L'ORGANISATION MILITAIRE. (H
Blanch (serviens armorum noster et admiraldus maris). La fondation du port d'Aigues-Mortes, créé par Louis IX, agrandi et fortifié par Philippe III, et celle du port d'Harfieur, sous Philippe le Bel, furent l'accompagnement nécessaire des mesures prises par ces rois pour se constituer une flotte permanente. On a la certitude que celte flotte existait sous le petit-fils de saint Louis. Elle se composait en 1504 d'une cinquantaine de vaisseaux (bâtiments de transport ou ussiers, et galies ou galères) qui stationnaient à Rouen, à la Rochelle, à Calais. Tous n'étaient pas loués à l'étranger; il y en avait de construits et d'équipés dans les ports de France. Ces forces navales ne servaient pas seulement au transport de la cavalerie et de l'infanterie, mais encore à la garde des côtes. Des commissaires spéciaux ou les amiraux eux-mêmes étaient chargés de les réunir, de les armer et de les approvisionner. Une contribution spéciale, Yobole de mer, prélevée sur les villes maritimes et notamment sur celles du littoral normand, subvenait, en partie, aux dépenses considérables qu'exigeaient ces armements. C'est bien à Philippe le Bel que revient l'honneur d'avoir aperçu la lacune que l'absence d'une marine de guerre laissait dans le système des forces défensives et offensives de la monarchie, et d'avoir essayé de la combler, tout en cherchant à soustraire la France à la dépendance fâcheuse et coûteuse où elle se trouvait à l'égard des Pisans, des Génois et des Vénitiens.