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C. LE DIOCÈSE

26. Modification, division et union des circonscriptions diocésaines. — La circonscription territoriale sur laquelle s'étend le pou-

*Sur les érections d'évêchés et les modifications apportées aux circonscriptions diocésaines pendant notre période, voir Thomassin, I, livre I, ch. lvii.

voir spirituel de l'évêque, ou diocèse (dioecesis, episcopatus), conserve encore, pendant cette période, son ancien nom de parochia. Les limites, depuis longtemps fixées, de cette circonscription, s'appellent termini parochiales1. Il n'y a rien de plus inégal, au moyen âge, que l'étendue des circonscriptions diocésaines2. Les limites des diocèses donnent lieu à de fréquentes contestations entre évêques. Pour les résoudre, les deux prélats se rendent sur le territoire litigieux, et là, en présence des abbés et des grands personnages du pays, font une enquête auprès des habitants limitrophes de l'un et de l'autre diocèse. D'après leurs réponses, on détermine les limites et l'on pose des bornes3. Certains diocèses ont des parties de leur territoire enclavées dans d'autres circonscriptions épiscopales4.

L'évêché est un rouage si important de l'organisme ecclésiastique, que la faculté d'ériger, de modifier, de supprimer des diocèses constitue un droit des pins précieux, qui ne resta pas longtemps entre les mains de l'aristocratie épiscopale. Dès les premiers temps du christianisme, les papes essayèrent de s'arroger ce pouvoir. Jusqu'au ixe siècle, ils furent obligés de "le partager avec les métropolitains et les synodes provinciaux. Au commencement du xie siècle, on a cessé de le leur disputer. L'opinion admet que le Saint-Siège a seul le droit de fonder, limiter, diviser, unir, supprimer les diocèses. Saint Bernard s'est fait, sur ce point, l'organe de la pensée commune. Il définit ce droit « l'effet de la plénitude de puissance accordée au siège apostolique sur toutes les Églises de l'univers 5 » . Les rapports étroits qui existent, au moyen âge, entre le spirituel et le temporel ont d'ailleurs cette conséquence que les questions d'union, de division ou de suppression de diocèse n'intéressent pas seulement l'Eglise : le pouvoir séculier y intervient pour son compte. Les changements dans les circonscriptions diocésaines durent être autorisés par l'État, sous les Mérovingiens et les Carolingiens. À l'époque féodale, la papauté put

1 Voir l'acte par lequel le pape Eugène III détermine les limites du diocèse de Rouen (Arch. de la Scine-Infcr., G. 5593, an. 1147), et l'acte par lequel l'évêque cl'Aiigoulême, légat du Saint-Siège, fixe les limites des diocèses de Bazas et dAgen [Arch. hùt. de la Gironde, XV, 25, an. 1111). Cf. HF, XIV, 183, Notice sur les limites des évêchés de Dax et d'Oloron.

2 On voit de très petits diocèses, comme l'évêché de Dol, qui s étend a peine sur une quarantaine de paroisses, et de très grands, comme l'évêché de Cambrai, qui, même après avoir été diminué de l'évêché d'Arras, en 1092, s'étendait encore sur tout le territoire correspondant au département du Nord, sauf la partie nord-ouest, sur les provinces belges du Hainaut (jusqu'à Charleroi), de la Flandre occidentale, d Anvers (jusqu'à Turnhout) et du Brabant jusque près de Louvain. Tels sont encore les immenses diocèses de Poitiers et de Toulouse, divisés au commencement du xiv* siècle par le pape Jean XXII. , . .OAO

5. C'est ce que firent Philippe, évêque deBeauvais, et Eude, eveque de Paris, en 1202 (Guérard, Cartul. de N.-D. de Paris, I, 131).

4 Le diocèse de Dol est le type curieux du diocèse à enclaves. Il se compose surtout à vrai dire de membres épars dans les autres évêchés. Sur les 40 paroisses quil possède, 22 sont enclavées dans le diocèse de Saint-Malo, 4 dans le diocèse de Bennes.

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