‹ Manuel des institutions romainesChapitre 221 sur 500 · POLYB., VI · texte numérisé non relu

POLYB., VI

0. Polybe (XI, 23) attribue à la cohorte 3 manipules, et Tite Live (XXV, 15) dit que M. Atinius avait organisé en centuries (centuriaverat^ armaveratque) la jeunesse de Thurium.

7. Le terme d'ala (equitum), équités alarii, est absolument réservé à la cavalerie alliée, et ne s'applique jamais à celle des légions (legionarii équités). L'effectif de la turme est fixe: quand Vala a plus de 300 hommes, on augmente en proportion le nombre de ces subdivisions. Un quart de la cavalerie alliée, 2 escadrons sur 8, constituait une élite sous le nom d'a/« extraordinaria.

8. Prxtoria cohors dicta, quod a prœtore non discedebat (Fest., p. 223, s. v.). Cette coutume remonte probablement à l'époque royale. Tite Live (II, 20) signale la cohorte du dictateur Postumius à la bataille du lac Régille, en 499. Suivant Wôlfflin, Scipion a innové en ce sens qu'il a transformé la cohorte prétorienne en une «pOicov TXv), à la mode grecque. Cf. les comités ou amici Augusti (ci-dessus, p. 152).

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de cavaliers « extraordinaires y» pris parmi les alliés. Il n*y avait point à cet égard de règle fixe ; à la fin de la République, même les commandants en sous-ordre s'entouraient ainsi d'amis auxquels ils assuraient de cette façon un service à la fois plus agréable et mieux rémunéré.

L'armée dont on vient de passer en revue les divers organes fut profondément modifiée par les réformes de Marins*. L'esprit démocratique et égalitaire du temps acheva de supprimer dans les rangs toutes les anciennes distinctions fondées sur le cens et sur Tâge : les dénominations traditionnelles de hastatiy principes^ triariij furent encore conservées pour différencier les centurions de divers grade, mais tous les légionnaires furent armés de même façon et traités de la même manière ^. Ce fut sans doute aussi Marins qui, transportant à la légion le système usité pour les contingents alliés, renonça au fractionnement en manipules et divisa la légion en 10 cohortes, d'effectif variable suivant la force de la légion ^. La réforme consista non pas à supprimer les centurions des manipules et centuries, mais à resserrer ces petits groupes dans l'unité nouvelle de la cohorte, placée sous le commandement du premier de ses six centurions et dotée d'un étendard à elle ^. En même temps, la légion aussi reçut un étendard, l'aigle d'argent, portée par un aquilifer et honorée d'une sorte de culte religieux^. Autour de ce symbole se développa l'esprit de corps, et bientôt les légions, êtres collectifs indéfiniment perpétués chacun sous un numéro d'ordre invariable^, vont commencer à se faire une biographie.

Quant à la cavalerie, elle cpsse, après la guerre Sociale, de faire partie des légions et ne se recrute plus qu'en dehors de l'Italie, chez les peuples les plus renommés pour leur habileté à manier le cheval, Gaulois, Espa-

* L. Huiler, />e re militari quaedam e Caesaris commentariis excerpta, Kiliae, lSi4>. - Rûstow, Heerwesen und Kriegfûhrung Càsars (2" édit,). Nordhausen, 1862. — F. Kraner, L'armée romaine au temm de César^ trad. de l'ail, et complété par E. Benoist, L. Baldy, G. Larroumet. Paris, 1884.

1. Il est question pour la dernière fois des velites dans la guerre contre Jugurtha (Sall., Jugurth,, i6. 105). Le pilum, amélioré par Marius, devient dès lors Tarmc commune de tous les légionnaires.

S. Il y a là une question controversée. Le fait est que Métellus fut le dernier à employer la division par manipules dans la guerre contre Jugurtha (Sall., Jugurth. 49) et que, depuis, il n*est plus question que de cohortes. Seulement, il est vrai de dire que déjà le nom de cohorte était employé pour désigner des groupes de manipules, par exemple, des files composées chacune de trois manipules {hastati, principes et triarii) rangés Tun derrière l'ajutre (Cf. Marquardt, ibid.y p. 422). Polybe (XI, 23) définit la cohorte TpeTç oireCpa; * tovto ôè xa^eÎTai Td a(tvxay}ia tûv ireCc&v irapà *P(it)(&a(oiç xodpTiç.

3. Les textes cités à cet égard (GiGS., B. GalL, II, 25. Tac, Ann., I, 18) ne sont pas absolument probants, mais on trouve sur les monuments figurés des signa cohortis.

4. L'étendard, défendu dans les batailles par les antesignani, était déposé au camp dans une petite chapelle (Dio Gass., XL, 18), asile respecté du numen legionis (Tac, Ann., I, 39. II, 17).

5. On trouve de bonne heure des numéros d'ordre attribués aux légions (cf. la dissertation de Gessler, mentionnée ci-dessus, p. 270), mais le numéro ne put être une propriété tant que la légion elle-môme fut créée à nouveau pour chaque campagne.

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gnols, Thraces, Numides, Germains : autrement dit, elle se trouve tout entière dans les contingents étrangers connus sous le nom d'auxilia^ Elle n'en reste pas moins organisée en a/œ, turmiBy decurisSy et même elle entre pour une proportion plus forte qu'autrefois dans Teffectif des armées.

Si variée qu'en pût être la composition, une armée romaine constituait un organisme où chacun avait son rôle défini et sa place marquée. L'habitude qu'avaient les Romains de camper tous les soirs dans un camp fortifié et divisé d'une façon méthodique ne contribuait pas peu à familiariser les soldats avec tous les détails du règlement et à leur faire sentir la solidarité des divers groupes. Nous ne pouvons pas exposer ici les règles minutieuses de la castramétation romaine, qui était à l'origine, au même titre que le rite de la fondation des cités et colonies, une branche de l'art augurai. Le camp était un temple carré dont la tente du général (prietorium) était l'auguracle (au^uraf^)'. Chaque corps y occupait un espace rectangulaire (strigsR- scamna), limité par des lignes parallèles aux axes de la figure. On y trouvait un autel rappelant le foyer de Vesta^, un tribunal, un forum^ des rues. Tout y était aménagé de façon à faire du camp une ville provisoire, qui était comme l'image visible de la patrie*.

* Rettig, Polybii castrorum Romanorum format interpretatio. Haooviœ, 1828. — Klense, Das rômische Lager und die Limilation {?hi\o\. AbhandLj. Berlin, 1839. — Planer. De castris Romanis. Berol., 1842. — Hasqueles, Etude sur la castramétation des Romains. Paris, 1864. Art. Castra dans le Dict. de Daremberg etSaglio^ p. 940-958. — A. Gemoll, Die Hyginische Lagerbeschreibung (Hermès, XV [1880], p. 247-256). — H. Nissen, Das Templum [Berlin, 18691, p. 23-53. — Das altromische Lager nach Polybios (Jahrbb. f. Philol. GXXIII, [1881], p. 129-138). — Fr. Hankel, Das rômische Normallager zur Zeit des Polybios (Jahrbb. f. Philol., GXXI [1880J, p. 737-763). — Das altrômiscke Lager nach Polybios (ibid., GXXIII [1881], p. 857-867).

i. Cf. G^s., J?. Gall, I, 15. 42. Plut., Anton. 37.

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