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3. Rufuli appeltabantvr tribuni militum a comule facli, non a populo : de quorum jure quod Rutilita ftufus Ugem tulerat Rufuli mn( vocati (Fest., fipii., p. !B0 s. v.J, cr Pa. AscoN., p. 14!, Orelli. Ltv., VII, 5. Ou ignore i quelle époque lut portée cette loi Rutilia .

i. Le litre de tribuni militum a populo adonné lieu à des controverses, i cause de l'application qui en a été faite à des ofllciers de milices municipales (vojr. ci-après). Le leile précité du Ps. Asconius donne seul le litre de comiliati.

Chap. i,§3]

L'ARMÉE SOUS LA RÉPUBLIQUE

charge ; les autres restaient en fonctions aussi longtemps que le général de qui ils tenaient leur nomination.

Nommés ou élus, les tribuns étaient toujours choisis parmi les jeunes gens de grande famille, qui commençaient par là leur carrière politique. On essaya de temps à autre d'imposer comme condition quelques années de service piréalable dans la cavalerie ou dans la cohorte prétorienne *, mais la préoccupation dominante fut toujours de conserver aux grades d'officiers supérieurs leur caractère aristocratique et d'en fermer l'accès aux sous-ofQciers ou centurions. Il en résulta que le tribunat militaire devint peu à peu une fonction honorifique et qu'on chercha à assurer d'autre manière l'ellficacité du commandement. Les tribuns militaires avaient, de par leur grade, rang de chevalier et portaient Tanneau d'or* : ceux qui appartenaient par leur naissance à l'ordre sénatorial portaient le laticlave {tribuni laticlavii^); les autres étaient dits angusticlavii^.

Au-dessous des tribuns militaires, il n'y avait dans les légions d'autres officiers que les centurions (éxaTovrapxot) portant, comme insigne de leur grade, le cep de vigne (vitis). Ceux-ci étaient désignés par les tribuns et nommés par le consul ^. Ils étaient au nombre de 60 dans une légion, la légion se composant, comme on l'a vu, de 30 manipules commandés chacun par un premier et un second centurion {centurio prioVy prioris centurisR - posterioVy posterions centuriœ) ®. Il y avait entre eux une hiérarchie correspondant à l'ordre des manipules. Les dix manipules du premier rang (hastati) étaient inférieurs en dignité à ceux des principes^ placés au second rang, et le second rang, avec ses dix manipules, était lui-même inférieur au troisième, celui des triarii ou pili. Dans chaque rang, l'ordre hiérarchique ascendant allait du dixième manipule au premier, et, dans chaque manipule, le centurion de la pre-

1. Au temps de Polybe (VI, 19), il était entendu que, sur les 24 tribuns élus, 10 devaient avoir fait dix campagnes, et les 14 autres au moins cinq campagnes; mais les gens du commun n'auraient pas eu Tidée de se porter candidats aux places de tribuns élus. Parfois le Sénat décidait que tous les candidats devraient avoir déjà exercé une magistrature: creari neminem eo anno placere, nisi qui honorem gessisset (Liv.,XLIV, 21). Pour les RufuH, on pouvait ôtre assuré que les consuls ne feraient que des nominations convenables.

2. AppkAN., Pun. 104. César appelle toujours les tribuns militaires équités Romani {CMS.yB. GalL, III, 10. VII, 65. B. Civ., I, 77). Les grades d*officier (préfet de cohorte, d*aile, tribun de légion) sont désignés en bloc par l'expression de équestres militise (SuET., Oct., 46. Claud.y 25. Plin., EpUt,, VII, 25, etc).

3. SuET., Oct.f 38. Domit. 10. Ce titre (en grec, x^^'^pxoç TCXornSorjiAoc) se rencontre fréquemment dans les inscriptions. Cf., ci-dessus, p. 129, 1.

4. SuET., Otho, 10. Ce titre est absent des inscriptions, parce que les angusticlavii se contentaient du titre du tribuni militum sans épithète.

5. Liv., XLll, 34. 35. PoLYB., VI, 24. Les optianes ou chefs de queue (oOpayoC), choisis par les centurions à raison de deux par manipule, et les signiferi (oYifiaioçdpoi), en nombre égal (Poltb., VI, 24. Cf. subcenturio dsius Tite Live, VIII, 8), étaient plutôt des soldats de première classe que des sous-ofilciers, jusqu'au jour où ils furent nommés par les tribuns (ci-dessus, p. 278, 3).

6. Chaque manipule ayant son numéro d'ordre et s'appelant pour cette raison ordo, le centurion est désigné de même, en langage technique, par le nom d*ordo.

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L'ARMÉE

[Part, iv

mière centurie était le supérieur du centurion préposé à la seconde centurie. Par conséquent, le dernier des centurions, classé soixantième, était le centurion de la seconde centurie du dixième manipule ou ordo des hastati (decumus hastatus posterions centuriœ), le premier de tous était le premier centurion de la première centurie du premier manipule des triarii on pili {primus pilus • primipilus -- pfimi pili ou prinii ordinis centurio). Le grade de primipile était, sous la République, le couronnement de la carrière du soldat sorti des rangs du peuple ^ Celui qui en était revêtu avait, lui et ses collègues des pritni ordines^y Thonneur de prendre part avec les tribuns aux conseils de guerre^. C'est à lui qu'était confiée la garde de Tétendard de la légion. Tant que les légions furent formées à nouveau chaque année, il n'y avait pas d'avancement régulier, soit pour les officiers, soit pour les sous-officiers*. Sans doute, les consuls tenaient compte, dans les nominations, des grades précédemment obtenus, mais ces grades étaient périmés en fait et ne pouvaient servir que de recommandation. D'autre part, dans l'espace d'une année, les occasions d'avancer étaient relativement rares, et le général n'était pas obligé de suivre, pour les nominations nouvelles, des règles qui n'existaient pas encore^. Cet état de choses ne fut modifié que par l'institution des armées permanentes.

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* N. Hadvig, Die Befehlshaber und das Avancement in dem rômischen Heere, in ihrem Zusammenhang mit den romisches Standesverhàltnissen im Gamen betrachtei (Kleinc philol. Schriflen, 1875, p. Ml-^m). — A. Mûller, Die Rangordnung und dos Avancement in der rômischen Légion (Pbilologus, XXXVIII 11879], p. 12I5-149). Pour Tépoque impériale, voy. ci- après.

1. Même dans Tarmée de César, on ne trouve pas d*excmple d*un primipile promu à un grade plus élevé. Aussi, arriver au poste de primipile s'appelait « achever sa carrière » (consummare). Cf. Suet., Calig. 4i. G. !. L., VI, 3580. On verra plus loin que, sous TEmpirc, les centurions deviennent de véritables officiers, et que la ligne de démarcation entre la milice commune et la milice équestre tend à s'effacer.

2. On discute encore sur ce qu'il faut entendre par les primi ordines (Liv., XLIV, 33. CiGS., B. Gall. V, 30. VI, 7). Les uns entendent par là les trois premiers centurions des trois classes dans chaque cohorte ; les autres, dont l'opinion parait plus probable, les dix premiers centurions des dix manipules de triarii (primi pilusprior — secundus pilas prior, etc.), qui devaient être les commandants des dix cohortes. Madvig appelle primi ordines les plus anciens centurions, d'une manière générale, sans en limiter le nombre.

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