‹ Manuel des institutions romainesChapitre 446 sur 500 · Les sigles des poids sont · texte numérisé non relu

Les sigles des poids sont

Chalcus : ^ .

SUiqu,a : S .

Obolus ; — ou -^ ou -*^

ScrijnUum : \f* (xa^ttov ) ,

Drachma : < ou ^ C« dettarîu* )

SoUdu* t N (yo^i^^a ) Sicilicus : Q Uneia i F ou^ C o6y)u« > Libra : ^ ou M au ^ ou A' C^ttpa^ou H» (» sèstertius'" as lièralis).

3. Pecua —aquo peeunia univerta (Varr., L. Lat., V. 19, etc.). La loi Atemia Tarpeia de 454 av. J.-G. «évaluait encore en bcsufs et moutons le tsux des amendes, et le crime de détournement des fonda publics sVst toujours appelé peeulatue.*

4. jEs signifie d'abord cuivre, et non pas seulement l'alliage do cuivre et d'éuin appelé airain ou br9n%e. De m$ vient meUwuire, et de la « pesée > les termes de pendere, impendêre, êxpendere, impenéium, itipendium, etc.

576 MÉTROLOGIE [Appbnd. ii. | i

cuivre circulait d'abord à Tétat brut (œs rude), et chacun vérifiait lui-même si le poids fourni était égal au poids stipulé. Les lingots poinçonnés par rÉtat {œs signatum) font concurrence au c cuivre brut i à partir du règne de Servius Tullius ^ L'État ne garantissait que la pureté du métal et non pas le poids des lingots. Aussi le c cuivre brut > et le c cuivre poinçonné » appartiennent également à la catégorie de V«$ grave, ou c cuivre au poids >*. Le contrôle de la balance était toujours indispensable dans les transactions. Ce n'est qu'à Fépoque des' Décemvirs (451) que Rome eut enfin une monnaie ^ un instrument d'échange officiel, dont la fabrication devenait un monopole d'État. A partir de cette époque jusqu'à la fin de l'Empire, l'histoire de la monnaie romaine se divise en périodes bien tranchées.

I. Période de la monnaie de cuivre (451-208 av. J.-C). — L'unité monétaire ou ai* était la pièce d'une livre {as libralis-librarius). Seulement, la pratique parait n'avoir pas été, dès le début, tout à fait d'accord avec la théorie. Le besoin de rendre la monnaie romaine comparable à celles qui circulaient déjà en Italie fit abaisser le poids de la livre-monnaie à 11 oo môme 10 onces ^. L'as libral, comme on a pu le constater sur des échantillons de toute sorte, as ou fractions d'as, ne pesait en moyenne qne !273 grammes. Cet écart rompait d'une manière fâcheuse et pour toujours la correspondance de l'as et de ses fractions avec la livre et ses fractions homonymes.

L'as libral n'a pas de multiples monnayés. Il se divisait en fractions duodécimales, dont ciïni(semi$ — triens --quadrans — sextans — icncia) étaient représentées par des pièces réelles.

On sait combien il est difficile de déterminer la valeur d'une monnaie en la rapportant à un autre système et à une autre époque. Pour estimer la valear réelle d'une monnaie, c'est-à-dire sa puissance comme instrument d'achat, il faut connaître le prix des objets et denrées de première nécessité : c'est od problème économique que nous n'avons pas à aborder ici ^. Reste la valeur du métal comparée à la valeur de l'argent, base de notre système monétaire. Si l'on évaluait l'as romain au prix que coûte actuellement un pareil poidsde cuivre, môme en tenant compte de l'alliage^, on arriverait à une estimation beaucoup trop élevée, car la valeur du cuivre comparée à celle de l'argent a constamment haussé depuis l'antiquité. Le rapport de valeur entre les deux

i. Serviua rex ftrimut tignavUmt; antea rtidi mot Hom» Timmut tradit (Pliii., XXXIII. f^- La marqae officielle était, dit-on, une figure d'animal, bœuf, mouton, porc : le fait a été vérifié, ■>»> ce n'est paa de cet usage que vient le mot pecunia.

2. Plus tard, mt grave signifie r ancien as d'une livre, remplacé dans la circulation par des i< beaucoup plus légers.

3. Le nom de monnaie, dont les Romains ne se servaient pas autrement que comme adjt^f (^^ tretviri monetaUt), vient du dépôt des ëulons et types officiels dans le temple de Juno Moneta, attenant aux ateliers monétaires.

4. At ne vient pas de xs, comme le prétend Varron (L. tot.. V, 100) : c'est c Tunilé a en général-

5. Cet écart exceptionnel, dont on ne rencontre pas d'exemple on Grèce, est expliqué de diverses manières. Hommsbn suppose que les Romains ont voulu dès lurs faire de leur as de cuivre l'équivalent du vé)Mf {nummut) sicilien, la valeur de l'argent étant à celle du cuivre comme 250 e»t i i- HULTSCH pense que ce calcul est bien subtil pour l'époque et que les Romains ont plutôt pri< po"' modèles les livres de cuivre qui circulaient déjà en Italie, peut^tre même dans le Latium-

6. n suffit de faire observer qu'à l'époque des Décemvirs les 30 bosufs et 2 moutons de la loi ^^^^^. Tarpeia furent taxés légalement à 3020 as. Un bcsuf, qui coûte aujourd'hui plus de 500 francs. w| donc 100 as, et un mouton, qui vaut actuellement 40 francs en moyenne, valait 40 as. L'argent a par conséquent une valeur vingt fois supérieure k sa.valeur actuelle.

7. Les analyses ehimiqnes ont constaté que les as romains contiennent en moyenne 90 ^/^^'^I^J 7 d'étain et 23 de plomb. Le plomb diminue la valeur réeUe de l'alliage d'environ 10 0/0. L'as (M ce bronxe, au poids de 273 grammes, vaudrait aujourd'hui à peu près 56 centimes.

Append. II, § 4] MÉTROLOGIE 577

métaux, qui est aujourdlmî i/iOO environ, parait avoir été, au cinquième siècle avant notre ère, i/^50. C'est donc à l'argent grec circulant à l'époque des Décemvirs qu'il faut comparer Tas romain, et c'est précisément celte comparaison qui a fourni le rapport de 1/!250. Ainsi convertie en argent, la valeur de Tas de cuivre (à 10 onces) équivaut à 2i centimes environ de notre monnaie.

II. Période du bimétallisme : cuivre et argent (268-217 av. J.-C). — Dès que les Romains furent entrés en relations suivies avec la Grande-Grèce et la Sicile, il leur fut impossible de s'en tenir à leur monnaie de cuivre. En 269, une loi ordonna la frappe de l'argent, installa la Monnaie dans le temple de Juno Nonela sur le Capitole et institua, pour surveiller la fabrication, les tresviri monetales. Les nouvelles pièces furent mises en circulation l'année suivante : c'étaient des multiples de l'as en argent fin valant 2 1/2 as (mstertiu8)y 5 as (quinarius), 10 as {denarius), et marqués des chiffres indiquant leur valmir en as, IIS, V, X.

Seulement, cet as dont les pièces d'argent sont les multiples n'était plus l'as libral : c'était Tas dit c triental > ou de 4 onces {triensy. Les Romains avaient résolu à leur manière un problème assez complexe. Ils voulaient accommoder leur système monétaire aux deux qui se partageaient le monde grec, celui d'Athènes et celui de Sicile. Ils prirent à cet effet pour principal modèle le système sicilien, qui était déjà une combinaison des poids et monnaies de cuivre usités en Italie avec les poids et monnaies d'argent usités en Grèce.

L'unité de poids en Sicile était la livre ou litre (Xirpoi), divisée, à la mode italienne, en 12 onces, mais correspondant exactement à une demi-mine ou 50 drachmes attiques (2189'', 30). La litre de cuivre était représentée dans le système monétaire par une pièce d'argent appelée vo{aoc (vcSjauoc- nummus), d'un poids 250 fois moindre. Cette petite pièce était la dixièmo partie du c statère de dix litres i (arxTxp ^ixxXiTpo;), qui avait le poids et la valeur de deux drachmes attiques (8s'',73).

Les Romains adoptèrent les deux traits essentiels du système, c*est-à-dire la représentation de la livre de cuivre par un nummus d'argent et la division décimale de la pièce qui forme l'unité pour la monnaie d'argent. Seulement, pour que cette pièce se rapprochât autant que possible de la drachme atlique, ils en firent l'équivalent non pas de 10 livres, mais de i livres de cuivre. Il en résulta que le nummus se trouva être non pas le dixième, mais le quart de la pièce principale. Celle-ci néanmoins fut divisée en 10 parties, qu'on appela c petites livres» {Ubellœ)*, et les Romains, qui n'entendaient pas renoncer à la monnaie de cuivre, représentèrent la valeur de la libella d'argent par un as de cuivre pesant i onces, as divisé, à la manière ordinaire, en fractions duodécimales. Ainsi, dans le nouveau système, la valeur de l'ancien as libral de 10 onces, qu'on appellera désormais ses grave, est conservée dans le nummus, qut, parce qu'il vaut 2 1/2 as nouveaux, prend le nom de (nummus) seslertius et la marque HS^. La grosse pièce d'argent est également considérée comme multiple du nouvel as triental et s'appelle pour cette raison c pièce de

1. Les «ttlourii anciens supposent gënéralement que l'Élit fit alors une baoqueroule et abaissa des deux tiers la valeur de l'as pour ne payer que le tiers de ses dettes. L'explication qui suit est empruntée h UOMMSBN et HULTSCB.

2. La dcm'i'libeUa est appelée tembella (pour iemi-Ubella) ou, par corruption, iingula.

3. Les chiffres HS et X sont d'ordinaire pourvus d'une barre transversale dans les textes manuscrits. D«« là l'habitude do noter le sesterce par HS dans les éditions inuprimées. Quant au quitiarUu, Kluoma>nn (ci-après, p. 579,6) ne croit pas qu'il ait jamais porté, comme on le dit, la marque acronymique O ou Q.

IMSTIT. ROM. 37

METROLOGIE

[Append. Il, §4

10 as > {denarius = ^). Le demi-denier, dont on ne frappa jamais que de petites quantités, reçoit en conséquence le nom de quinarius (^)^ Enûn les poids de toutes les espèces métalliques, argent et cuivre, étaient des fractions exactes de la livre romaine : le sesterce pesait un scripulum; le quinarim et le denarius, S et 4 scripula; Tas, un triens. On était arrivé à cette harmonie en adoptant pour rapport de valeur entre le cuivre et l'argent 1/2SiO, proportion qui devait être, à Tépoque, d'accord avec les valeurs commerciales des deux métaux.

Voici le tableau des monnaies à Tépoque de la création du système dit de Tas c triental » :

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