CHAPITRE VI
LES ORDRES MENDIANTS
On comprend sous ce nom les deux formes tardives du monachisme instituées, au commencement du xme siècle, par saint Dominique (dont la mission en Languedoc pour la conversion des hérétiques eut lieu en 1206-12071), et par saint François d'Assise (qui vécut de 1182 à 1226, et envoya ses premiers disciples en 1209). Le premier est le fondateur de l'ordre des Dominicains ou Frères prêcheurs (fratres Prsedicatores, ordo Prœdicatorum) ; le second, le créateur de l'ordre des Franciscains, dits
* Sur l'ordre des Frères prêcheurs ou Dominicains, Que'tif et Échard, Scriptores ordinis prœdicatorum (1719). — Martène et Durand, Thes. anecd., IV (actes des chapitres généraux de l'ordre jusqu'en 1306). — Lacordaire, Vie de saint Dominique (1841). — E. Caro, Saint Dominique et les Dominicains (1853). — L. Deusle, Mémoire sur les manuscrits de Bernard Gui (religieux dominicain, inquisiteur de Toulouse et évêque de Lodève, mort en 1331), dans Notices et extraits des manuscrits, t. XXVII. Cf. ibid., t. XXI, p. 181. — Danzas, Études sur les temps primitifs de l'ordre de St-Dominique (1885). — Douais, Les F rères prêcheurs en Gascogne, au xme et au xivc siècle, dans Arch. histor. de la Gascogne; le même, Essai sur l'organisation des éludes dans l'ordre des Frères prêcheurs dans la province de Toulouse, au xni8 et au xive siècle (1884). — E. Bernard, Les Dominicains dans l'Université de Paris, ou le grand couvent de la rue St-Jacques (1883). — Quantin, Invent. somm. des arch. départ, de l'Yonne, série H (1883), introd., p. 10. — Albanès, Le couvent royal de St-Maximin en Provence, de l'ordre des Frères prêcheurs. — U. Chevalier, Nécrologe et cartulaire des Dominicains de Grenoble (1870), etc. — Voir en outre les ouvrages relatifs à l'Inquisition (§ 67).
Sur l'ordre des Frères mineurs ou Franciscains : Wadding, Annales Fratrum minorum (1625), continué 1731-1860. — Hase, Franz von Assisi,ein Heligenbild (1856), trad. fr. Berthoud (1864). - Vogt, Der heil. Fr. von Ass. (1840). — Chavin de Malan, Gesch. des heil. Fr. von Ass. aus d. Franz., 2e éd. (1862). — Morin, Saint François d'Assise et les Franciscains (1853). — K. Muller, Die Anfânge des Minoriten Ordens und des Bussbruderschaften (1885). — L. Richard, Jean XXII et les Franciscains, dans Positions des thèses des élèves de l'Éc. des Ch., an. 1886. — Schmidt, Précis de l'hist. de l'Église d'Occident, 141 suiv. — Evers, Analecta ad. Fratr.'minor. historiam, et, entre autres, Glosberger, Narratio de origine et propag. Ordinis Min. (1882).
1. Hist. de Lang., édit. Privât, VII, 42-46, note XV : époque de la mission de saint Dominique dans la province. La règle de saint Dominique fut confirmée en 1216 par Honorius III, qui donna à l'ordre le privilège de la prédication et de la confession en tous lieux. En 1220, le premier chapitre de l'ordre réuni à Bologne se déclara pour la mendicité. Un ordre similaire de femmes et un tiers-ordre laïque s'adjoignirent bientôt aux Frères prêcheurs. En 1238, la règle de l'ordre fut définitivement constituée par le troisième général, Raimond de Pennaforte.
LES ORDRES MENDIANTS
Mineurs et Cordeliers (fratres Minores, Minoritee1). Ces deux ordres, qui apparaissent à la même époque et répondent aux mêmes besoins sociaux, ont été organisés de la même façon et offrent entre eux bien des caractères communs. Ils se distinguent notamment des anciennes congrégations religieuses (au moins au début), par leur renoncement absolu aux biens temporels. Ils vivent de quêtes et d'aumônes, d'où le nom collectif qu'on leur a donné.