‹ Manuel des institutions françaises, période des Capétiens directsChapitre 200 sur 264 · Ch. V. Langlois, Philippe III, p · texte numérisé non relu

Ch. V. Langlois, Philippe III, p

chambellan, Pierre de la Broce, qui tomba sous la coalition de la faction dirigée par la reine Marie de Brabant et du parti aristocratique, et la destinée tragique d'Enguerran de Marigni, objet de la haine persévérante de Charles de Valois, ont eu des précédents dans l'histoire capétienne du xir et du xiie siècle. Hugues de Beauvais, égorgé par les sicaires de Foulque Nerra; Etienne de Garlande, disgracié par l'influence de la reine Adélaïde de Maurienne ; Cille Clément, qui perdit également le principat dans des circonstances restées obscures, ont été victimes des mêmes intérêts et des mêmes passions. On voit, dès l'origine de la monarchie, poindre la jalousie des princes de la famille régnante et des grands feudataires contre les conseillers intimes de la royauté. Il faut reconnaître d'ailleurs que l'autorité exercée par ces derniers n'était pas toujours justifiée par l'intégrité du caractère et des mœurs; qu'ils ont trop souvent usé de leur situation pour accumuler les dignités les plus lucratives, et que leur cupidité et leur vénalité ont excité, à bon droit, l'indignation des contemporains1. Quoi qu'il en soit, la réaction féodale qui se manifesta après la mort de Philippe le Bel semble avoir eu pour effet de substituer à l'influence des domestiques royaux celle des parents du roi et des princes apanagés. Le véritable premier ministre, sous les trois fils de Philippe le Bel, a été Charles de Valois s.

293. Les origines du Grand Conseil*. — C'est seulement sous le règne de saint Louis que le groupe des conseillers royaux, chargés plus spécialement d'assister le souverain dans l'expédition journalière des affaires politiques, commence à se distinguer des deux autres groupes à qui le roi déléguait le règlement des affaires judiciaires et le contrôle financier sur les agents de la couronne. La distinction fut encore plus nette, lorsque ces deux dernières catégories de conseillers, maîtres du Parlement et maîtres des comptes, formèrent des assemblées à peu près sédentaires dans la capitale du royaume. Le conseil politique du roi conserva encore pendant longtemps son caractère ambulatoire. Il fallait bien que le chef de la monarchie eût constamment à sa portée, partout où il faisait séjour, ceux qui l'aidaient à gouverner. D'autre part, sous les règnes de saint Louis, de Philippe III, et pendant la première période de celui de Philippe le Bel, le conseil et la cour judiciaire restèrent composés du même personnel, dont les éléments se transportaient d'une assemblée à l'autre avec une singulière mobilité. Le mot consilium dôsi-

*À. Aucoc, Le Conseil d'État avant et depuis 1789 (1876). — Vuitry, Éludes, ï, 153; II, 236 et 237. — Bodtaric,L<i France sous Philippe le Bel, p. 163 suiv. — Langlois, Philippe III, p. 312-313; et. surtout IN'okl Valois, Élude histor. sur le Conseil du roi, Introd. à l'Inventaire des arrêts du Conseil d'État (1886).

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