerran de Marigni 12 sous Philippe le Bel.
. b. L'élévation d'hommes de petite noblesse ou même de basse naissance au poste si envié et si important de chef des conseillers royaux a excité de tout temps les protestations des membres de la famille royale et de la haute féodalité. Il est donc inexact de dire que « le règne de Philippe III fut l'un des premiers qui aient été marqués, dans l'histoire de France, par une révolution de palais 13 ». Le sort malheureux du
1. Luchaire, Instit. monarch., I, 198. Pfister, Études sur le règne de Robert le Pieux et De Fulberli vita, pass.
2. Luchaire, Instit. monarch., t. I, p. 199; Louis VI, Introd., p. 57 et suiv. 5. Instit. monarch., I, 192-193.