Buïïssel, Usage des fiefs, I
6. M. Ch. V. Lakglois (Philippe III, p. 312) affirme qu'il existait déjà, sous Philippe le Hardi, une Chambre sédentaire, composée des maîtres du Parlement qui s'occupaient
LES FINANCES AVANT PHILIPPE LE BEL
lorum, détachée du Parlement et ayant son existence propre. Ils établissent simplement que certains membres ou maîtres de la section judiciaire de la curia régis étaient délégués temporairement au Temple, non seulement pour apurer et régler les comptes des baillis, des prévôts et des communes, mais encore pour connaître judiciairement des affaires relatives aux deniers royaux et résoudre des questions de droit. Leur compétence judiciaire les autorisait même à condamner à l'amende des personnes autres que les comptables. On ignore seulement quels procédés ils suivaient et comment s'opérait la justification des agents de finances. Il est permis de croire que ces procédés ne différaient pas de ceux qui étaient en usage, dans le duché de Normandie, à la cour de l'Échiquier, bien avant la conquête de ce pays par Philippe Auguste (§ 144). On a même supposé1, avec quelque apparence de raison, que l'organisation des attributions et le système de comptabilité de l'Échiquier normand n'ont point été sans influence sur la création et le développement de l'organe spécial qui allait devenir en France, à l'époque de Philippe le Bel, sous le nom de Chambre des comptes, le rouage le plus important de l'administration financière de la monarchie.