EusEB., Hist. EccL, \, 5. Lactart», De morte persee.f
LA RELIGlOiN
[Part. VI
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en faveur de rhellénisme et va se retourner contre lui. Depuis lors, le gouvernement, avec plus de hâte et de vigueur en Orient, avec plus de prudence en Occident, fait la guerre aux € faux dieux». Les empereurs chrétiens s'emparent habilement d'une tradition que leur ont léguée leurs prédécesseurs. Depuis Auguste, la police impériale avait surveillé de très près, au nom de la raison d'État, le commerce établi entre les dieux et les hommes par les méthodes divinatoires. Quand elle eut pourchassé les astrologues, magiciens, sorciers et devins de toute espèce qui pouvaient devenir les fauteurs ou les complices d'ambitions malsaines', elle s'était arrêtée perplexe devant un instrument de révélation qu'il lui était impossible de proscrire sans s'attaquer au culte luimême, privé et public, le sacrifice. Les entrailles des victimes, au besoin, un grain d'encens jeté sur le feu de l'autel, révélaient aussi l'avenir. Sous prétexte d'interdire des agissements suspects, les empereurs chrétiens prohibèrent les sacrifices ; d'abord les sacrifices clandestins*, c'est-à-dire le culte privé, puis les sacrifices publics'. Les édits interdisant les sacrifices se succèdent durant plus d'un siècle avec une régularité fastidieuse, comme les coups de cognée du bûcheron sur la racine d'un vieil arbre.
Pour en assurer l'exécution, l'État fit fermer les temples *, puis les laissa démolir par des zélateurs ardents ^, puis ordonna la destruction de ces repaires de démons*. Il agissait d'une manière plus efficace en. core en dépouillant les collèges sacerdotaux de leurs revenus et de leurs privilèges, en fermant aux obstinés la carrière des honneurs^, enfin, en signalant au mépris public, sous le nom de c paganisme » ou religion des paysans *, cet hellénisme naguère si dédaigneux, qui , au temps de Julien, avait prétendu décerner aux chrétiens un brevet d'ignorance.
Les édits officiels firent des mécontents et les émeutes populaires des martyrs ; puis, tout ce bruit s'apaisa, et le christianisme victorieux n'eut plus à s'occuper que de ses querelles intestines. Il allait marcher, sans mesurer les difficultés et sans prévoir les mécomptes, à la conquête d'un idéal que le paganisme n'avait même pas entrevu : l'unité de foi.
i. Cf. A. BODCHt-LECLERCQ, Hisloire de la Divination, IV, p. 323-353. 9. COD. Treod., IX, 16, 1-2 (Edita de 319).