‹ Manuel des institutions romainesChapitre 256 sur 500 · Tac, Hist.y III · texte numérisé non relu

Tac, Hist.y III

5« II y a là plus d'un problème. On trouve dans les inscriptions le titre générique de a militiis, employé concurremment avec des désignations plus précises a III mili-' iiis avant Sévère, a IIII militiis depuis. Enfin, on trouve aussi, comme qualiflcation d'un grade spécifié, la mention prima militia^ quarta militia. Que signifient au juste ces expressions? L*idée la plus naturelle est que les formules a III et a IIII militiis désignent les militaires qui ont passé par les trois ou les quatre grades équestres, et la formule a militiis ceux qui ont reçu seulement un ou tout au plus deux de ces grades. Si Ton rencontrait la forme a II militiis^ cette interprétation deviendrait vraisemblable. Actuellement, il n'est guère possible de l'adopter. Ces différents termes paraissent bien être des synonymes: ils désignent le genre plutdt que le nombre des grades obtenus par les officiers retraités dont il s'agit. Ceux qui ont réellement parcouru toutes les étapes de cette carrière, le disent d'une façon plus explicite (tribunus omnibus militiis per/tinclux. Wilmanns, 1633-1634) ou ils énumèrent la série des titres qu'ils ont portés. La réforme de S. Sévère n'est pas non plus complètement élucidée.

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La carrière commune ne contient pas que le point de départ et le point d'arrivée. D'abord, parmi les simples soldats, il y a des catégories. Celui qui est dispensé de corvées (immunis) est supérieur à celui qui y est soumis (munifex). Il y a aussi un avancement au point de vue de la solde : certains troupiers, notamment ceux qui restent au service après avoir fini leur temps (emeriti) et les rengagés {evocati'salariarii)^ touchaient une haute paie (duplicarii - sesquiplicarii). Outre ces avantages personnels accordés à titre de récompense, il y a les nombreux emplois qui, sans être des grades proprement dits, élèvent ceux qui en sont chargés (pnnctj?a{&<)^ au-dessus du simple soldat*. On a pu compter par les

* P. Gauer, De muneribus militaribua centurionatu inferioribus (Ephem. Epigr., IV [1881], p. 365-481. — E. Beurlier, Campidoctores et Campiductores. — Tableau des grades et emplois militaires inférieurs au centurionat dans la légion (Mélanges Graux, Paris, 1884, p. 297-303. 679-683). — Th. Hommten, Principa Hum recensus secundum praepositos (Ephem. Epigr., IV 11881J, p. 531-^37).

Le centurionat est bien une milice équestre pour les fils de chevaliers qui débutent par ce grade (petitores militim), mais Test-il également pour ceux qui y arrivent à la fin de leur carrière ? Les centurions qui n*étaient pas chevaliers devaient sans doute obtenir cette qualité avant de pouvoir monter plus haut dans la hiérarchie.

1. On entend par principales, au sens général, tous les « gradés n de la milice commune, y compris les centurions ; au sens restreint, les grades inférieurs aux centurions. Ceux-ci peuvent être rangés en plusieurs catégories :

1* Les sous-officiers auxiliaires : Voptio dans Tinfanterie et la cavalerie, le tesserarius chargé de transmettre le mot d*ordre, le vexillarius ou signifer et les divers instructeurs {doctores ou exercitatores cohortis, campidoctores, campiductores).

f' Les ordonnances des officiers supérieurs (comtcularii) et des officiers en général (singulares),Vadjutor et le secutor tribuni, les courriers (speculatores); enfin les nombreux beneficiarii qui formaient autour de chaque officier supérieur comme une clientèle privilégiée, et les immunes de toute sorte.

3* Les secrétaires (commentarienses) et les scribes (librarii, notarii, exceptores, codicillarii); les préposés aux registres (ab indicibus^ tabularii, capsarii), les teneurs de livres (actarii) et caissiers {arcarii),

4* Les préposés aux fournitures, équipement et subsistances (horreariif pecuarii, laniif armorum custodes, custos basilicse equestris, a balneis).

51^ Les auxiliaires de la justice militaire {quastionarii - carcerarii) et du culte (haruspices - victimarii).

6* Les trompettes (tubicines-comicines-bucinatores), compris sous le nom commun d*seneatores.

L*ordre hiérarchique de la plupart de ces grades est inconnu ou incertain. Momh- SER en donne une classification logique, distinguant les principales qui dépendent du corps d*armée et ceux qui sont attachés à la personne des officiers supérieurs. — 1* Les principales qui ont leurs fonctions au corps sont : les optiones, speculatores, tesserarii, custodes armorum, signiferi, vexillarii, aquiliferi, imaginiferi, aeneatores, bucinatores, tubicines, comicines, fisci curatores, carcerarii, medici, candidati. 2* Les autres font presque toujours suivre leur titre du grade de leur « préposé ». Ce sont les comicularii, commentarienses, codicillarii, librarii, actarii, exacti, exceptores, a qusutionibus stratores, singulares, secutores, beneficiarii, immunes. Momhsen indique la répartition de ces divers auxiliaires entre les gouverneurs des provinces impériales, les légats de légion, les préfets de camp, les tribuns de légion, tribuns et préfets de cohorte, etc. Pour la période du Bas-Empire, où les principales deviennent des officiâtes et où tous les bureaux, civils et militaires, font partie de la « milice », voy. les tableaux dressés par 0. Seeck, à la fin de son édition de la Notitia dignitatum.

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inscriptions une trentaine de degrés intermédiaires entre le soldat corvéable et le centurion.

Parmi les centurions*, nous avons vu qu'il y avait égalité au point de vue du grade, mais non pas au point de vue du classement.

Leur avancement était soumis à des règles qu'une étude patiente des inscriptions finira sans doute par élucider. On peut dire, en thèse générale, que la dignité du centurion dépend de celle du corps dans lequel il sert, les centurions légionnaires ayant le pas sur ceux des cohortes auxiliaires, et même, par une exception digne de remarque, sur ceux des cohortes urbaines et prétoriennes. En effet, c'est dans la légion seulement que le centurion peut arriver au grade de primipile; les centurions urbains et prétoriens ne parviennent à ce couronnement si envié de la carrière du soldat qu'en sortant de leurs corps privilégiés et en reprenant du service dans les légions. Les cohortes légionnaires étant elles-mêmes classées par ordre de numéros, il est probable que l'avancement des centurions les conduisait par degrés de la dixième à la première, et il est certain que, dans chaque cohorte, la hiérarchie était indiquée par les anciens titres de piliy principeSy hastatiy joints aux prédicats depriorbu de posteriori.

La carrière des officiers proprement dits (equestris militia) est bornée pour les chevaliers aux trois ou quatre grades mentionnés ci-dessus, ceux de préfet de cohorte auxiliaire, préfet ou tribun de cohorte dans les corps spéciaux, tribun militaire, préfet de cavalerie. A partir de Claude, l'usage s'introduit de conférer desgradeç à titre honorifique^ : à la fin de l'Empire, on signale l'existence d'une classe de trUmni vacantes^ c'est-à-dire d'anciens officiers ou sous-officiers qui ont reçu le grade de tribun et peuvent encore être appelés au service actifs.

Au-dessus des militim eqtMstres, il n'y a place, jusqu'au règne de Gallien, que pour les membres de l'ordre sénatorial. A partir de Gallien, les empereurs suivent le système inverse ; les commandements supé-

* A. Hôller (ci-dessus, p. 284). — Th. Hommsen, Nomina et gradus ctnturionum (Ephem. Epigr., IV [1879], p. 226-246). — H. Karbe, De centurionibus Romanorum quaestiones eptgraphicae (Diss. philol. Halenses, IV [1880], p. 387^434). — E. Deajardins. Les Centurions (Mélanges Graux, 1884, p. 676-679).' — Gellens- Wilford, Observations sur les primipites et Us primipilaires (ibid., p. 683-^7). — H. Broncke, Die Rangordnung der Centurionen (Gymn.-Progr.). Wolfenbuttel, 188i.

1. On sait que l'ordre hiérarchique des centurions est chose controversée. Marqdardt suppose la gradation suivante, dans Tordre descendant : 10 pili prioris centuri»; iO principes prioris centurix ; 10 hasiati prioris centurise ; 10 pili posterions centurim ; 10 principes post. cent.; 10 hastati post. cent. A. MOller préfère classer tous les pili {prioris et posterloris centuria) avant les principes {prioris et post, cent.) et tous ceux-ci avant les hastati {prioris et post. cent.). Mommsen incline à croire que les deux systèmes sont faux. Il classe les centurions (59 au lieu de 60 dans son système) par cohortes, et, dans chaque cohorte, il range les trois priores {pilus-princepshastatus) avant les posteriores.

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