‹ Manuel des institutions romainesChapitre 401 sur 500 · C. Julius Cœsar · texte numérisé non relu

C. Julius Cœsar

M. .Émilius Lepidus.

Sur les questions d'identité et de chronologie, voy. C. Bardt (op, cit.y p. 3-8).

518 I.A RELIGION [Part, ti

les cuiles non pourvus de sodalités ou de flamiaes, de remplacer, en cas de nécessité, les prêtres absents ou empêchés, est une obligation à laquelle le P. M. ne tient pas à être seul assujetti. En réalité, il possède seul le sacerdoce universel, mais tous les Pontifes peuvent l'aider dans cette tâche; tous ont comme lui pour insi|;nes le vase aux libations (stmpuîum), la hache {dolabra) et le couteau (secespita) du sacrificateur, l'aspersoir {aspergillutn) et, au cas où il s'agirait de remplacer un Hamine, Vapex des flamines. Ils sont même soumis, en tant que prêtres, h quelques-unes des prescriptions imposées aux flamines'.

Il est probable que ces fonctions sacerdotales ne faisaient point partie, à l'origine, des devoirs des Pontifes; elles leur ont été attribuées après coup, en raison même de leur compétence illimitée, qui pouvait toujours suffire à l'imprévu.

C'est ainsi que le rôle de < père > de la cité, de prêtre du foyer de Vesta, des Pénates publics installés près du temple de Vesta, des dieui tutélaires accumulés dans lafiegita gavait passé du roi au P. M. Le culte de Vesta et des Pénates était si bien le lot des Pontifes, qu'ils s'appelèrent à la fin de l'Empire « Pontifes de Vesta», pour se distinguer des (Pontifes du SoIeiP ». Ce n'était pas seulement des Pénates et Lares présents que les Pontifes devaient prendre souci: ils étaient les serviteurs, nés des dieux et génies délaissés, de ceux qui n'avaient plus de place dans le culte public et qu'on ne pouvait cependant priver d'hommages. Aussi les voit-on officier dans ta chaumière de Romulus, dans la chapelle ou curie Acculeia en l'honneur d'Acca Larentia, d'Angerona, de Volupia, dans les anciens bois sacrés qui consen'ent le souvenir de Carmenta, de Carna, etc. Ils veillent également sur le culte des Pénates et Indigètes de Lavinium, ville déchue qui était, comme mandataire d'Albe ou de Troie, la métropole immédiate de Rome.

Un des devoirs les plus singuliers que celte espèce de religion archéologique impose aux Pontifes est la cérémonie des Argéea*. On enten-

devail pas quiller l'IUlie. Celte règle, qui eut eingullËremenl g£n£ Céur, fut abrogée BD tait à partir de 131 (Ltv., Epit., LIX. Onos., V, 10).

S. L'atrium letfc est la domeure des Vestales : la Regia conlienl les débrii des cultes archalquen, les hattx âlailU, les représen ta lions symboliques de 5afumui(C[>iiliiitiu) el Op* Coniivia, de Janut, Jupiter, Mars, Quirinus, peut-£tre du Génie de Rome BOUS la rorme du /iucJnus. Les amuletles auxquelles était attache, dit-on, le ■alul de Rome. } compris le Palladium, se trouvaient dans le penti* Vatx (cf. Se(V., ,£n., VU, 188 el ci-dessus, p. 488, 3).

3. Ceux-ci institués par Aurélicn en mSme leuips que le culte du Soleil. Depui> lors, les Pontife* cle Vesta prennent le tilro tle majoret (cf. le» Pontifa de VancioMt Rome, p. 39t-3»8).

4. L'itinéraire de la procession des Argées, consenépar Varron {L.lat., V, i5-5S)ut, malgré ses lacunes, un texte précieux pour les arebëaloguea. Il faut, il est vrai, pour en tirer tout le parti possibifi, supposer que Varron énumère les chapelles dans l'ordre suivi par le cartiïgc, postulat, en somme, assez plausible. L'étjmologie de Argei (de Argivi — de arcere — de arg dans le sens d'ipïdî. Cf. cani = »enes) est uo cas déses-

Chap. 6, § 3] LE COLLÈGE DES POiNTIFES 519

dait par ilrjfrf* vingt-quatre poupées d'osier que Ton allait suspendre processionnellement dans autant de chapelles disséminées sur le sol de la ville, les 16 et 17 mars, et que les Pontifes, assistés des Vestales et suivis d'un nombreux cortège où figuraient des magistrats, allaient précipiter dans le Tibre du haut du pont Sublicius, le 15 mai. Si mystérieuse que soit cette expiation solennelle*, dont on faisait remonter, comme toujours, l'institution à Numa, on reconnaît encore qu'il s'agit d'anciens cultes correspondant à des divisions effacées du sol urbain et que l'État a recueillis pour ne point encourir la colère de génies peu disposés à accepter leur déchéance.

En dehors du culte de Vesta, des Pénates, et en général des divinités non pourvues de desservants particuliers, les Pontifes peuvent prendre part à des cérémonies officielles '; mais ils ne sont spécialement chargés que du service de Jupiter Gapitolin, patron suprême de la cité. En installant la triade capitoline, Tarquin n'avait point créé de sacerdoce nouveau. Le roi avait dû se charger lui-même de desservir ce culte créé uniquement par raison d'État, en se servant comme auxiliaire du flamine déjà existant de Jupiter. Sous la République, le service divin au Capitole fut partagé entre le ReXy le Flamen Dialis et les Pontifes. Aux kalendes de chaque mois, le Rex^ assisté d'un pontife ou tout au moins d'un scribe du collège, offrait un sacrifice et proclamait la liste des fêtes du mois^ : aux Ides, sacrifice d'une brebis* par le flamine assisté des Pontifes, qui suivaient processionnellement la Voie Sacrée pour aller de

* Sachs, Die Argeer im rômischen Cultus, Metten. 1866. — F. Liebrecht, Die Arffei (Philologus, XXIII [1866], p. 679-683. XXIV |1866], p. 179-182. XXVI (1807], p. 727- 731). — L. ^engel, Dte sacra Argeorum bei Varro de Lingua latina (Philologus, XXXII [1873], p. 92-105.).

péré, embrouillé encore par le proverbe sexagenarios de ponte, etc. (Fest., p. 334, s. v.). Le nombre des poupées est indécis: Spengel lit dans les mss. de Varron XXVII, et Jordan XXIV ; Denys (I, 38) dit Tpidxovra. Ce qui parait hors de doute, c'est que la cérémonie des Argées ressemble tout à fait à celle des oscilla pendus aux portes des maisons en l'honneur des Lares compitalices (Macr., I, 7, 34. Cf. TatcÀpa en Attique)» et que c'est un simulacre de sacrifices humains jadis offerts à des Génies ou Lare» locaux. La fête dut prendre la forme que nous lui connaissons lors de la constructioni du pont Sublicius ; les Pontifes en avaient la direction à double titre, et comme prêtres de tous les dieux et comme ponti-fices. Je ne crois pas devoir la ranger avec Marquardt parmi les fôtes populaires. On n'y rencçntre, comme assistants obligés, que les pontifes, les Vestales, les flamines (la flaminica Dialis en deuil. Gell., X, 15. OviD., Fest,, 111,397) et les magistrats.

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