‹ Manuel des institutions romainesChapitre 183 sur 500 · Cf. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Cf. ci-dessus, p

3. Voy. ci-dessus, p. 28, et ci-après, dans la partie cunsacrcc ù rArinéc.

\. On entend par stipendium sans épitliëte, le stipendium annuum. César prit ic premier Thabitude de payer ses soldats en trois ternies.

5. Elle était, au temps de Polybe, pour le simple fantassin, de 1200 as scxtantaircs ou 120 deniers, de 225 deniers depuis César, et de 300 depuis Domitieu. A cette époque, lefi cohortes urbanxayaleni une solde de 360 deniers, et les prétoriens, de 720 deniers. On ne coinialt pas, |)our les premiers siècles de TËmpire, la solde des officiers. MARQiiAKbT calcule qu'au temps de Tibère, les 25 lé(;ions, les coll. urbanx et les prétoriens coûtaient un peu plus de 50 millions de francs. 11 faut ajouter à celte sonniie Tentretien de la cavalerie, de la flotte, dés vigiles, les donatira et congiaria^ lu dotation des vétérans, etc. On reviendra sur toutes ces questions, signalées ici en pus-' sant, dans la partie qui traite spécialement de l'armée.

6. Tac, Ann., I, 17. Suet., ^erOy 10. Lamprid., AL Sevei\y 52. Veoet., 111, 3.

LES FiNAXCES

[Paht. 111

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4" Approvisionnement de Rome et assistance publique. — Le blé, sous lormedehomWie {puis -pulmentum) ou de pain, était le fond de la nourriture du Romain. Tant que le sol romain put nourrir sa population, le gouvernement se contenta de prendre, en cas de disette, des mesures exceptionnelles et transitoires. C est ainsi qu'en 495 et en 440, on nomma, pourveilleraux approvisionnements, des commissaires spéciaux {prmfecti annonas*) qui firent venir des grains d*Étrurie,d'Ombrie et de Sicile. Les édiles de la plèbe étaient, du reste, chargés d'une façon permanente de punir les accapareurs et d'empêcher la hausse artificielle des cours, et les censeurs encourageaient à leur manière l'agriculture indigène^. Mais les guerres incessantes dépeuplèrent les campagnes: les propriétaires, ne pouvant lutter contre la concurrence des blés étrangers, se rejetèrent sur l'élève des bestiaux, la culture de la vigne et de 1 olivier, qui exigent peu de bras^, Le travail servile, enabaissantle prix de la main-d'œuvre, acheva de décourager les laboureurs, qui abandonnèrent leurs champs pour aller chercher fortune à Rome. Ainsi se produisit dans la capitale un afflux malsain de prolétaires dévoyés et prêts à toutes les aventures. Dès lors, la question des approvisionnements devint une question socicile et politique à la fois, car on avait tout à redouter d'électeurs affamés. Les distributions gratuites ou quasi gratuites (largitiones) faites de temps à autre * ne suffisaient plus.

C. Gracchus ouvrit définitivement l'ère de la démagogie avec sa loi frumentaire, dont TefTet le plus certain fut d'achever la ruine de l'agriculture en Italie et d'attirer à Rome tous les indigents pourvus du droit de cité. La lex Sempronia frumentaria (123), la première de ce genre, assura à tout citoyen romain domicilié à Rome le droit de toucher chaque mois cinq boisseaux de froment, fournis par les greniers de l'État au prix de G 1/3 as {senos et trientes), prix inférieur de plus de moitié à la valeur réelle °. On ne devait pas s'en tenir là. C. Marins, durant son tribunat (119), eut le courage de faire rejeter une rogatio frumentaria

i. Liv.y II, 27. IV, 12. Cf. ci-dessus, p. IGO, 2. 11 faut dire que ces assertions do Tite Live ne sauraient être acceptées sans défiance. Cf. Mommsën (SioaUrecht, 11% p. 052).

2. Agrum maie colère censorium probrum exislimabatur (Pli.n., XVIII, g 10). Cf. Cell., IV, 2.

3. Caton prêchait, pour son compte, la viticulture (PuN., XYIII, § 2J. Cic, 0/f., II, 25. Hep., III, y. COLUM., VI, Prœf. § 4).

4. Dès 439, le tribun (?) Minucius fait vendre à 1 as le boisseau le blé que le malheureux Sp. Mœlius avait acheté pour en faire des distributions gratuites (Liv., IV, iC) ; on cite encore des distributions à 1 as le boisseau en 250, à 4 as en 203 et 201, à 2 as en 200 et lOG.

5. ScHOL. Bob., p. 300. Liv., Epit. LX. Vell., II, G. Plut., C. Gracch. 5, etc. Appian., n. Civ.y I, 21, etc. Les auteurs ne disent pas que la ration mensuelle fût limitée à 5 modiiy mais on peut le supposer d*après l'usage suivi plus tard. Dans toutes les lois frumcntaires, il n'est question que des citoyens pourvus du droit de suffrage et ayant leur domicile à Rome. Les femmes et les enfants ne comptent pas. C'est à Télecleur que l'État réserve ses bienfaits, et le législateur n'y met aucune hypocrisie.

Ghap. 1] LES DÉPENSES :2â5

qu'il jugeait déraisonnable ^, mais il appuya plus lard la lex Appuleia frumentaria (100) de L. Appuleius Saturninus, qui abaissait le prix du boisseau à 5/6 d'as (semisses et trientesy. Cette loi et la lex Livia frumentaria (91), conçue dans le même esprit^, furent cassées par le Sénat pour vices de forme *y et la loi Octavia (vers 90) réduisit notablement les charges du Trésor^.

Sylla osa enfin supprimer tout à fait les € frumentations 9 ; mais elles recommencèrent au lendemain de sa mort. La loi jEmilia (78) obligea l'État à fournir aux citoyens, nous ne savons à quel prix, cinq boisseaux de froment par mois®; la loi Terentia Cassia (73) rétablit la loi de C. Gracchus, mais en limitant le nombre des ayants droit et donnant aux frumentations le caractère d'un secours aux nécessiteux^. Dix ans après (62), le Sénat, intimidé par la populace, était obligé d'allonger la liste des assistés^. Enfin, en 58, la loi Clodia décida que tous les citoyens — sauf peut-être les sénateurs et chevaliers — recevraient leur blé gratis ®. La cura annonss confiée à Pompée sous ce régime (57) n'était pas une sinécure. En 46, le nombre des citoyens nourris par l'État montait à 320000. César réduisit ce nombre à 150 000, et fit inscrire les noms des assistés sur une liste qui devait être revisée et complétée tous les ans, au fur et à mesure des décès ^® : mais le désordre recommença après lui.

Auguste se chargea en 22 de la curaannonx^^. Il avait d'abord pensé à supprimer les frumentations, puis il prit le parti de les régulariser; en Tan 2 avant notre ère, il arrêta définitivement la liste des assistés au chilTre de 200 000, qui resta depuis le chiffre normal^ ^ Les frais des distributions étaient supportés en partie par le fisc impérial, en partie par r^rartum du Sénat '^. Le service de l'annone, organisé non seulement en vue des frumentations, mais pour l'approvisionnement à bas prix des marchés, fut assuré par la création d'une quantité d'employés mis sous les ordres d'un préfet spécial. A partir du règne d'Aurélien'*,

1. Plut., Afarius, 4. Plutarque n*indique ni Fauteur ni la portée du projet de loi.

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