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LA MONNAIE

321. Au point de vue monétaire, la monarchie capétienne se trouvait dans les mêmes conditions que tous les Etats féodaux. L'unité monétaire, qui est une des caractéristiques de l'État moderne, n'existait pas. Les rois, comme tous les barons à qui appartenait le droit de monnayage (§ 145), avaient le monopole non seulement de la fabrication de la monnaie, mais des opérations commerciales résultant du monnayage des matières précieuses, et de la mise en circulation des monnaies. On leur reconnaissait le droit de se couvrir des frais de fabrication et même de faire des bénéfices en fixant arbitrairement le cours de la monnaie. L'existence d'une monnaie de compte (livre, sou, denier) rendait d'autant plus facile, en cette matière, l'abus du droit seigneurial, qu'il suffisait, pour élever ou abaisser le cours des espèces monnayées, de changer le rapport légal existant entre leur valeur de circulation et la valeur de la monnaie de compte, sans qu'il fût besoin d'altérer en rien les pièces. Aussi les rois de France du xie et du xu° siècle ont-ils eu recours, comme tous les hauts seigneurs leurs contemporains, à cette façon commode de bénéficier des variations de la monnaie. Sous Philippe Ier et sous Louis VI notamment, les populations se plaignirent à la fois de l'abaissement de la valeur de la monnaie de compte et des altérations matérielles qu'on faisait subir aux espèces « en mêlant le cuivre à l'argent2 ». Dans le

pécialement des affaires financières, et appelée caméra; mais il ne cite pas de preuves l'appui.

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