CHAPITRE II
ADMINISTRATION DE L'ITALIE
Les villes fédérées, colonioB latines et colonies romaines de ritaiic. — L*Italie unifiée après la guerre Sociale (90-89 av. J.-C). — Réunion de la Cisalpine à Tltalie (42 av. J.-C.J. — L*Italie divisée en XI régions. — Assimilation progressive de lltalie aux provinces. — Les ressorts judiciaires en Italie^ des juridtci au civil, des préfets de Rome et du prétoire au criminel. — Le corrector nalise. — Fractionnement de ritalie en régions annonaire et urbicairc : Tltalie diocèse de la préfecture d'Italie. — Les provinces italiques.
Après ces notions préliminaires sur les municipes en général, nous pouvons aborder l'étude du mécanisme administratif appliqué au gouvernement de ritalie et des provinces.
On a vu qu'avant l'extension du droit de cité à l'Italie entière, la péninsule était un agrégat de nationalités et de villes rattachées par des liens divers à la ville qui les avait domptées l'une après l'autre. Le territoire romain proprement dit, partagé en 35 districts ou tribus, comprenait les colonies et municipes jouissant du plein droit de cité. En dehors des tribus, mais catalogués sur les « tables des Caîrites >, étaient les préfectures et municipes dotés de Idicivitas sine suffragio. Le reste de l'Italie appartenait aux « alliés », qui se subdivisaient en deux catégories, les membres de l'ancienne fédération latine {nomen Latinum\ isolés les uns des autres depuis 338, mais toujours fédérés avec Rome, et les autres Italiens {socii Italici)^.
La confédération latine d'une part, Rome de l'autre, agrandissaient leurs domaines respectifs par l'établissement de colonies latines et romaines, qui ont toutes été fondées par l'initiative et avec le concours des Romains. En voici le relevé parallèle, disposé dans l'ordre chronologique.
1. Les socii Italici et le nomen Latinum sont à la fois distingués et associés dans les textes : sociumve nominUtve LaHni{Lex agrar., § 21) — in sociorum et Latinorum sUpendio (Cic, In Verr.y V, 24). — Civitas est sociis et Latinis data (Cic, ProBalbo^ 8), etc. Dans tous ces textes (Cf. Cic, Pro Balbo^ 28. Bni^,46. Rep., VI, 12. Sall., fr. I, 12. Liv., XLI, 8.9), les socii sont toujours nommés avant les Latins. Les deux passages do Salluste {Jug.^ 40.95) ne sont qu'une exception apparente. C'est que les Latins étaient — depuis 338 tout au moins — les plus dépendants des alliés. Les villes fédérées d'Italie sont : Tibur, Prœneste, Lavinium, Aletrium, Ferentinum, Verulœ, Populonia, Tarquinii, Volaterrœ, ArretiUln, Perusia, Clusium, Rusellte, Iguvium, Camerinum, Ocriculum, les Picentes, Vcstini, Marrucini, Marsi, Peligni, Frentani, Ncapolis, Nola, Nuceria, Aquinum, Teanum Sidicinum, Velia, Tarente, Crotone, Métaponte, Heraclea, Thurii, Rhegium, Locri, Petclia. Cette liste est incomplète, mais on manque de renseignements sur la condition de bon nombre de villes d'Italie : les plus aûrs sont empruntés à la numismatique.
Ghap. 2]
ADMINISTRATION DE L'ITALIE