‹ Manuel des institutions romainesChapitre 108 sur 500 · LA QUESTURE · texte numérisé non relu

LA QUESTURE

Le nombre des questeurs, qui était monté à 40 ciu temps de César, fut ramené, sauf exception, au chiffre normal de 20. Leurs fonctions furent considérablement amoindries. Auguste leur enleva d'abord leur charge de comptables du Trésor public (queRStores œrarii) et de gardiens des archives. En Tan 11 avant notre ère, il leur rendit la garde des archives ; mais, sauf un instant sous le règne de Claude (de 44 à 56), ils n'eurent plus la gérance du Trésor, définitivement dévolue à des préteurs ou à des préfets spéciaux^. Les questeurs € italiques f, délégués à Ostie, Calés et Ariminum, furent d'abord conservés ^, puis sup-

* GdU, Ueberdie Fortdatter und die Amtsbefugnisse der republikanischen Magistrale *ur Zeii der rômischen Kaiser : I. Ueber die Wanlcomitien der Kaiseneit (Zeitschr. f. d. Alterthumswissenschafl, 1856, p. 509-527).

1. Ce droit B*exerçait au grand jour, et les magistrats élus sur la recommandation du prince se paraient du titre de candidati Ceuaris {Augusti, imperatoris). Ce nouvel iionneur fut réglementé. Voy. ci-après, p. i4â-iAS.

%. MoHMSBN, Staatsrecht, P, p. 570.

3. Auguste commença par substituer aux questeurs deux praRfecli serarii Saturnù choisis tous les ans par le Sénat dans la classe des pr»torii (Tac, Ann. XIII, 29. Dio €ass., lui, 2. SuET., Aug. 36) : il les remplaça, en 23, par deux prœtores serarii (Tac, ibid. Dio Cass., LUI, 52, etc.). Claude rétablit les qusMiores serarii^ mais nommé.« pour trois ansfSuET., Claud.y 24. Tac, Ann., XIII, 28-29. Dio Cass., LX, 4.10. 24). Néron les supprima en 56, et revint aux pr»fecii serarii Satumi : seulement ces fonctionnaires étaient nommés par Tempereur et pour trois ans.

4. 11 semble bien qu'Auguste, après les avoir d'abord supprimés, les rétablit en Tan \) av. J.-C. (Dio Cass.» LV, 4).

Chap. 1,§ 1]

LES MAGISTRATS

primés : celui de Calés en premier lieu, sous le règne de Tibère, ceux d'Ostie et d'Ariminum par Claude, en 44 ^

Il leur restait un certain nombre de fonctions à Rome et dans les provinces sénatoriales. Sur les vingt questeurs nommés, l'empereur en attachait deux à sa personne (gwa^sfores principison Augusti) en qualité de secrétaires; leur principal office consistaità lire au Sénat les messages {orationes ' epistuke) du prince*. De même, les consuls se choisissaient chacun deux questeurs (quœstores consulum) pour les aider dans leurs fonctions de présidents du Sénat ^. La garde des archives, qu'on peut bien appeler une sinécure, réclamait deux questeurs, dits, comme autrefois, urbani *. Les douze questeurs restants se partageaient les provinces sénatoriales, où ils allaient assister les proconsuls ou propréteurs, avec le titre honorifique de questeurs-propréteurs (qusestores pro prœtore). Ceux qui étaient mariés et pères de famille avaient droit de choisir leur province^; les autres tiraient au sort**.

Le système du partage des provinces entre le prince et le Sénat ayant été abandonné à partir des empereurs syriens, on n'eut plus besoin de questeurs hors de Rome. A Rome, l'empereur, entouré d'une armée de bureaucrates, ne requiert plus leurs services, et les consuls n'ont même plus à présider le Sénat. La questure parait cependant avoir été maintenue comme un moyen de faire contribuer les fils de famille aux plaisirs du peuple. En effet, dès le début de l'Empire, on avait pris l'habitude de mettre à contribution la bourse des magistrats. Les questeurs fêliiient leur entrée au Sénat par un don en argent, destiné au pavage des rues. Claude, en 47, trouva que des combats de gladiateurs, à la mode de ses chers Étrusques, seraient plus intéressants que le pavage des rues, et il imposa aux questeurs l'obligation d'en donner régulièrement tous les ans à leurs frais ^ Alexandre Sévère ne supprima pas lescombats de gladiateurs, mais il eu fit supporter les frais par le Trésor, en faisant une exception pour les questeurs de César. Les autres questeurs furent dès lors appelés, pour cette raison, qusestores arcarii^. On ignore si les questeurs furent tous conservés après Dioclétien, si tous ou quelques-uns seulement furent obligés de donner des jeux de leurs propres deniers.

Constantin créa une questure spéciale {quiBStor sacri palatii), espèce

1. SUET., Clawi.j 24. Dio Gass., LX, ^. Ces deux textes montrent que Claude trouva la questure de Campanie déjà abolie.

2. Dio Gass., LIV, 25; LX,2; LXVIII, 16; Suet., .itt^.,65; 7*17., 6. Tac, .4nH.,XVI, 27, Spartian., Hadrian., 3.

3. Dio Gass., XLVHl, i3. Tac, Ann.y XVI, 34. Plin., Epist.y VIII, 23, 5.

4. Les inscriptions les mentionnent jusqu*au règne d*AuréIien.

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