‹ Manuel des institutions romainesChapitre 212 sur 500 · IV. tir · texte numérisé non relu

IV. tir

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266 L'ARMÉE [Part, iv

TEmpire, sans parler autrement que pour mémoire des siècles mal connus qui prolongent la perspective avant Servius Tullius et après Dioclétien.

Les renseignements dont nous disposons ne prennent quelque valeur qu'à partir de Servius Tullius, parce que la réforme opérée alors fait partie de la constitution, mèm^ de la cité. On dit qu'au temps de Romulus, — à supposer que la cité eût alors ses trois tribus génétiques — l'armée se composait de trois contingents, de 100 cavaliers (celeres) et 1000 fantassins (milites^) chacun, ayant à leur tète autant de tribuni, dont un commandait à tour de rôle la cavalerie (tribunus celerum)^ pendant que le roi commandait l'infanterie'. La cavalerie est un corps permanent, qui conserve ses cadres ; l'infanterie est organisée à nouveau pour chaque campagne. On dit que l'eiTectif de la cavalerie fut doublé une première fois sous TuUus Hostilius, une seconde fois sous ïarquin, et que les six centuries — ou plutôt les trois centuries doubles (Ramne^- TitieS'Luceres priores et posteriores ou secundi) — réorganisées par Tarquin, entrèrent dans le système nouveau créé par Servius Tullius^,

1. De là, d'après Varron (L. lat.f V, 81), le nom de mileSy signifiant Tun des « mille ». G*e8t une étymologie contestée par les linguistes, qui n*en ont pas encore trouvé de meilleure. Les fantassins étaient sans doute des clients ; en tout cas, les centuries de cavaliers portent seules le nom des tribus {centurim equitum Ramnenses - Titienses

- Lucerenses),

2. Il y a là plus d*une difficulté. D*abord, Tidentité des celeres et des equiies n*esl pas un fait évident, puisque Belot (Hist. des chevaliers rom.^ 1, p. 106. 136. 139), sur la foi de Plutarque {Romul.f 26. Numa, 7), voit dans les celeresjine garde à pied, licenciée par Numa. Ensuite, les auteurs ne parlent ordinairement que d'un seul tribunus celerum (Dion., II, 13. III, 40. IV, 3. 6. Serv., ^n., XI, 603;, et cependant c'est dans la cavalerie qu'apparaît surtout la division ternaire. Lange (R. Alt., I', p. 283. 377) admet un seul tribunus celei-unif distinct des tribuni militum. Il y aurait alors unité dans le commandement, mais inégalité entre les tribus. Mommsen (Staatsrechtt 11% p. 169) suppose qu'il y a trois tribuni celerum, distincts des tribuni militum^ et qu'on entend par « le tribun des célères » celui que son tour appelle au commandement en chef. Bloch (Les origines du 5ena/, p. 35) accepte le roulement imaginé par Mommsen, mais n'admet que trois tribuns en tout, identifiant ainsi les tribuni celerum et les tribuni militum. Ce qui ressort clairement de ces controverses, c'est que les textes se prêtent à toutes les démonstrations et ne suffisent à aucune.

3. Encore une question insoluble, comme il y en. a tant dans l'histoire de la chevalerie romaine. Les textes fourmillent de contradictions, et il est chimérique de les vouloir accorder. Tite Live (1, 13) dit que Romulus forma trois centuries de chevaliers,

— soit 300 hommes, probablement identiques avec les 300 celeres (1, 15) — et que Tullus y ajouta 10 turmes d'Albains (I, 30). La turme étant, à l'époque historique, de 30 hommes, on a ainsi 300 nouveaux cavaliers, qui portent l'effectif des trois centuries à 600 hommes. Tite Live dit plus loin que Tarquin doubla cet effectif et le porta ainsi à 1800 hommes (I, 36). Belot corrige sans hésiter, et met 1200. Mais ce chiffre de IHOO se retrouve dans un passage de Cicéron (Rep.f II, 20), qu'il faut corriger de même, en arguant de l'incertitude de la leçon dans les manuscrits. Gela fait, on se prévaut d'une expression de Cicéron (equitatum ad hune morem constituit qui usque adhuc est retentus) pour soutenir que l'effectif des centuries portant les noms des tribus génétiques est resté invariable après Tarquin (comme si mo/'em était synonyme de numerum), et Ton trouve le chiffre maximum dans un texte de Caton (Orat. fr. LXIV, p. 66, éd. Jordan) d'où l'on conclut également bien qu'il y avait depuis Servius Tullius 1800 (Lange) ou fAOO (Helot) équités equo publico. Tant d'arbitraire dans les prémisses enlèvent tout

L'ARMÉE SOUS LA RÉPUBLIQUE

Chap. 1, § 1]

Mais la grande réforme de l'époque fut l'assimilation complète des patriciens et des plébéiens au point de vue du service militaire. Ce que nous savons de la constitution de Servius TuUius nous»permet de commencer ici l'histoire des dispositions prises pour assurer le recrutement de l'armée.

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