‹ Manuel des institutions romainesChapitre 430 sur 500 · OhRUl-liENzeN, 3U3i · texte numérisé non relu

OhRUl-liENzeN, 3U3i

ft. /. n. iV., 464 :.- C. /. L., IX, 58.

Chap. H] sacerdoces MUNICIPAUX 561

soit pour honorer les successeurs d'Auguste durant leur principat, soit pour desservir le culte perpétuel de ceux qui furent divinisés : du moins il parait bien que les sévirs Claudiens, Néroniens, Flaviales, etc., sont tout simplement les Augustales ordinaires pourvus d'un titre supplémentaire ^ D'autre part, on rendit à la corporation quelques-uns des droits qu'elle avait perdus en cessant d'être une association privée, la capacité civile ou faculté de recevoir des legs et donations, la gestion de ses deniers et le choix de ses comptables^. C'était un moyen de rendre un peu de vie et d'initiative à des organes menacés d'atrophie. Et cependant, il fallut, vers la fin du troisième siècle, appliquer à ce sacerdoce le système de l'investiture forcée au moyen duquel on maintenait au complet les conseils municipaux et les municipalités^. Les décurions, qui nommaient les Augustales, exerçaient ainsi sur d'autres la contrainte qu'ils subissaient eux-mêmes.

Ainsi tout décline et s'affaisse à mesure qu'on approche du Bas-Empire. Les vieilles coutumes, qui tenaient lieu de croyances, sont sur le point de disparaître ; les cultes plus récents qui ont grandi à côté et s'y sont mêlés sont déjà décrépits. Le christianisme, plongeant ses racines audesâous même de la couche où le culte des Césars recrutait ses desservants, soulève et disloque les assises de l'ancien monde. Rome, humiliée par Constantinople, n'a plus foi en ses destinées; le feu s'éteint sur les autels érigés à sa divinité et à celle de ses Césars.

Il ne faudrait pas croire cependant que l'effondrement total de l'ancienne religion se soit opéré sans l'intervention active des empereurs chrétiens. Identifié sous le nom d'« hellénisme » avec la civilisation gréco-romaine et les gloires du passé, défendu avec opiniâtreté par les patriotes et les philosophes, le polythéisme subit bien des assauts avant de disparaître *.

L'édit de tolérance signé à Milan en 313 par Constantin et Licinius* marque le moment précis où l'action de l'État cesse de s'exercer

* Rûdiger, De statu et conditione paganorum sub imperatoribus christianis posl Constantinum, Vratislav., i8fi!b. — Tschimer, Der Fait des Heidenthums. Leipzig, 1829. — Beuanot, Histoire de la destruction du paganisme en Occident. Paris, 1835. — E. Gnastel, Histoire de la destruction du paganisme dans l'empire d'Orient. Paris, 1850. — E. von Lasaulz, Der Untergang des Hellenismus und die Einziehung seiner fempelgûter durch die christltchen Kaiser. Miinchen , 1854.

1. La plupart du temps, le titre n*était pas modifié, car on n*a qu'une trentaine d'exemples où le nom d*un autre prince est substitué ou accolé à celui d'Auguste (par exemple, sévir Claudialis, sévir Claudialis et Augustalis, etc.).

S. On sait peu de chose sur ces questions délicates. On voit Ântonin le Pieux accorder aux Augustales de Brixia une arca particulière {C. /. L., V, 4128), et, en divers lieux, la corporation posséder des biens-fonds, recevoir des donations, avoir des administrateurs (curatores- gututores- quinquennales). Cette émancipation relative des Augustales a dû se généraliser durant le siècle des Antonins.

Page 1