‹ Manuel des institutions romainesChapitre 122 sur 500 · C:hap. 2] LE SÉNAT · texte numérisé non relu

C:hap. 2] LE SÉNAT

recommander, les présente tous à partir de Néron*, de sorte qu'il n'y a plus, à proprement parler, d'élections consulaires. Il laissait un peu plus de liberté à l'assemblée pour les autres élections, où il proportionnait son intervention à l'importance des dignités*. Parmi les questeurs, il n'en choisissait guère que deux, ceux qu'il attachait à sa personne, et il parait s'être tout à fait désintéressé des élections au vigintivirat. Les membres des collèges sacerdotaux étaient aussi présentés par l'empereur ; <;omme il n'y avait d'ordinaire qu'une place vacante à chaque élection, le candidat de César ne pouvait avoir de concurrent. Çà et là quelques adlecti ex SC. ont pu être choisis par le Sénat, mais l'exception signalée de la sorte ne fait que confirmer la règle.

On voit que les auteurs et les jurisconsultes ne se trompent pas de beaucoup quand il leur arrive de dire que les magistrats sont « créés » par l'empereur. Il est pourtant un droit au moyen duquel le Sénat eût pu en conquérir bien d'autres, s'il lui avait été donné de l'exercer réellement: c'est le droit de nommer et de déposer l'empereur luimême. Mais on sait que le Sénat ne fit jamais qu'enregistrer et légaliser les faits accomplis. L'armée consentit à lui laisser élire les empereurs Maxime et Balbin ; l'essai réussit assez mal, de sorte que, plus tard, il hésita six mois avant de donner par le même procédé un successeur à Âurélien. Il usait encore moins de son prptendu droit de déposition, c'est-à-dire qu'il ne déposait que les empereurs déjà renversés.

Le Sénat avait reçu également un droit qu'on ne lui reconnaissait pas jadis, celui de faire les lois, corollaire logique du droit d'en dispenser * et conséquence pratique de la juridiction sénatoriale. Il s'en servait au commencement de chaque règne pour consommer en quelque sorte son suicide en investissant l'empereur du pouvoir absolu^, et parfois pour épargner au nouveau prince la peine de casser lui-même certains

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